Entreprise du bâtiment : comment gérer une pénurie de carburant ? ⛽

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Entreprise du bâtiment : comment gérer une pénurie de carburant ? ⛽

Files d'attente devant les stations, cuves à sec, équipes bloquées..., certaines entreprises, confrontées à des défections de salariés et/ou dans l'incapacité de remplir le réservoir de leurs véhicules et engins, voient certains chantiers prendre du retard. Comment tenir ses délais et éviter de mettre en péril sa trésorerie et son planning quand le carburant vient à manquer ? Dans le bâtiment, se déplacer sur un chantier et chez un client, c’est le nerf de l’activité. Une pénurie d’essence ne se subit pas : elle se gère. Cadre légal en cas d’absence, solutions de mobilité, alternatives organisationnelles..., voici les leviers à activer pour assurer la continuité de vos chantiers en cas de pénurie d'essence !

De longues files d'attente et des stations-services prises d'assaut ou fermées pour cause de pénuries... Alors que les grèves bloquant les raffineries et dépôts de carburant français se sont multipliées en octobre 2022, l'approvisionnement en essence ou en gazole s'est avéré à nouveau difficile pendant plusieurs semaines, et mars et avril 2023. En cause ? Un nouveau mouvement social contre la réforme des retraites a paralysé ces mêmes raffineries et dépôts et perturbé l'approvisionnement de nombreuses stations d'essence, qui se retrouvent sous tension et concernées par des situations de rupture totale ou partielle.

Cette situation a mis en difficulté de nombreux travailleurs et entreprises. Bien que la situation s'est depuis améliorée, de nouvelles pénuries de carburants ne sont pas à exclure et pourraient à nouveau impacter le secteur du bâtiment, contraint de stopper ou remettre en questions certains chantiers, faute de personnel ou de véhicules mobilisables.

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Pénurie de carburant : que faire si je ne peux pas me rendre au travail ?

Face à des tensions d'approvisionnement en carburant, l’improvisation peut coûter cher. Un chantier n'attend pas, un client non plus. Pourtant, se retrouver sans solution pour se déplacer arrive plus vite qu'on ne le pense. Dans ce contexte, la priorité est simple : réagir vite, informer clairement et sécuriser sa situation, côté salarié, comme côté employeur.

Trouver des alternatives pour se déplacer

Dans le bâtiment, les travailleurs sont bien souvent dépendants de leur véhicule pour se déplacer, encore plus en milieu rural. Dans ces conditions, de nombreux salariés se retrouvent avec un réservoir à sec et dans l'incapacité de se rendre sur leur lieu de travail. Pour les entreprises, déjà affectées par la flambée des prix de l'énergie et des matériaux et par une pénurie de main-d'œuvre, difficile d'honorer, dans les temps, certains chantiers, quand l'activité tourne au ralenti.

Si vous habitez dans une zone urbaine et que vous n'avez plus la possibilité d'emprunter votre voiture, d'autres alternatives seront envisageables pour aller travailler, comme les transports en commun ou le covoiturage. Autre possibilité, certains employeurs proposent à leurs salariés de leur mettre à disposition une voiture électrique, louée au préalable.

Prévenir son employeur et justifier son absence

Si vous rencontrez de grosses difficultés pour faire le plein et n'avez pas la possibilité de covoiturer ou d'autres moyens de transport à proximité de votre lieu de résidence, il vous faudra prévenir votre employeur au plus vite de votre retard ou de votre absence, en prouvant votre bonne foi.

À ce titre, n'attendez pas pour envoyer un mail explicatif à votre employeur et ajoutez des justificatifs et photos : jauge de carburant de votre véhicule pour prouver que votre réservoir est vide, stations-services fermées avec de la rubalise, signalétique annonçant que les pompes sont hors service...

Si vous faites les choses dans les règles, vous ne risquerez pas de sanction, puisque ne pas pouvoir se rendre au travail en raison d'une pénurie de carburant n'est pas une faute caractérisée.

Dans ce cas de figure exceptionnel, un congé sans solde peut vous être accordé, appelé aussi "absence autorisée non payée". À moins que vous vous entendiez avec votre entreprise pour poser un ou plusieurs jours de congés (congés payés ou RTT) ou pour rattraper à votre retour les heures de travail manquées. Quoi qu'il en soit, l'employeur n'est pas en droit de vous imposer de prendre un jour de congé, mais peut vous le proposer.

