Rendre accessible un immeuble ou un logement privé en l’aménageant de manière à fournir un accès aisé pour que les personnes à mobilité réduite ou mal voyantes puissent garder leur autonomie, peut se faire de nombreuses manières. Parties communes d’un immeuble ou parties privées, les solutions sont nombreuses et adaptables à tout type de logement. Qu’est-ce que l’aménagement pour l’accessibilité des personnes handicapées ou âgées à mobilité réduite ? Quelles sont les normes à respecter selon les différentes pièces ? On vous éclaire dans cet article.
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Normes PMR dans les logements : que dit la loi ?
Le cadre légal de l’aménagement PMR repose sur la loi du 11 février 2005, qui a profondément transformé les règles d’accessibilité en France. Elle distingue le logement neuf de l’existant, ainsi que la maison individuelle du logement collectif.
Les logements neufs doivent être accessibles ou, à minima, adaptables aux personnes à mobilité réduite. Ces obligations sont inscrites dans le Code de la construction et de l’habitation, et précisées techniquement par l’arrêté du 24 décembre 2015. Ce sont des règles obligatoires : en cas de non-respect, la responsabilité du maître d’ouvrage peut être engagée.
Logement neuf : des obligations encadrées en collectif comme en individuel
Dans le neuf, l’accessibilité est strictement encadrée par le Code de la construction et de l'habitation.
Pour les immeubles d’habitation collectifs :
- Les parties communes doivent être accessibles (cheminement extérieur, entrée, circulations, ascenseur si présent).
- 20 % des logements doivent être immédiatement accessibles.
- 80 % doivent être "évolutifs", c’est-à-dire adaptables sans modification lourde de la structure.
Un logement évolutif doit permettre, par exemple, de modifier les cloisons ou d’adapter une salle d’eau sans reprendre les murs porteurs ni déplacer les réseaux principaux.
Pour la maison individuelle :
- Construite pour la vente ou la location : les règles d’accessibilité sont applicables.
- Construite pour son propre usage : les obligations sont allégées.
Cette distinction est essentielle : elle impacte la conception dès le permis de construire et peut influencer le budget global du projet.
Logement existant : pas d’obligation générale, mais des cas particuliers
Dans l’habitat existant, la règle est plus souple. Contrairement au neuf, un propriétaire occupant n’a pas d’obligation systématique de rendre son logement accessible. En rénovation, l’adaptation relève le plus souvent d’une démarche volontaire : maintien à domicile, anticipation du vieillissement, retour après accident.
Certaines situations peuvent toutefois déclencher des exigences :
- Création d’un logement neuf dans un bâtiment existant
- Travaux assimilables à une reconstruction complète
- Logement destiné à la location dans un cadre réglementé
En pratique, la contrainte technique joue un rôle important. Lorsque la structure du bâti rend certaines adaptations impossibles (murs porteurs, trémies d’escalier, niveaux décalés), des ajustements peuvent être admis.
Synthèse des normes PMR dans l’habitat : dimensions et usages clés
Élément du logement | Exigence principale | Usage garanti |
Cheminement extérieur | Largeur 1,20 m – pente ≤ 5 % – ressaut ≤ 2 cm | Accès autonome au bâtiment |
Rampe | 5 % recommandé – 8 % (2 m) – 10 % (0,50 m) + paliers | Franchissement sécurisé d’un dénivelé |
Portes | Entrée 0,90 m (0,83 m utile) – Intérieur 0,80 m (0,77 m utile) | Passage en fauteuil sans obstacle |
Escalier (parties communes) | Largeur ≥ 1 m – marches ≤ 17 cm – giron ≥ 28 cm | Sécurité des déplacements |
WC | Espace latéral 0,80 × 1,30 m | Transfert fauteuil → cuvette |
Salle de bain | Aire de rotation Ø 1,50 m | Demi-tour en fauteuil |
Douche | Espace 0,90 × 1,20 m – ressaut limité | Installation ultérieure d’une douche accessible |
Chambre | Ø 1,50 m + passages 0,90 m / 1,20 m autour du lit | Circulation et transfert latéral |
Cuisine | Passage ≥ 1,50 m entre équipements | Manœuvre et usage en fauteuil |
Ascenseur (neuf) | Obligatoire à partir du R+3 | Accès aux étages |
Accès et circulation : les normes PMR à connaître
L’accessibilité commence toujours par le déplacement : entrer sans obstacle, franchir un seuil sans difficulté, circuler librement d’une pièce à l’autre, atteindre les étages en toute sécurité. Cheminement extérieur, rampes, portes, escaliers ou ascenseur : chaque point de passage obéit à des dimensions précises.
