Hausse du prix des matériaux et du carburant : comment protéger sa marge dans ses devis ?

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Hausse du prix des matériaux et du carburant : comment protéger sa marge dans ses devis ?

Des prix instables, des devis signés trop tôt, des chantiers rentables sur le papier... mais déficitaires en réalité. Depuis la crise sanitaire liée au Covid-19, les entreprises du bâtiment subissent la hausse du prix des matériaux, des matières premières et du carburant, qui, pour certaines, devient de plus en plus difficile à supporter. Comment continuer à travailler sereinement quand les coûts explosent et que la marge fond à vue d’œil ? Dans ce contexte instable, protéger ses marges ne se joue plus uniquement au moment du devis, mais à chaque décision prise, du premier rendez-vous client jusqu’à l’organisation du chantier.

Des prix qui flambent, des difficultés d'approvisionnement..., certains matériaux et matières premières, comme le bois, le cuivre, l'acier ou les plastiques polyuréthane, ont, depuis la crise sanitaire liée au Covid-19 et pendant de longs mois, donné des sueurs froides aux artisans et chefs d'entreprise du bâtiment.

Tous les corps de métiers, du gros oeuvre aux travaux de finitions, se sont retrouvés impactés. Ces pénuries, très pénalisantes et indépendantes de la volonté des professionnels du secteur, peuvent vite devenir problématiques lorsqu'elles sont amenées à durer. Des entreprises se retrouvent à l'arrêt forcé, ou presque, malgré des carnets de commandes bien remplis et une main d'oeuvre opérationnelle. Avec la crainte de subir des pénalités de retard de la part des clients.

Hausse du prix des matériaux et du carburant : comment s'en prémunir ?

Quand les coûts deviennent instables, la marge ne se protège plus uniquement au moment du devis, mais à chaque étape, de l’achat des matériaux à l’organisation des chantiers.

Acheter les matériaux dès la signature pour figer les prix

Dès qu’un devis est accepté, commander les matériaux les plus exposés aux hausses de prix permet de sécuriser les coûts réels du chantier. Bois, acier, menuiseries ou zinc peuvent varier fortement en quelques semaines. Si l’entreprise dispose d’un minimum de trésorerie et d’une capacité de stockage, cette anticipation transforme un devis signé en prix maîtrisé, même si les travaux débutent plus tard.

Négocier des garanties de prix avec vos fournisseurs

Les fournisseurs sont conscients des tensions sur les marchés. En négociant régulièrement et en jouant sur les volumes, une PME peut obtenir des prix garantis sur plusieurs semaines ou mois.

Ces discussions doivent être continues, pas ponctuelles, et s’appuyer sur un historique d’achats réel. Cette sécurisation à moyen terme réduit l’exposition aux hausses brutales et apporte de la visibilité dans le chiffrage des devis à venir.

Prioriser intelligemment les chantiers à lancer

Tous les chantiers n’ont pas le même impact sur la marge. En période de hausse des prix, il est pertinent de réaliser en priorité les chantiers utilisant des matériaux aux tarifs moins volatils ou déjà stockés.

De même, privilégier les chantiers géographiquement proches limite l’impact du carburant et des temps de trajet. Cette priorisation, souvent négligée, permet pourtant de préserver la rentabilité globale sans refuser du travail.

Réduire la durée de validité des devis pour limiter les risques

Un devis valable trop longtemps expose directement l’entreprise aux hausses de prix. Réduire sa durée de validité permet de ne pas rester engagé sur une offre devenue économiquement intenable.

Si le client valide tardivement, un nouveau devis peut être établi sur la base des coûts actualisés. Cette pratique est aujourd’hui largement comprise par les clients, à condition d’être clairement expliquée dès la remise ou l'envoi du devis.


Sécuriser ses coûts, c’est aussi sécuriser son planning. Encore faut-il avoir des chantiers réguliers et bien ciblés pour s’organiser sereinement ! N'attendez pas pour confier votre prospection à Habitatpresto Pro !