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À noter :
Le télétravail est difficile à appliquer dans le bâtiment, hormis pour les collaborateurs dont les missions ne nécessitent pas une présence quotidienne sur les chantiers ou chez les clients.

Prioriser et reporter, si possible, certains chantiers

Que vous soyez chef d'une PME du bâtiment et des travaux publics ou artisan à votre compte, assurez-vous de ne pas vous mettre en difficulté. En attendant que tout rentre dans l'ordre, il est conseillé, dans la mesure du possible, de finir les chantiers en cours et de d'en décaler certains, jugés moins "urgents", surtout s'ils nécessitent de faire beaucoup de kilomètres. Le tout, sans oublier de prévenir, suffisamment en avance, les clients de ce retard de livraison complètement indépendant de votre volonté.


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Absence au travail pour cause de pénurie de carburant : que dit le droit du travail ?

En période de pénurie d’essence, ni le code du travail, ni la jurisprudence ne considèrent ce type de situation comme une excuse automatique pour ne pas se rendre au travail. Les règles françaises restent strictes : l’absence doit toujours s’inscrire dans un cadre légal pour être justifiable, et la pénurie de carburant n’est pas expressément prévue comme un cas de suspension du contrat du travail. Voici tout ce qu'il faut savoir pour anticiper et gérer ce type de situation en entreprise.

Pénurie d’essence : est-ce un cas de force majeure ?

La force majeure en droit du travail suppose un événement imprévisible, irrésistible et extérieur rendant impossible l’exécution de l’obligation de travailler. La pénurie de carburant n’est pas jugée totalement imprévisible ni irréversible, surtout si des alternatives de déplacement existent (transports en commun, covoiturage...). En conséquence, la simple incapacité d’un salarié à venir travailler à cause d’un manque d’essence ne constitue pas un cas de force majeure reconnu par le droit français.

Pénurie de carburant : est-ce possible de ne pas aller travailler ?

Sur le papier, un salarié peut prévenir son employeur s’il ne peut physiquement pas rejoindre son lieu de travail. Mais ceci n’équivaut pas à un droit de rester chez soi sans autorisation. Le code du travail ne prévoit pas explicitement la pénurie de carburant comme un motif valide d’absence ou de retard. Sans accord préalable, un salarié qui décide de ne pas se présenter risque d’être considéré comme absent sans justification valable.

Est-ce une absence justifiable ou sanctionnable ?

Un salarié qui ne justifie pas son absence ou ne prend pas l’initiative de dialoguer avec son employeur s'expose à une sanction disciplinaire ou à une retenue sur salaire.

Pour autant, ne pas pouvoir se rendre au travail faute de carburant n’est pas, en soi, une faute disciplinaire. Une pénurie réelle et subie n'est pas sanctionnable, puisqu'elle ne caractérise pas automatiquement un comportement fautif.

En revanche, le salarié doit impérativement être de bonne foi et prévenir le plus tôt possible son employeur. Il doit aussi être en mesure de démontrer qu’il n’avait objectivement aucune autre solution pour se déplacer. En cas de tension avec son employeur, des éléments concrets peuvent appuyer sa démarche : photos de stations fermées à proximité, indication d’absence de carburant, jauge vide... Plus la situation est documentée, moins le risque de litige est élevé.

Dans tous les cas, l’initiative doit venir du salarié. Il est tenu de chercher des alternatives possibles, surtout en zone urbaine : transports en commun, covoiturage, deux-roues, adaptation ponctuelle des horaires. Si des solutions existent et ne sont pas explorées, l’absence peut devenir contestable.

👉
À noter :
C'est une absence tolérée et non fautive si elle est justifiée, anticipée et expliquée. L’employeur ne peut sanctionner un salarié qu’en présence d’un manquement avéré, pas d’une difficulté réelle et démontrée.

💶 Impossibilité pour le salarié de se rendre au travail : quel impact sur le salaire ?

Si l’absence n’est pas légalement justifiée, l’employeur n’est pas tenu de rémunérer le temps non travaillé. La retenue sur salaire doit être strictement proportionnelle à la durée de l’absence. En clair, il s'agit d'une absence autorisée non payée : pas de travail, pas de salaire pour ces heures manquées.