Cheminement extérieur : largeur minimale, ressauts et pente autorisée
Le cheminement extérieur désigne le parcours qui permet d’accéder au logement depuis la rue ou le stationnement. Allée de jardin, rampe vers le hall d’immeuble, passage latéral… ce trajet doit être praticable en fauteuil roulant sans contrainte excessive.
La largeur nécessaire pour permettre un passage fluide
La largeur minimale réglementaire est fixée à 1,20 m sur toute la longueur du cheminement. Cette dimension permet le passage d’un fauteuil roulant standard (environ 70 cm de large) tout en conservant une marge de manœuvre latérale pour corriger la trajectoire.
Un rétrécissement ponctuel à 90 cm minimum peut être admis sur une courte distance, à condition qu’il ne crée pas d’effet d’étranglement ni d’obstacle permanent.
La largeur doit être libre de tout débord : pas de poignée saillante, pas de végétation envahissante, pas de mobilier fixe réduisant le passage utile.
En rénovation, élargir un passage peut impliquer :
- la démolition d’un muret
- le déplacement d’un portail
- la suppression d’une haie ou d’un massif
- une reprise de fondation légère
Ce sont souvent des travaux de maçonnerie extérieure plus lourds qu’anticipé.
La pente maximale autorisée pour un usage autonome
La pente longitudinale du cheminement ne doit pas excéder 5 % pour garantir une utilisation autonome sans assistance. Ce seuil correspond à un compromis entre contrainte topographique et capacité d’effort raisonnable pour un utilisateur en fauteuil manuel. Lorsque la configuration du terrain impose une pente supérieure, des aménagements spécifiques (rampe conforme, paliers horizontaux de repos) deviennent obligatoires.
En rénovation, corriger une pente nécessite souvent :
- un terrassement
- une reprise des niveaux finis
- une modification des évacuations d’eau pluviale
- parfois la création d’un palier intermédiaire
Une simple différence de 3 ou 4 cm sur plusieurs mètres peut imposer une reprise complète du dallage.
Les ressauts et seuils à ne pas négliger
Le ressaut autorisé au niveau d’un seuil ou d’une rupture de niveau ne doit pas dépasser 2 cm. Jusqu’à 4 cm, un chanfrein incliné peut être admis pour faciliter le franchissement. L’objectif est d’éviter le blocage des petites roues avant du fauteuil, particulièrement sensibles aux obstacles verticaux abrupts. Toute différence de niveau doit être traitée de manière continue, sans arête vive ni discontinuité brutale.
En rénovation, supprimer un ressaut peut entraîner :
- la modification d’une menuiserie
- la reprise d’étanchéité en pied de façade
- un rabotage ou un remplacement de seuil en pierre
- un ajustement du niveau intérieur
C’est l’un des postes les plus techniques, car il touche à l’enveloppe du bâtiment.
Le choix d’un revêtement réellement praticable
Le revêtement du cheminement doit être stable, non meuble, non glissant et non déformable sous charge. La surface doit permettre un roulage continu sans affaissement ni vibration excessive. Les joints doivent être réguliers et les matériaux correctement fixés pour éviter toute instabilité.
Un sol conforme ne se limite pas à son aspect visuel : il doit rester praticable par temps humide et conserver ses propriétés dans le temps.
En rénovation, cela peut signifier :
- remplacer un gravier décoratif par un béton désactivé
- refaire un dallage complet
- améliorer le drainage pour éviter le verglas
- corriger des affaissements liés au temps
L’accessibilité impose donc parfois une requalification complète des abords.
Norme rampe PMR : quelle pente maximale respecter ?
Lorsqu’un seuil ou une marche empêche l’accès de plain-pied, la rampe devient la solution la plus évidente. Mais une rampe ne se résume pas à une planche inclinée. Sa conception obéit à des règles précises, principalement liées à la pente et à la possibilité de marquer des temps d’arrêt.
Article 2 de l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l’accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d’habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction.
