Malfaçon de sous-traitant : serez-vous tenu pour responsable ?

Par Aurélia Ribeiro, publié le 31/07/2019

Entrepreneur du BTP, vous avez fait réaliser une partie d’un chantier en sous-traitance. Cependant, le client dénonce une malfaçon ? Vous savez que celle-ci est dû au sous-traitant, malheureusement vous en serez peut-être tenu responsable… Découvrez quelle responsabilité est engagée dans quel cas, et comment ne pas payer le prix de la malfaçon de votre sous-traitant !


Grâce à nos propositions de chantiers, vous éviterez les conflits avec des sous-traitants !


Les 3 cas où le sous-traitant est responsable


Bien évidemment, vous n’avez pas à être accusé de la faute de votre sous-traitant. Voici les cas dans lesquels vous pouvez éviter d’être injustement tenu pour responsable de la malfaçon du sous-traitant.

1. Vous apportez des preuves au manquement du sous-traitant


Le sous-traitant est tenu d’une obligation de résultat envers l’entrepreneur principal : l’entreprise principale peut exercer un recours en garantie contre la société sous-traitante en cas de manquement à la mission, et ainsi engager sa responsabilité délictuelle.

2. Le client accuse directement le sous-traitant


Selon le texte de la Cour de cassation, civile, Chambre civile 3, 26 novembre 2014, 13-22.067 13-22.505, le maître d’ouvrage, c’est-à-dire le particulier qui fait une demande de travaux, peut aussi se retourner directement contre le sous-traitant et non contre vous. Il faut néanmoins qu’il justifie que le sous-traitant a commis une faute qui cause un préjudice. Ce sera donc au client de prouver qu’il y a eu des manquements de la part du sous-traitant.

💡 Bon à savoir : un particulier qui se retourne contre le sous-traitant et non contre l’entreprise principale est un cas assez rare. Cela se produit généralement lorsque l’entrepreneur principal n’est pas solvable.

3. Un tiers est affecté par l’intervention du sous-traitant


Il se peut que, suite à ses travaux, le sous-traitant crée des problèmes pour des tiers, par exemple les voisins du particulier. Dans ce cas, le sous-traitant ne pourra se retourner ni contre le maître d’ouvrage, ni contre l’entreprise principale.


Nous vous proposons des chantiers pour lesquels vous pourrez vous passer de sous-traitants !


Les 3 cas où vous êtes responsable


Sachez que même si la malfaçon n’est pas le fruit de votre travail, vous pouvez être tenu pour responsable.

1. Le maître d’ouvrage se retourne contre vous


Il faut savoir que le sous-traitant n’est pas lié contractuellement au maître d’ouvrage (le client) et n’est pas considéré comme un constructeur. Il n’est donc pas concerné par une garantie décennale ou biennale qui entre en jeu dans un tel cas. Le client se retournera donc naturellement contre vous pour être dédommagé du problème. Vous serez donc tenu responsable de la malfaçon, et devrez faire fonctionner votre assurance. Vous pouvez bien évidemment par la suite vous retourner contre le sous-traitant et prouver sa faute.

📌 Cet article pourrait vous intéresser : Assurance de chantier du BTP : les 3 indispensables

2. Le sous-traitant accuse votre défaut de surveillance


Il faut comprendre qu’en temps normal, si la malfaçon concerne des travaux réalisés par le sous-traitant, ce dernier devra indemniser l’entreprise principale. Cependant, selon le texte de la Cour de Cassation, Chambre civile 3, du 3 décembre 1980, 79-13.219, si le sous-traitant prouve que vous avez commis une faute, vous resterez responsable. Cette faute est le plus souvent un défaut de surveillance de votre part.

3. Vous n’êtes pas protégé par un contrat de sous-traitance


En tant qu’entreprise en charge du marché, vous ne pourrez engager la responsabilité du sous-traitant en cas de malfaçon que si vous avez signé un contrat de sous-traitance au préalable. Alors même si un contrat de sous-traitance n’est pas obligatoire, nous vous conseillons vivement d’en établir un à chaque fois.

👷 Le Conseil du Pro : contrôlez régulièrement le chantier du sous-traitant !


Nous vous conseillons de contrôler régulièrement le chantier du sous-traitant afin de ne pas être accusé de défaut de surveillance. Contrôlez également les résultats avant d’accepter la livraison des travaux pour éviter les problèmes à l’avenir !


Vous rencontrez des difficultés pour remplir votre carnet de commandes ? Rejoignez-nous !


Dans la même rubrique

Derniers articles publiés