Dans ce contexte, il est fortement recommandé de privilégier l’anticipation et le dialogue : proposer des solutions (poser un jour de congé ou un RTT, demander à rattraper les heures ou jours perdus plus tard, recourir au télétravail si possible) pour éviter tout conflit et toute perte de salaire.

Pénuries essence : comment réduire sa consommation de carburant ? 7 bons réflexes

Quand les stations sont à sec ou prises d’assaut, chaque litre compte. Dans le bâtiment, où le télétravail n'est pas possible, les déplacements ne sont pas un confort mais une nécessité : tournée des chantiers, approvisionnement chez les fournisseurs, rendez-vous clients. Une entreprise ne peut pas "annuler" un chantier parce que le réservoir est à moitié vide. En revanche, il est possible d'optimiser chaque kilomètre parcouru. Voici des leviers concrets, facilement applicables sur le terrain.

1. Planifier les chantiers par zone géographique

Un utilitaire de chantier qui traverse trois fois la même zone dans la semaine, c’est du carburant perdu. Regrouper les interventions par secteur géographique permet de réduire les allers-retours inutiles.

Mettre en place un planning hebdomadaire par zone (nord/sud/centre, par exemple) peut faire gagner plusieurs dizaines de kilomètres par semaine. Sur un fourgon consommant 8 à 10 L/100 km, cela représente rapidement 100 à 200 € d’économies mensuelles pour une petite structure avec deux véhicules.

Anticiper les livraisons de matériaux et limiter les passages imprévus chez les fournisseurs fait aussi la différence.


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2. Adapter la charge transportée

Un utilitaire chargé en permanence de sacs de mortier, de plaques de plâtre ou d’outillage non utilisé consomme davantage. Selon l’ADEME, 100 kg supplémentaires stockés à l'arrière du véhicule augmentent la consommation d’environ 0,3 à 0,5 L/100 km, soit une surconsommation de l'ordre de 7 %.

Faire un tri hebdomadaire dans le véhicule et adapter le chargement au chantier prévu est un réflexe simple mais rarement appliqué.

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3. Former les équipes à l’éco-conduite

Une conduite agressive (accélérations brusques, freinages tardifs) peut majorer la consommation de 20 %. Selon l'ADEME, une baisse de la vitesse de 10 km/h permet aussi d'économiser 1 litre de carburant sur 100 km.

L’éco-conduite repose sur des principes concrets :

  • monter progressivement dans les tours,
  • réduire sa vitesse,
  • adapter sa conduite et anticiper les ralentissements,
  • couper le moteur lors d’arrêts prolongés (au-delà de 30 secondes).

Dans une PME disposant de 3 à 5 véhicules professionnels, un rappel collectif suffit souvent à enclencher un changement durable.

📈 En chiffres
–15 %
Consommation de carburant possible grâce à l’éco-conduite
ADEME
20 %
Surconsommation de carburant en roulant à 130 km/h au lieu de 110 km/h
Sécurité routière
0,5 à 1 L/h
Carburant économisé en coupant le moteur au-delà de 30 secondes d'arrêt
ADEME
+2,5 à 6 %
Surconsommation de carburant liée à une conduite avec des pneus sous-gonflés
Sécurité routière

4. Entretenir rigoureusement les véhicules

Un filtre à air encrassé, des bougies usées ou une vidange en retard augmentent la consommation. Des pneus sous-gonflés de 0,5 bar peuvent accroître la dépense de carburant de 2 à 3 %.

Contrôler la pression tous les mois et respecter le plan d’entretien constructeur évite une surconsommation invisible mais continue.

5. Réduire les trajets "inutiles"

Un oubli de matériel oblige à retourner au dépôt. Une validation client mal préparée génère un déplacement supplémentaire.

Mettre en place une checklist chantier (outillage, EPI, fournitures spécifiques, plans...) réduit ces allers-retours non productifs. Même logique pour les devis : regrouper les visites techniques dans la même zone le même jour limite les kilomètres non facturables.