La pente maximale autorisée jusqu'à 10 % selon la longueur
La pente d’une rampe conditionne directement son utilisabilité. La règle de référence reste 5 %, soit 5 cm de dénivelé pour 1 mètre de longueur. À cette inclinaison, un utilisateur en fauteuil manuel peut progresser sans assistance excessive.
Des tolérances existent lorsque l’espace est contraint :
- 8 % sur une longueur maximale de 2 mètres
- 10 % sur 0,50 mètre maximum
Ces dérogations ne doivent pas devenir la norme. Une pente trop forte augmente l’effort physique, le risque de recul et la difficulté pour un accompagnant.
En rénovation, respecter 5 % impose souvent une rampe plus longue que prévu. Pour franchir 20 cm de hauteur, il faut 4 mètres de développement. Cela peut donc nécessiter :
- un réaménagement du jardin ou de la cour
- un déplacement de clôture
- une reprise complète du dallage
- une modification des écoulements d’eau
Les paliers de repos : une obligation dès que la pente augmente
Dès que la pente dépasse 4 %, des paliers horizontaux de repos deviennent nécessaires.
Ces paliers permettent :
- de s’arrêter en sécurité
- de reprendre son effort
- d’éviter tout risque de basculement
Ils doivent être positionnés en bas et en haut de la rampe, et régulièrement lorsque la longueur devient importante. Leur surface doit être plane et suffisamment dimensionnée pour permettre une manœuvre stable.
Portes et passages : quelles largeurs pour circuler en fauteuil ?
La largeur des portes et des passages intérieurs est un point structurant. Un couloir conforme ne suffit pas si la porte d’accès bloque le fauteuil. C’est le passage utile réel, et non la largeur affichée du vantail, qui détermine l’accessibilité.
Article 11 de l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l’accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d’habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction.
La largeur minimale à prévoir dès la conception
En logement neuf collectif, la porte d’entrée doit présenter une largeur nominale de 90 cm, permettant un passage utile minimal de 83 cm. Pour les portes intérieures, la largeur nominale minimale est généralement de 80 cm, avec un passage utile d’au moins 77 cm. Ces dimensions correspondent à l’encombrement d’un fauteuil standard, tout en laissant une marge pour la préhension de la poignée et l’angle d’ouverture.
La règle s’applique également aux circulations : les couloirs doivent permettre un déplacement sans friction permanente, et éviter les étranglements au niveau des angles ou des retours de cloison.
En rénovation, élargir une porte peut impliquer :
- la dépose complète du bloc-porte
- la reprise des cloisons
- un déplacement de réseau électrique ou de plomberie
- la modification d’un mur porteur (avec étude structurelle)
Les zones de manœuvre devant les portes
Il faut également prévoir un espace de manœuvre devant la porte pour permettre l’ouverture et le demi-tour. Une zone libre suffisante doit être maintenue côté poussant et côté tirant. Sans cet espace, la porte devient inutilisable, même si sa largeur est conforme. Les poignées doivent être positionnées entre 0,90 m et 1,30 m du sol et être facilement préhensibles.
En rénovation, créer cette zone de manœuvre peut nécessiter :
- le déplacement d’un radiateur
- la modification de l’implantation d’un meuble
- l’inversion du sens d’ouverture
- l’installation d’une porte coulissante pour limiter l’encombrement
Escalier : sécuriser les déplacements quand le fauteuil n’est pas possible
Dans un logement sur plusieurs niveaux, l’escalier reste un point sensible. Même lorsqu’un logement n’est pas intégralement accessible en fauteuil roulant, il doit permettre un usage sécurisé pour les personnes ayant un handicap visuel, des troubles de l’équilibre ou une mobilité réduite partielle. Les exigences varient selon qu’il s’agit d’un escalier en parties communes ou à l’intérieur d’un logement.
Articles 6.1 et 12 de l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l’accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d’habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction.
Les dimensions minimales à respecter
Dans les parties communes, la largeur minimale entre mains courantes doit être de 1,00 m. À l’intérieur d’un logement, la largeur minimale est fixée à 0,80 m. Les marches doivent également respecter des proportions précises :
- hauteur maximale de marche : 17 cm (parties communes) / 18 cm (logement)
- giron minimal : 28 cm (parties communes) / 24 cm (logement)
Ces dimensions garantissent un pas régulier, limitent la fatigue et réduisent le risque de chute.
