À l'approche ou au retour de l'été, il n'est pas rare que la météo se montre capricieuse, voire incontrôlable. Les grosses chaleurs sont parfois suivies de violents orages et d'impacts de foudre. Pour vous, artisans du bâtiment, travailler en extérieur peut donc devenir dangereux. Quels sont les risques sur un chantier ? Comment protéger les ouvriers, les matériaux et engins face aux intempéries ? Évacuation des salariés les plus exposés, paratonnerres au sommet des grues..., voici 5 conseils pour bien réagir en cas d'orage et de foudre !
Quels sont les risques liés à l'orage et à la foudre sur un chantier ?
De fortes intempéries peuvent causer d'importants dégâts sur un chantier, rendant particulièrement vulnérables les salariés évoluant en extérieur, mais aussi le matériel mobilisé sur place. Lors d'un orage, qui peut être de grêle, les éclairs successifs et les décharges de foudre peuvent avoir des conséquences dramatiques. Voici les risques majeurs qui peuvent découler de ces phénomènes climatiques exceptionnels et auxquels peuvent être confrontés les salariés du bâtiment :
- un effondrement d'échafaudages, de bâtiments, de toits, de grues, de nacelles... pouvant entraîner l'écrasement de travailleurs ;
- des bris de vitres ou de branches et un déracinement d'arbres ;
- des pannes de courant, des surtensions électriques, des électrocutions, des incendies, causés par des bris de lignes électriques ;
- d'importantes chutes pour les ouvriers travaillant en hauteur ;
- de graves blessures pouvant entraîner la mort pour les personnes électrocutées frappées par la foudre ou situées à proximité de l'impact : spasmes et paralysies musculaires, crise de tétanie, arrêt cardiaque ou respiratoire, brûlures externes et internes sévères, lésions neurologiques, auditives ou oculaires... ;
- des dysfonctionnements et destructions d'engins de chantier et d'équipements causées par les impacts de foudre et de grêle ou par les débris et autres projections.
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Attention :
Dans le cas d'un orage survenant sur un chantier du bâtiment se déroulant en extérieur, le risque d'électrocution est réel "pour toute personne, surtout si elle stationne à l'air libre ou circule sur une structure élevée, si elle se trouve en contact avec une structure métallique et avec le sol extérieur, ou même si elle en est proche (moins de 3 mètres)", précise l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP).
Quand la météo met à mal l'avancée de vos chantiers, c’est toute l’organisation qui se tend : planning décalé, trésorerie sous pression, équipes à repositionner. Pouvoir compter sur un flux régulier de demandes qualifiées permet de mieux lisser l’activité et d’éviter les périodes creuses !
Intempéries sur un chantier du BTP : 5 précautions à prendre
Ce n'est pas nouveau, la météo peut s'avérer très contraignante pour les professionnels du BTP, avec des chantiers qui peuvent rapidement être stoppés et prendre du retard. Face aux éléments qui se déchaînent, il est primordial de ne prendre aucun risque et de s'assurer que les ouvriers travaillant en extérieur sont en sécurité. Pour cela, chacun doit être bien préparé afin de réagir vite en cas de danger. Voici les principaux moyens de protection à mettre en place pour se prémunir de l'orage et de la foudre sur un chantier du BTP :
1. Faites évacuer vos salariés
Vous pouvez être amenés à interrompre vos chantiers de façon temporaire et à adapter les heures de travail de vos salariés. Mais avant tout, vous avez l’obligation de garantir la sécurité de vos salariés. Prenez pour cela des mesures de prévention en vous informant sur les risques d’orages.
Les grutiers et les ouvriers situés en hauteur, notamment ceux évoluant sur des échafaudages, sont particulièrement exposés. Ils doivent être immédiatement évacués le plus loin possible des engins et des installations de grande taille et isolées. Prévoyez et définissez en amont un lieu sûr dans lequel vos employés peuvent se mettre à l’abri "dès les signes avant-coureurs de l'orage", rappelle l'OPPBTP.