En zone urbaine, il est aussi conseillé d'organiser les déplacements en étudiant précisément les itinéraires et l’état du trafic. Les applications de navigation, comme Waze ou Google Maps, permettent d’identifier les axes saturés et d’éviter les embouteillages aux heures de pointe. Un léger détour peut parfois permettre d'économiser bien plus en carburant qu’un trajet "direct" bloqué dans les bouchons.

6. Se stationner à l'ombre

Au retour des beaux jours, se garer à l’ombre limite la montée en température de l’habitacle et réduit le recours immédiat à la climatisation. Or celle-ci peut entraîner une surconsommation moyenne d’environ 1 litre tous les 100 km.

À faible vitesse (moins de 60 km/h), il est aussi recommandé d'ouvrir les vitres plutôt que de mettre en route la climatisation. Sur autoroute, en revanche, les vitres ouvertes augmentent la résistance au vent et peuvent majorer la consommation d’environ 5 %. Mieux vaut alors fermer les fenêtres et régler la climatisation avec un écart raisonnable, idéalement pas plus de 5 °C avec la température extérieure.

7. Encourager le covoiturage

Deux ouvriers qui partent chacun avec leur véhicule personnel vers le même chantier doublent la consommation. Organiser un départ commun depuis le dépôt ou désigner un véhicule référent par équipe peut diviser par deux certains trajets.

C’est aussi un levier de cohésion et de réduction des frais kilométriques.

👉
À retenir :
En période de pénurie, cette vigilance devient stratégique. Car, à l'année, réduire de 10 % sa consommation de carburant, ce n’est pas seulement économiser quelques pleins : c’est sécuriser la continuité des chantiers quand l’approvisionnement devient incertain.

🔴 Pénurie de carburant : peut-on utiliser du gazole non routier dans les véhicules d'entreprise ?

Le gazole non routier (GNR) est strictement réservé aux engins de chantier et au matériel agricole. L’utiliser dans un utilitaire ou un camion circulant sur route est illégal, même en période de pénurie d’essence et de façon exceptionnelle ou pour seulement quelques kilomètres.

Le GNR bénéficie d’une fiscalité spécifique et contient un traceur rouge permettant aux douanes d’identifier son usage. En cas de contrôle, une entreprise qui "roule au rouge" s’expose à une lourde amende, à l’immobilisation du véhicule et à un redressement fiscal.

Rupture temporaire de gazole : quelle différence entre le GNR et le gasoil normal ?

Le GNR n’est pas simplement du diesel coloré : il possède une composition et une fiscalité différentes, adaptées aux moteurs d’engins non routiers. Outre le colorant et le traceur chimique, son usage est encadré par une réglementation précise. L’utiliser hors cadre légal peut entraîner des conséquences fiscales et administratives importantes pour une entreprise du bâtiment.

🔄 Quelles sont les solutions de mobilité pour pallier une pénurie de carburant ?

Quand le plein devient incertain, la mobilité doit devenir stratégique plutôt que subie.

La voiture électrique pour sécuriser les trajets essentiels

Pour une entreprise disposant déjà d’un véhicule électrique, c’est la solution la plus autonome en cas de pénurie classique d’essence ou de gazole. La recharge à domicile, au dépôt ou sur borne publique permet de continuer à assurer les rendez-vous, les visites techniques et les petits chantiers urbains.

En revanche, l’autonomie et le temps de charge doivent être anticipés, surtout pour les trajets longs ou les utilitaires fortement chargés. L’électrique est pertinent en zone urbaine ou périurbaine, moins adapté aux déplacements intensifs en milieu rural sans infrastructure adaptée.


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Le covoiturage d’équipe pour assurer la continuité des chantiers

Si plusieurs salariés interviennent sur le même chantier, mutualiser les trajets devient une évidence. Un seul véhicule plein plutôt que deux à moitié vide permet de diviser immédiatement la consommation. Cette organisation nécessite un point de rendez-vous clair, souvent le dépôt ou le domicile d’un chef d’équipe. En période tendue, et si ce n'est pas déjà le cas au quotidien, le covoiturage est souvent la solution la plus simple et la plus rapide à mettre en place sans investissement.