En rénovation, corriger un escalier non conforme peut impliquer :
- la reprise complète de la volée
- la modification de la trémie
- un ajustement de hauteur sous plafond
- voire une restructuration partielle du plan
Un escalier trop raide ou trop étroit est souvent impossible à corriger sans engager de travaux lourds.
Les éléments de sécurité indispensables
Au-delà des dimensions, plusieurs dispositifs sont obligatoires :
- une main courante continue et préhensible
- un contraste visuel sur les nez de marches
- une contremarche visible sur la première et la dernière marche
- un éclairage suffisant supprimant les zones d’ombre
En parties communes, une main courante doit être présente de chaque côté. L’objectif est simple : permettre le repérage visuel et tactile des marches, et sécuriser l’appui.
Ascenseur en logement collectif : dans quels cas est-il obligatoire ?
En construction neuve, un ascenseur est obligatoire dans un immeuble d’habitation collectif dès lors que le bâtiment comporte plus de deux étages au-dessus du rez-de-chaussée.
Concrètement :
- Un immeuble en R+1 ou R+2 → pas d’obligation.
- Un immeuble en R+3 ou plus → ascenseur obligatoire.
L’ascenseur doit desservir tous les niveaux comportant des logements ainsi que les locaux collectifs accessibles aux occupants (garage en sous-sol, local poubelle...).
🔍 Le vrai du faux
Il est impossible de créer un ascenseur dans un immeuble ancien ?
❌ Faux...
Il est tout à fait possible d’installer un ascenseur dans un immeuble ancien, à condition d’adapter le projet aux contraintes du bâtiment. Les constructions anciennes présentent souvent des cages d’escalier étroites, des murs porteurs épais ou des niveaux irréguliers, mais des solutions techniques existent : ascenseurs compacts, structures autoportantes ou implantation en façade. Chaque immeuble doit faire l’objet d’une étude spécifique pour préserver la solidité, l’esthétique et la conformité réglementaire.
💡 Une étude de faisabilité menée par un professionnel permet de valider la solution technique et d’anticiper les démarches administratives.
Norme PMR salle de bain et WC : les exigences techniques à respecter
La salle de bain et les toilettes concentrent la majorité des contraintes d’accessibilité. C’est dans ces espaces que les manœuvres sont les plus complexes et que les risques de chute sont les plus élevés. La réglementation impose des dimensions précises, des zones de rotation, des hauteurs adaptées et la possibilité d’installer certains équipements sans modifier le gros œuvre.
WC PMR : dimensions obligatoires et hauteur de cuvette
Les toilettes sont l’un des points les plus encadrés par la réglementation. La difficulté ne tient pas seulement à la largeur de la pièce, mais à la possibilité réelle d’effectuer un transfert depuis un fauteuil roulant. Un cabinet d’aisances doit donc prévoir un espace libre d’au moins 0,80 m × 1,30 m, positionné à côté à la cuvette et en dehors de l'ouverture de la porte. Cet espace est indispensable pour permettre le transfert du fauteuil vers la cuvette.
La hauteur d’assise du toilette joue également un rôle clé. En pratique, la cuvette doit être installée à une hauteur comprise entre 45 et 50 cm du sol, abattant inclus. Cette plage facilite le transfert et limite l’effort pour s’asseoir et se relever. La configuration doit aussi permettre l’installation d’une barre d’appui latérale, même si celle-ci peut être posée ultérieurement.
En rénovation cela implique concrètement :
- le déplacement d’une cloison pour créer l’espace latéral de 0,80 m
- la modification de l’implantation du bâti-support
- le déplacement de la canalisation d’évacuation
- la reprise du carrelage et de l’étanchéité
- parfois l’inversion du sens d’ouverture de la porte
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Prix pose WC : tarif selon le type, devis réel & astuces de pro
Dans un appartement ancien, le simple manque de largeur peut obliger à supprimer un placard ou à réduire la surface d’une pièce adjacente.
Article 13 de l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l’accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d’habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction.
Salle de bain accessible : surface minimale et aire de rotation en fauteuil
Dans un logement accessible ou adaptable, la salle de bain doit permettre à une personne en fauteuil roulant d’y entrer, d’y circuler et d’y manœuvrer sans contrainte.
