Interdiction location passoires thermiques : quelles exceptions ?

Mis à jour le 31/01/2023
Dans cet article :

    Depuis début 2023, la règlementation s'est durcie pour les logements les plus énergivores du parc immobilier français. Certaines passoires thermiques sont désormais interdites à la location si elles dépassent le seuil de consommation d'énergie maximal fixé à 450 kWh par m² et par an. Pour autant, des exceptions demeurent. Détails.

    Depuis le 1er janvier 2023, les passoires thermiques considérées comme les plus énergivores ne peuvent plus être proposées à la location. Comme le précise l'administration française, un logement est "qualifié d'énergétiquement décent" lorsque sa consommation d'énergie finale, qui englobe le chauffage, l'éclairage, la production d'eau chaude ou encore la ventilation, n'excède pas 450 kWh par m² et par an en France métropolitaine. Ce seuil maximal à ne pas dépasser est estimé lors d'un diagnostic de performance énergétique (DPE) et concerne les logements de la classe G les plus gourmands en énergie, appelés aussi G+.

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    Passoires énergétiques : des exceptions à l'interdiction de louer

    Néanmoins, un décret paru au Journal officiel du 9 avril 2022 présente les différents cas de figure permettant à un propriétaire d'échapper à l'interdiction de louer un bien, même si son logement est associé à une mauvaise classe énergétique et consomme plus de 450 kWh d'énergie par mètre carré habitable et par an :

    • Une exemption peut être accordée si la réalisation de travaux de rénovation énergétique pouvait conduire à "des modifications de l'état des parties extérieures ou des éléments d'architecture et de décoration de la construction, en contradiction avec les règles et prescriptions prévues pour les sites inscrits ou classés, les sites patrimoniaux remarquables ou encore les abords des monuments historiques ;

    • Pour les logements situés dans une copropriété, si un bailleur envisageait d'entreprendre une rénovation des parties communes de l'immeuble, mais se retrouve confronté au refus d'autres propriétaires d'engager des travaux. Il doit aussi être en mesure de prouver que, malgré sa bonne volonté, les travaux réaliser dans les parties privatives de son lot n'ont pas été suffisants pour atteindre le niveau de performance énergétique minimal requis ;

    • Un bien peut rester louable, sans que le propriétaire soit contraint d'effectuer des travaux de rénovation permettant d'atteindre les critères de décence énergétique, si les aménagements à prévoir "excèdent 50 % de la valeur vénale du bien, évaluée par un professionnel de l'immobilier" ;

    • Une exception est aussi possible si les travaux de rénovation énergétique "font courir un risque au bâti" et sont notamment susceptibles d'affecter "les structures ou le clos couvert du bâtiment" ;

    • Un bien peut continuer à être loué si la réalisation de travaux de rénovation performante n'est "pas conformes à toutes autres obligations relatives, notamment, au droit des sols, au droit de propriété, à la sécurité des biens et des personnes ou à l'aspect des façades et à leur implantation".

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    Important :
    Alors que l'interdiction de louer des passoires énergétiques devait initialement s'appliquer uniquement aux biens voués à la location longue durée, la mesure concerne aussi finalement les logements destinés à la location touristique et saisonnière. Et pour cause, le Gouvernement ne souhaite pas voir les plateformes de location, comme Airbnb, Booking ou Abritel, devenir le refuge des passoires thermiques, et certains propriétaires "transformer leur logement en meublé touristique" de courte durée.

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    Alors que l'exécutif est bien décidé à voir disparaître les passoires thermiques, toutes les habitations les plus énergivores, associées à la classe énergétique G, seront interdites à la location à partir de 2025. Les logements classés F suivront en 2028, avant ceux notés E en 2034. Pour espérer continuer à mettre en location leur bien, les propriétaires concernés vont devoir obligatoirement effectuer des travaux de rénovation énergétique (changer de système de chauffage, refaire l'isolation intérieure ou extérieure, remplacer les portes et fenêtres...). De nombreuses aides de l'État, comme MaPrimeRénov', l'éco-prêt à taux zéro ou la prime énergie, sont disponibles pour vous permettre d'amortir le coût des travaux. Pour espérer en bénéficier, vos aménagements doivent être réalisés par un artisan RGE (Reconnu garant de l'environnement).


    Seul un professionnel RGE peut vous permettre de profiter des aides à la rénovation énergétique !


    Références :

    Part Rénovation complète
    Adrien Maridet

    Adrien Maridet

    Rédacteur web Habitatpresto

    Adrien, rédacteur web pour Habitatpresto. Fort de mon expérience de journaliste (un métier “passion” que j’ai eu la chance d’exercer pendant six ans), j’aime rechercher, recueillir, recouper et vulgariser l’information sur des sujets divers et variés. J’espère vous aider à travers mes conseils ou bons plans à trouver des réponses à vos questionnements autour de votre ou vos projets à venir.

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