Le vélo cargo professionnel pour les interventions légères

En centre-ville, pour des travaux de maintenance, de SAV ou des interventions rapides avec peu d’outillage, le vélo cargo peut devenir une alternative crédible. Il permet d’éviter les embouteillages et les restrictions de circulation. Cette option est réaliste pour un électricien, un plombier-chauffagiste ou un technicien de maintenance intervenant dans un rayon limité. Elle reste en revanche inadaptée pour le transport de charges lourdes ou volumineuses.

Les transports en commun pour les salariés en zone urbaine

Dans les grandes agglomérations, le train, le métro ou le bus peuvent permettre aux salariés de rejoindre le dépôt ou directement le chantier si celui-ci est bien desservi. Cette solution suppose une adaptation des horaires et une bonne coordination avec l’équipe. Elle est surtout envisageable lorsque l’entreprise intervient principalement en milieu urbain.

Le vélo ou la marche pour les trajets courts

Si le dépôt ou le chantier se situe à proximité du domicile, l'utilisation d'un vélo classique ou électrique ou la marche peuvent suffire pour maintenir l’activité. Cela concerne surtout les artisans indépendants ou les salariés vivant dans le même secteur que le chantier. Cette alternative peut sembler marginale, mais elle permet d’assurer la continuité d’activité sur de courtes distances sans dépendre d’un plein incertain.

👉
À noter :
Il n’existe pas une solution unique. L’enjeu pour une entreprise du bâtiment est d’adapter le mode de transport au type de chantier, à la distance et au matériel nécessaire, afin de sécuriser les interventions prioritaires malgré la pénurie.

Limiter l'impact d'une pénurie d'essence : quelles alternatives organisationnelles ?

La meilleure alternative n’est pas toujours d'opter pour un nouveau véhicule ou mode de transport. Une meilleure organisation des trajets, des livraisons et de l'ordre des interventions sur un chantier peut faire toute la différence.

La location ponctuelle de véhicule

En cas de pénurie ciblée sur le gazole, des agences de location disposent de véhicules essence, hybrides ou électriques. Louer un utilitaire pour une semaine peut permettre d’assurer un chantier stratégique sans immobiliser toute une équipe. Le surcoût est souvent inférieur au coût d’un retard ou d’une pénalité contractuelle.

Le prêt ou la mutualisation entre entreprises

Dans certaines zones artisanales, des entreprises peuvent se prêter temporairement un véhicule disponible ou organiser des tournées communes chez les fournisseurs. Cela suppose un réseau local solide, mais en période tendue, la solidarité professionnelle peut éviter une paralysie totale.

La livraison directe des matériaux sur chantier

Réduire les allers-retours au dépôt est parfois plus efficace que changer de mode de transport. Négocier avec les fournisseurs une livraison directe sur site, même pour de petites quantités, limite les déplacements non productifs. Cela transforme un trajet en temps facturable.

Le travail en horaires décalés

Se déplacer très tôt le matin ou en fin de journée peut éviter les stations saturées et les embouteillages. Certaines stations sont réapprovisionnées à des horaires précis. Même si cela reste exceptionnel dans le bâtiment et difficile à mettre en place pour des chantiers chez des particuliers, adapter temporairement les horaires d’équipe peut permettre de sécuriser l’accès au carburant.

Le télétravail partiel pour les fonctions support

Dans une entreprise du bâtiment, tout le monde n’est pas sur chantier. Les devis, la facturation, le suivi administratif ou les appels clients peuvent être réalisés à distance quelques jours. Chaque déplacement évité pour les fonctions support libère du carburant pour les équipes terrain.

Le stockage préventif encadré

Sans tomber dans le stockage massif et risqué, disposer d’un petit volume réglementaire sécurisé au dépôt peut permettre d’absorber un pic de tension de quelques jours et de maintenir l’activité.

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Chef d'entreprise dans le bâtiment : comment améliorer votre trésorerie ?

🔍 Le vrai du faux

Constituer librement un stock important de carburant est possible pour anticiper une pénurie

Faux...
Le stockage de carburant en grande quantité est strictement encadré et ne peut pas s’improviser sans respecter des règles de sécurité précises. Cuves homologuées, distances de sécurité, prévention des risques d’incendie et déclaration éventuelle aux autorités : négliger ces obligations expose à des sanctions et à un danger réel pour les salariés.

💡 Faites valider toute installation de stockage par un professionnel et vérifiez la conformité réglementaire avant de remplir une cuve.