La règle centrale porte sur l’aire de rotation : un espace libre d’au moins 1,50 m de diamètre doit être prévu dans la pièce. Ce cercle de manœuvre permet un demi-tour complet en fauteuil. Il doit être dégagé de tout obstacle fixe et ne peut pas être occupé par des équipements permanents.
En rénovation, atteindre ce diamètre de 1,50 m suppose souvent :
- la dépose complète des sanitaires existants
- le déplacement des arrivées et évacuations d’eau
- la suppression d’une baignoire
- voire le déplacement d’une cloison pour agrandir la pièce
Douche à l’italienne ou receveur extra-plat : quelles exigences techniques ?
La réglementation n’impose pas systématiquement une douche à l’italienne dès l'origine. En revanche, elle exige que la salle d’eau permette l’installation ultérieure d’une douche accessible, sans intervention sur le gros œuvre. Concrètement, un espace rectangulaire de 0,90 m × 1,20 m minimum doit être prévu pour accueillir un receveur. Cet espace doit s’inscrire dans un volume d’une hauteur minimale de 1,80 m, afin de garantir un usage confortable.
Le point le plus sensible reste le ressaut. Le seuil de la douche doit être limité pour permettre un accès sécurisé. Un receveur de plain-pied est idéal, mais un receveur extra-plat peut être admis à condition que le franchissement reste possible sans obstacle marqué.
Bien sûr, la zone d’usage devant la douche doit rester compatible avec l’aire de rotation de 1,50 m exigée dans la salle d’eau.
En rénovation, remplacer une baignoire par une douche accessible suppose souvent :
- la reprise complète de l’étanchéité (SPEC ou SEL)
- l’adaptation de la pente d’écoulement
- l’abaissement du plancher ou la création d’un décaissement
- la modification du réseau d’évacuation
- parfois un renforcement du support
Article 15 de l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l’accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d’habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction.
Lavabo adapté PMR : hauteur idéale et dégagement sous vasque
Le lavabo doit permettre une utilisation confortable en position assise comme debout. L’enjeu principal n’est pas uniquement la hauteur d’installation, mais la possibilité de s’en approcher sans obstacle.
Dans la pratique, les professionnels préconisent :
- un plan vasque situé autour de 80 à 85 cm du sol
- un dégagement suffisant sous vasque pour permettre le passage des genoux
- un siphon protégé ou déporté afin d’éviter tout contact
- une robinetterie facilement préhensible, de type mitigeur à levier.
En rénovation, adapter un lavabo suppose souvent :
- la dépose d’un meuble sous vasque existant
- le repositionnement des arrivées et évacuations d’eau
- l’ajustement de la hauteur du miroir et de l’éclairage
- parfois une reprise partielle du carrelage mural
Pièces de vie : adapter la chambre et la cuisine
La chambre et la cuisine font partie de l’« unité de vie » définie par la réglementation. Elles doivent permettre à une personne en fauteuil roulant d’y entrer, d’y circuler et d’utiliser les équipements essentiels sans transformation lourde du bâti.
Norme PMR pour la chambre : dégagement autour du lit et circulation
Dans un logement situé en rez-de-chaussée ou desservi par ascenseur, au moins une chambre doit permettre la circulation en fauteuil roulant.
La réglementation impose notamment :
- un espace libre d’au moins 1,50 m de diamètre dans la pièce pour permettre un demi-tour,
- un passage d’au moins 0,90 m sur les côtés du lit,
- un passage élargi d’au moins 1,20 m sur l’un des côtés selon la configuration.
Naturellement, ces dégagements doivent être prévus en dehors du débattement de la porte.
En rénovation, atteindre ces dimensions suppose souvent :
- la suppression d’un placard intégré,
- le déplacement d’une cloison légère,
- la modification de l’implantation du lit,
- parfois l’agrandissement de la pièce au détriment d’un espace voisin.
Dans les chambres anciennes, la difficulté tient moins à la surface totale qu’à la disposition des ouvertures et des rangements fixes.
Cuisine PMR norme : dimensions et implantation recommandées
La cuisine doit permettre une circulation fluide et un usage en position assise. La règle principale concerne la largeur de passage entre les équipements fixes. Un passage minimal de 1,50 m doit être prévu entre les appareils ménagers, les meubles fixes et les parois, hors débattement de porte. Cette largeur garantit la possibilité de manœuvrer en fauteuil.