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Important :
Si le conducteur d'une grue n'a pas le temps de quitter son poste de conduite, il ne doit en aucun cas tenter de le faire pendant l'orage. Il sera plus en sécurité "s'il reste dans la cabine, à condition de ne pas toucher les commandes". Les collaborateurs travaillant à découvert et pris au dépourvu doivent, dans l'idéal, se réfugier dans un véhicule ou un engin de chantier. Et ce, sans courir, ni faire des grands pas. Par ailleurs, le temps de se mettre à l'abri, ils doivent veiller à ne pas toucher d'objets métalliques et à ne pas utiliser leur téléphone portable.
2. Anticipez le risque d'orage
Pour ne pas mettre en danger vos salariés et mieux prévoir le risque d'orage, des capteurs météo peuvent se charger de mesurer le champ électrique et vous prévenir en cas de menace orageuse. Sur un chantier, ce système extérieur parafoudre est relié à des alarmes sonores et visuelles qui vous permettent d'évacuer vos salariés les plus exposés à la foudre (grutiers, couvreurs...) et de mettre en sécurité l'ensemble des intervenants.
Une autre possibilité est de souscrire à un système de détection des orages et de prévention du risque de foudre, qui vous permet de prendre les précautions nécessaires pour protéger en amont vos équipes et vos infrastructures. Certains services, comme l'Alerte foudre de l'entreprise Météorage, ne nécessitent aucune installation ou maintenance. Vous êtes averti par mail, par SMS ou par téléphone d'un début et d'une fin d'alerte pour chaque événement climatique constaté.
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3. Assurez la sécurité des installations
Les systèmes parafoudres de type 1 fonctionnent de manière répétitive et permettent d’éviter les surtensions. Vous pouvez, par exemple, mettre en place des paratonnerres au sommet des grues afin de capter la foudre et de la conduire au sol. Pour des chantiers de construction de plusieurs années, installer des systèmes de protection des circuits électriques est fortement recommandé. En cas d’intempéries sur les chantiers, le Code du travail vous oblige à les interrompre pour des questions de sécurité.
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Bon à savoir :
Les articles L.4131-1 à 4 du Code du travail stipulent qu’un salarié peut exercer son droit de retrait si ce dernier estime que la situation de travail “présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé”.
4. Rangez le matériel
Les grues et les outils métalliques représentent un réel danger car ils attirent la foudre, qui peut déclencher des incendies. Les fortes pluies durant les orages peuvent aussi provoquer des inondations. Laisser le matériel sur le chantier durant des intempéries, sous un orage ou une tempête de grêle, c'est prendre le risque de voir les vitres de vos engins se briser et de les rendre inutilisables. Le rangement du matériel en lieu sûr, idéalement dans un bâtiment en dur, clos et couvert ou sous des bâches en PVC, vous permet également de le préserver des vols sur les chantiers. Pour les chantiers d'ampleur, un container de stockage peut aussi être très utile pour entreposer du matériel et des équipements en toute sécurité.
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À noter :
Il est impératif que tout engin frappé par la foudre soit examiné par son constructeur, avant d'être remis en service. Il se chargera notamment de réaliser la mise à la terre de l'engin. Dans tous les cas, les installations doivent être régulièrement inspectées.
5. Dégagez les accès
Les voies d’accès au chantier doivent impérativement être dégagées afin de pouvoir déplacer les véhicules et le matériel et d’évacuer rapidement les lieux en cas de phénomènes météorologiques dangereux.
Grêle : comment protéger ses équipes et éviter les dommages sur un chantier ?
Quelques minutes de grêle suffisent parfois à provoquer un accident, immobiliser des véhicules de chantier et engins ou endommager un chantier en cours.