Augmenter les prix en cas de pénurie est la seule solution pour compenser la hausse des coûts

Faux...
Répercuter immédiatement la hausse du carburant sur les devis n’est ni automatique, ni toujours possible contractuellement. Certains marchés prévoient des clauses de révision de prix, d’autres non. Une augmentation mal justifiée peut détériorer la relation client et fragiliser la réputation de l’entreprise.

💡 Vérifiez les clauses contractuelles et privilégiez la transparence avec vos clients avant toute révision tarifaire.

Une pénurie d’essence est un événement imprévisible sur lequel une entreprise ne peut rien anticiper

Faux...
Si le déclenchement d’une pénurie est incertain, ses conséquences peuvent être anticipées dans un plan de continuité d’activité. Analyse des trajets récurrents, optimisation de la flotte, mutualisation des déplacements, télégestion administrative : ces mesures limitent l’impact d’une crise énergétique sur la productivité de l'entreprise.

💡 Intégrez la gestion du risque carburant dans votre stratégie globale pour renforcer la résilience de votre entreprise du bâtiment.

⛽ PME du bâtiment : transformez une charge invisible en levier de marge !

Le carburant ne doit pas être considéré comme une simple dépense inévitable que l’on subit sans y prêter attention. C’est un indicateur et un poste de dépenses à suivre au même titre que le coût horaire ou la marge d'un chantier, car il a un impact direct sur la rentabilité de l’entreprise.

Mais pour que ce soit réellement efficace au quotidien, il faut aller plus loin. Dans une PME du bâtiment disposant de plusieurs utilitaires de chantier, créez un tableau simple :

  • kilomètres parcourus par chantier,
  • nombre d’allers-retours entre le dépôt et le chantier,
  • coût carburant intégré dans le déboursé sec.

Pourquoi ? Parce qu’un chantier situé à 35 km, avec deux équipes et trois semaines d’intervention, peut représenter plusieurs centaines d’euros de carburant. Il est donc important d'intégrer cette donnée dès le devis pour ne pas voir votre marge fondre sans que vous vous en rendiez compte.

Autre point clé : mettez en place un suivi mensuel par véhicule (kilométrage, litres consommés...) et analysez les écarts entre les équipes. Si un véhicule consomme 9 L/100 km et un autre 12 L/100 km sur des trajets similaires, ce n’est pas un détail. Cela peut révéler :

  • une surcharge permanente du fourgon,
  • un problème mécanique,
  • un entretien négligé,
  • une conduite inadaptée ou trop nerveuse.

Enfin, rattachez toujours la consommation de carburant à l’organisation du chantier. Un chantier mal préparé peut entraîner un aller-retour non prévu jusqu'au dépôt pour récupérer du matériel oublié. Ce déplacement supplémentaire n’est pas facturé au client, mais il génère du temps perdu, du carburant consommé et donc une baisse directe de votre marge.

👉 En période de pénurie, cette rigueur n’est plus seulement une question d’économies, c’est une question de continuité d’activité, qui vous permet de sécuriser vos délais, votre trésorerie et votre image d'entreprise.

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Taxes TVS dans le bâtiment : qui est concerné, quand et comment les payer ?

👷 Le Conseil du Pro : optimisez l’autonomie de votre véhicule hybride rechargeable !

Si votre entreprise dispose d’un véhicule hybride rechargeable, son efficacité dépend entièrement de votre discipline de recharge. Une batterie vide transforme l’hybride en simple véhicule thermique... avec un poids supérieur à un modèle classique, ce qui augmente mécaniquement la consommation. Sur des trajets urbains ou périurbains, une recharge quotidienne au dépôt ou à domicile permet souvent de parcourir 40 à 60 km en mode 100 % électrique selon les modèles récents. Concrètement, cela signifie que les visites de chantier, les rendez-vous clients et les déplacements courts peuvent être réalisés sans consommer une goutte de carburant. En période de pénurie, cette autonomie électrique devient un filet de sécurité. La règle est simple : branchez systématiquement le véhicule dès son retour au dépôt. Un véhicule hybride non rechargé perd tout son intérêt stratégique.


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❓ Foire aux questions (FAQ)

Pourquoi y-a-t-il eu des pénuries de carburants en France ?

