La sinistralité dans le BTP : de l’urgence de stopper l'hémorragie

Publié le 18/10/2017

Tous les voyant semblent au orange bien mûr, voire au rouge dans le domaine de la sinistralité du BTP. Voyons en quoi cela vous impacte et continuera à le faire si rien ne change.

Depuis la crise économique de 2008 de nombreuses dérives ont fait leur apparition dans le BTP, problèmes de qualité, litige... dans le secteur de la construction les relations se tendent. Voici les derniers chiffres communiqués par la SMABTP.

Tout d’abord, qu’est ce que la sinistralité ? Quels sont les facteurs qui ont mené à ce constat alarmant ?  

La sinistralité dans le BTP en bref

La sinistralité représente ce que l’assurance de chantier devra au final rembourser entre les cotisations qu’elles perçoivent et le remboursement des sinistres survenus. Si le ratio final est supérieur à 1, alors l’assurance en question perçoit moins de primes que de décaissements et est en difficulté financière à son tour.

Selon la SMABTP, assurance professionnelle du secteur BTP mais aussi dédiée aux particuliers, les sinistres ont explosé, principalement en termes de coûts, entre la période de 2008 (crise financière) et 2016. 


🔨 Quelques chiffres : 🔨

Les sinistres ont augmentés de 41 % entre 2008 et 2016 

Le montant total s’élève à 1.6 milliards, contre 911 millions d’euros en 2008.


La crise creuse les écarts

Avec la crise financière de 2008 les entreprises du BTP ont tout fait pour préserver leurs marges et leur santé financière, tout en maximisant les coûts. Quoi de plus normal pour une entreprise ? 

L’ouverture du marché européen à la concurrence a aggravé cette situation. Cette mesure a favorisé largement les pays d’Europe de l’Est, pratiquant des tarifs beaucoup plus agressifs et fournissant une main d’oeuvre bon marché : les travailleurs détachés et la sous-traitance.


La perversité de la course aux bénéfices

Les entreprises françaises, face à la concurrence croissante mais aussi face aux difficultés actuelles du marché de la construction dans l’hexagone (budget à la baisse des collectivités, chantiers au ralenti…),  sont tentées de maximiser les coûts ainsi que leurs dépenses. Cette conséquence directe fait exploser la sinistralité. Il y a logiquement une baisse de la qualité des matériaux et du rendu final des chantiers.

Parallèlement, les clients voudraient avoir le beurre et l’argent du beurre, c’est-à-dire des prestations de qualité avec des matériaux aux prix les plus bas possibles. 

Quelles conséquences ? 

La conséquence directe de tout cela est la montée des prix des assurances et la fermeture de dizaines d’entre elles, puisqu’elles sont interconnectées et s’assurent les unes les autres. Les plus faibles coulent. Le prix des cotisations lui, augmente et pénalise un peu plus les entreprises de type PME, et ce, au quotidien.C’est le serpent qui se mord la queue.


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