Mettre immédiatement les équipes à l’abri
En cas d’orage de grêle annoncé ou imminent, la priorité absolue est la sécurité des équipes. Les ouvriers travaillant sur une toiture, un échafaudage, une nacelle ou à proximité d’éléments métalliques doivent être évacués sans délai et mis à l'abri dans un espace fermé, une base-vie ou un véhicule. Sous des chutes de grêle importantes, les risques de chute, de perte d’équilibre ou de blessure à la tête augmentent fortement, notamment sur des surfaces déjà humides ou glissantes.
Stopper les travaux en hauteur et les opérations sensibles
Un épisode de grêle peut rendre un chantier dangereux en quelques secondes. Les travaux de couverture, de levage, de façade ou de manutention doivent être suspendus dès les premières fortes rafales ou impacts de grêle. Une toiture mouillée, des plaques métalliques glissantes ou des matériaux devenus difficiles à manipuler augmentent fortement le risque d’accident grave.
Protéger les véhicules, engins, nacelles et équipements électriques
Les véhicules, utilitaires et engins de chantier, grues, coffrets électriques ou nacelles peuvent subir des dégâts importants pendant un orage de grêle : vitres brisées, infiltrations d’eau, surtensions électriques ou dysfonctionnements électroniques. Dès l’alerte météo, il est recommandé, dans la mesure du possible, de stationner les véhicules et engins dans une zone protégée et couverte, de couper les alimentations non indispensables et de sécuriser les installations électriques provisoires.
Mettre à l’abri les matériaux sensibles
Plaques d’isolant, vitrages, menuiseries, peintures, cartons, sacs de liants ou équipements électroportatifs supportent mal les impacts de grêle. Les matériaux stockés dehors doivent être bâchés correctement, lestés ou déplacés sous un abri avant l’arrivée de l’orage. Une protection mal fixée peut s’arracher sous les rafales et aggraver les dégâts sur le chantier.
Anticiper les épisodes orageux avant la prise de poste
Sur un chantier, le danger vient souvent du manque d’anticipation. Les vigilances météo permettent pourtant d’anticiper la plupart des épisodes orageux plusieurs heures à l’avance. Consulter les bulletins Météo-France en fin de journée et avant chaque démarrage de chantier permet d’adapter les tâches prévues, d’éviter certaines interventions exposées et de sécuriser les zones sensibles avant que l’orage n’arrive.
🔍 Le vrai du faux
Est-ce qu’un casque de chantier protège de la foudre ?
❌ Faux...
Un casque de chantier ne protège pas contre un impact de foudre. Il est conçu pour limiter les blessures dues aux chutes d’objets, pas pour stopper un courant électrique aussi puissant. Beaucoup de professionnels pensent à tort qu’un équipement de protection individuelle (EPI) suffit. En réalité, la meilleure protection reste l’arrêt de l’activité et l’évacuation des zones exposées.
Doit-on forcément reprendre le chantier dès que l’orage semble terminé ?
❌ Faux...
Le danger peut persister plusieurs minutes après le dernier coup de tonnerre. Une reprise trop rapide des travaux expose encore les salariés à des impacts de foudre tardifs. Les conditions météo restent parfois instables même lorsque le ciel semble s’éclaircir. Sur les chantiers extérieurs, la prudence est essentielle pour éviter les accidents graves.
🗣️ Le témoignage du Pro : adaptez votre organisation face aux intempéries !
Philippe Gentil est à la tête de l'entreprise CFP Techni-façades, basée à Brugheas (Allier) et spécialisée dans l’isolation par l’extérieur et le ravalement de façade. Sur un chantier en extérieur, le gel, les fortes chaleurs, mais aussi les orages ou les vents violents peuvent mettre un chantier à l'arrêt. Le façadier de métier explique comment il réorganise le travail pour limiter l’impact sur les délais tout en préservant la sécurité des équipes.