Les pénuries de carburants en France sont généralement liées à des blocages logistiques plutôt qu’à un manque réel de pétrole. Les grèves dans les raffineries ou les dépôts pétroliers, les mouvements sociaux impactant le transport routier ou ferroviaire, ainsi que les phénomènes de ruée vers les stations aggravent rapidement la situation. Il suffit que quelques sites stratégiques soient à l’arrêt pour désorganiser l’approvisionnement régional. Le système fonctionne en flux tendu, ce qui le rend sensible aux perturbations ponctuelles.

Quelles sont les causes des pénuries d'essence ?

Les pénuries d’essence peuvent être provoquées par des conflits sociaux, des difficultés d’importation, des problèmes techniques dans les raffineries ou encore des tensions internationales affectant le prix de l’énergie. À cela s’ajoute un facteur psychologique : lorsque les automobilistes anticipent une pénurie, ils font le plein massivement, ce qui vide plus vite les cuves. Ce déséquilibre temporaire entre l’offre et la demande suffit à créer des ruptures locales d’approvisionnement, même si les stocks nationaux existent.

Combien de temps dure généralement une pénurie de carburant ?

La durée dépend de l’origine du blocage. Une grève limitée à quelques sites peut perturber la distribution pendant quelques jours à deux semaines. Si le mouvement s’étend ou si les dépôts restent bloqués, les tensions peuvent durer davantage, surtout dans certaines régions rurales. En règle générale, dès que la production et la logistique reprennent, la situation revient progressivement à la normale, mais la remise à niveau complète des stations peut prendre plusieurs jours supplémentaires.

Faut-il craindre une pénurie de carburant à venir, en 2026 ?

Il est impossible d’annoncer une pénurie à l’avance, car elles résultent d’événements ponctuels et souvent imprévisibles. En revanche, le contexte énergétique reste sensible : tensions géopolitiques, dépendance aux importations et vulnérabilité logistique peuvent provoquer des épisodes localisés. Pour les entreprises du bâtiment, l’enjeu n’est pas de prévoir la date d’une pénurie, mais d’anticiper son impact opérationnel en diversifiant les solutions de mobilité et en optimisant les déplacements.

Est-ce que l'essence va augmenter en 2026 ?

Le prix des carburants dépend principalement du cours du pétrole brut, du taux de change euro-dollar et de la fiscalité nationale. Une hausse est possible si les marchés énergétiques restent sous tension ou si des ajustements fiscaux interviennent. À l’inverse, une baisse des cours mondiaux peut contenir les prix à la pompe.

Pénurie essence aujourd'hui : quelles sont les stations services en pénurie de carburant ?

Les situations de pénurie varient selon les régions et évoluent d’un jour à l’autre. Les informations les plus fiables proviennent des plateformes publiques recensant l’état des stations-service en temps réel, mises à jour par les exploitants. Avant de se déplacer, il est recommandé de vérifier la disponibilité par secteur afin d’éviter un trajet inutile. Cette vérification devient un réflexe stratégique pour les entreprises dépendantes de leurs véhicules.

Quel est le carburant de l'avenir ?

Le carburant de demain ne sera probablement pas unique. Les véhicules électriques progressent rapidement, notamment pour les trajets courts et urbains, tandis que le biogaz, les carburants de synthèse et l’hydrogène sont étudiés pour les usages professionnels plus intensifs. Pour le secteur du bâtiment, la transition dépendra notamment de l’autonomie et du coût d’acquisition des véhicules.

Références :

  • "Pénurie de carburant : les bons réflexes pour réduire sa consommation d'essence", Capital
  • "Pénurie de carburant : que se passe-t-il si on ne peut pas se rendre au travail ?", Franceinfo
  • "Pénuries de carburants : que prévoit le droit en cas de difficultés pour se rendre au travail", Les Echos
  • "Pénurie d'essence : quelles solutions pour trouver du carburant ?", L'olivier Assurance
  • "Pénurie carburant : où trouver de l'essence près de chez vous ?", Datagouv
  • "Au quotidien : privilégiez l'éco-conduite", DIR Sud-Ouest
  • "Rechercher des points de vente de carburant", Le prix des carburants
  • Image principale de l'article Paylessimages - Adobe Stock

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