L’implantation doit également anticiper :
- la possibilité d’approche sous évier,
- l’accessibilité des commandes (hauteur comprise entre 0,90 m et 1,30 m),
- une organisation évitant les angles morts ou les rétrécissements.
En rénovation, adapter une cuisine implique souvent :
- la dépose complète des meubles existants
- la modification des arrivées d’eau et d’électricité
- le repositionnement de l’électroménager
- parfois l’élargissement de la pièce
Dans les appartements anciens, la largeur insuffisante est le principal obstacle. Une cuisine en couloir est rarement compatible sans transformation du plan.
Article 13 de l'arrêté du 24 décembre 2015 relatif à l’accessibilité aux personnes handicapées des bâtiments d’habitation collectifs et des maisons individuelles lors de leur construction.

FAQ utile
Comment adapter un logement pour une PMR ?
Quelles sont les obligations du bailleur pour le locataire handicapé ?
Qui doit faire les travaux d'accessibilité handicap ?
Quel est le prix d'une rampe d'accès PMR ?
Faut-il des autorisations pour faire des travaux d'adaptation PMR ?
Lexique
- Aire de rotation Ø 1,50 m : Une aire de rotation Ø 1,50 m est un espace libre de tout obstacle permettant à un fauteuil roulant d’effectuer un demi-tour complet. Cette exigence dimensionnelle figure dans la réglementation accessibilité des logements neufs. Son respect impacte directement l’agencement des sanitaires, cuisines et circulations.
- Barre d’appui normalisée : Une barre d’appui normalisée est un équipement de maintien fixé au mur, conforme aux prescriptions de résistance mécanique (souvent ≥ 150 kg) et positionné selon des hauteurs réglementaires. Elle sécurise les transferts (WC, douche) et limite les risques de chute, influant sur la durabilité des fixations et la responsabilité de l’installateur.
- Contraste visuel réglementaire : Le contraste visuel réglementaire est une différence de luminance suffisante entre deux éléments (porte/mur, nez de marche/marche) afin d’être perceptible par une personne malvoyante. Il est recommandé par les textes accessibilité et normes NF relatives à la signalétique.
- Dévers maximal : Le dévers maximal désigne l’inclinaison transversale tolérée d’un sol accessible, généralement limitée à 2 %. Au-delà, le déplacement en fauteuil devient instable. Cette contrainte issue des règles d’accessibilité influence la réalisation des chapes, terrasses ou rampes et conditionne la conformité du chantier.
- Largeur de passage utile : La largeur de passage utile est la dimension réellement praticable d’une porte, généralement ≥ 0,83 m pour atteindre 0,90 m nominal. Elle est définie par la réglementation accessibilité. Son respect peut imposer le remplacement des blocs-portes et influencer le coût global des travaux.
- Main courante continue : Une main courante continue est un dispositif d’appui fixé le long d’un escalier ou d’une rampe, prolongé horizontalement en extrémité. Elle répond aux prescriptions de sécurité et d’accessibilité (hauteur entre 0,80 m et 1,00 m).
- Nez de marche antidérapant : Le nez de marche antidérapant est un profilé ou traitement de surface posé en bord de marche pour améliorer l’adhérence et le contraste visuel. Recommandé par les référentiels accessibilité, il participe à la prévention des chutes et doit être compatible avec le classement antiglissance du revêtement.
- Seuil franchissable : Le seuil franchissable désigne un ressaut inférieur ou égal à 2 cm, éventuellement chanfreiné, permettant le passage d’un fauteuil roulant. Cette exigence réglementaire concerne portes-fenêtres et accès extérieurs. Elle influence les choix de menuiseries et le traitement d’étanchéité à l’air et à l’eau.
- Unité de passage (UP) : L’unité de passage est une notion réglementaire utilisée pour dimensionner les circulations en fonction du nombre d’occupants, principalement en ERP mais parfois prise en référence. Elle correspond à une largeur type (0,60 m). Elle permet d’anticiper la fluidité des déplacements et la conformité des dégagements.
Références :
- Article 64, Loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (ELAN), LegiFrance
- MaPrimeAdapt’ : une belle dynamique en faveur de l’adaptation des logements, Anah
- Le handicap en chiffres - édition 2024, DREES
- Réglementation PMR : tout savoir sur l’accessibilité, Qualitel
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