"Lorsqu'on travaille en extérieur, la météo peut avoir un gros impact et ralentir l'avancée d'un chantier. Dans certains cas, il est même impossible de travailler, notamment en cas de gel ou de grosses chaleurs. S’il grêle, c’est sûr qu’on ne va pas rester dessous (rires), mais c’est surtout le gel qui met à l’arrêt un chantier. Pas forcément pour plaquer le polystyrène, mais surtout pour la pose des enduits. Et puis, en cas de vents violents et, forcément, par temps orageux, on descend de l’échafaudage, puisque c’est conducteur", détaille Philippe Gentil, qui a créé l'entreprise en 2017, avec deux associés.
"Au retour des très grosses chaleurs, on adapte les journées en prenant plus tôt le matin et en s'arrêtant avant que les conditions de travail ne deviennent trop compliquées. En temps normal, on attaque à 7h-7h30 et on finit à 15h. L’été, on s’organise en fonction de la chaleur et des températures annoncées, on peut prendre à 6h ou même à 5h30 et on termine à 13h, mais ça fait deux ans qu’on ne bouge pas : on reste globalement sur du 7h-15h", précise le chef d'entreprise.
La gestion du quotidien a d'ailleurs été pensée en concertation avec ses équipes. "J’ai laissé le choix à mes gars, ça les arrange de fonctionner en journée continue toute l’année, et pas seulement en été, lorsqu'il fait très chaud. Chacun amène son petit truc à grignoter et on mange rapidement sur le pouce. L’été, on n’a pas le choix, c’est vite intenable. L’hiver, ça ne fait plaisir à personne de manger dehors par 4 ou 5 °C, donc on enchaîne, ça fait une belle journée, mais on rentre plus tôt chez soi, derrière", reconnaît le co-gérant de la société.
👷 Le Conseil du Pro : recourez aux congés intempéries !
Dans le cas d'aléas climatiques exceptionnels, l'employeur peut décider d'interrompre un chantier pour protéger ses salariés des risques encourus. La caisse Congés Intempéries BTP prend en charge les indemnités intempéries sur les certificats de congés. Les indemnités de chômage intempéries sont prises en compte pour le paiement des cotisations de retraite complémentaire des ouvriers. Pensez à transmettre votre attestation d’intempéries ainsi que les déclarations d’arrêt et demandes de remboursement qui justifient l’indemnisation des salariés.
Un gros orage peut immobiliser du matériel, retarder un chantier et désorganiser toute une semaine. Pour éviter de perdre du temps à prospecter entre deux chantiers, Habitatpresto Pro vous met en relation avec des particuliers qui recherchent activement un artisan de confiance pour leurs travaux !
❓ Foire aux questions (FAQ)
Comment fonctionne le régime de chômage intempéries ?
Le chômage intempéries est un dispositif qui permet aux entreprises du BTP de suspendre temporairement leur activité et de compenser partiellement la perte de salaire de leurs employés en cas de conditions météorologiques défavorables qui empêchent la poursuite en toute sécurité des travaux sur un chantier.
Qui a droit aux indemnités intempéries dans le BTP ?
Tous les salariés des entreprises du BTP, qu'ils soient en CDI, en CDD, apprentis ou encore travailleurs à temps partiel, sont éligibles au chômage intempéries, à condition d'avoir travaillé au moins 200 heures dans les deux mois précédant l’arrêt de travail forcé.
Un apprenti du BTP peut-il être mis en chômage intempéries ?
Comme tout salarié du BTP, un apprenti peut bénéficier de l'indemnité de chômage intempéries. Elle est calculée sur la base de la rémunération brute du jeune en contrat d'apprentissage.
Comment est payée l'indemnité de chômage intempéries ?
Un salarié en arrêt de travail pour cause d'intempérie peut recevoir, sous certaines conditions, une indemnité journalière pour compenser sa perte de salaire. L'indemnité de chômage intempéries est versée par l'employeur à ses collaborateurs à la date habituelle de la paie. Elle n'est pas cumulable avec les indemnités journalières d'accident du travail, de maladie ou de congés payés. L'entreprise est par la suite remboursée par les caisses de congés payés.
Références :
- officiel-prevention.com
- preventionbtp.fr
- france-echafaudage.fr
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