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Prévoir une clause permettant d’ajuster les prix avant acceptation du devis

Avant la signature, l’entreprise doit pouvoir adapter ses prix si les coûts évoluent. Une clause précisant que les prix peuvent être modifiés tant que le devis n’est pas accepté protège juridiquement l’entreprise. Concrètement, cela évite de devoir honorer un devis obsolète alors même que les fournisseurs ont déjà augmenté leurs tarifs entre la remise et son acceptation par le client.

Utiliser une clause de révision des prix pour les chantiers longs

Sur les chantiers d'envergure étalés dans le temps ou programmés à long terme, une clause de révision de prix peut devenir un outil de protection. Elle permet d’ajuster les prix du marché en fonction de l’évolution réelle de certains coûts, à la hausse comme à la baisse.

Cette clause doit être précise et fondée sur un indice en lien direct avec l’activité, comme un indice BT du bâtiment. Elle n’a de sens que si elle est bien comprise, bien rédigée et réservée aux chantiers où l’écart de prix peut devenir significatif.

Adapter l’organisation de chantier pour limiter l’impact du carburant

Au-delà du devis, l’organisation sur un chantier joue un rôle clé. Regrouper les livraisons, limiter les allers-retours inutiles, planifier les interventions par zone géographique et éviter les déplacements à vide permet de réduire la consommation de carburant. Ces ajustements, souvent issus du bon sens, ont un effet direct sur la marge, surtout lorsque les prix à la pompe restent élevés sur la durée.

Transformer la contrainte en pilotage permanent

Enfin, faire face à la hausse des prix des matériaux et du carburant impose un changement de posture. Il ne s’agit plus d’absorber les hausses, mais de les anticiper, les intégrer et les piloter en continu. Les entreprises qui s’en sortent le mieux sont celles qui ajustent régulièrement leurs pratiques, leurs devis et leur organisation, en restant connectées à la réalité économique de leurs chantiers, pas à des prix devenus théoriques.

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Chiffre d’affaires : comment l'augmenter sans exploser ses charges ?

Marge minimum entreprise : comment la fixer pour être rentable ?

Dans un contexte de hausse régulière des coûts, définir une marge minimum réaliste est indispensable pour préserver l’équilibre financier de votre entreprise du bâtiment.

Identifier précisément l’ensemble de vos coûts

Fixer une marge minimum ne consiste pas à appliquer un pourcentage "standard", mais à couvrir l’ensemble des coûts réels de l’entreprise tout en sécurisant sa capacité à absorber les aléas de chantier.

La première étape consiste à connaître précisément ses charges fixes et variables : salaires, charges sociales, loyers, assurances, carburant, outillage, sous-traitance, temps non facturé. Sans cette base, toute marge est théorique et expose à travailler à perte.

Intégrer une marge de sécurité pour les imprévus

La marge doit ensuite intégrer une part de sécurité. Dans le bâtiment, une marge trop juste ne laisse aucune place aux imprévus : retard de livraison, hausse du prix des matériaux, heures supplémentaires non prévues, déplacements supplémentaires. Sur le terrain, les entreprises rentables visent souvent une marge brute suffisante pour couvrir ces écarts sans remettre en cause l’équilibre du chantier.

Adapter la marge au type de chantier

Il est aussi essentiel d’adapter la marge au type de travaux. Une rénovation lourde, longue et techniquement complexe nécessite une marge plus élevée qu’un chantier court et répétitif. De même, les chantiers éloignés, avec logistique lourde ou forte dépendance aux matériaux volatils, doivent intégrer un coefficient de sécurité plus important.

Réajuster régulièrement vos marges

Enfin, la marge minimum doit être régulièrement réévaluée. Lorsque les coûts de carburant, de matériaux ou de sous-traitance évoluent, conserver les mêmes taux revient à réduire mécaniquement sa rentabilité. Les entreprises qui durent sont celles qui recalculent leurs marges à partir des coûts réellement constatés sur les chantiers, et non sur des habitudes devenues obsolètes.


📌 Exemple : une entreprise de rénovation intérieure qui ajuste ses marges

Une entreprise générale spécialisée dans les travaux de rénovation intérieure a constaté que ses marges se dégradaient malgré un carnet de commandes plein. En analysant ses chantiers, elle a identifié deux postes sous-évalués : le temps passé hors production et la volatilité des prix de certains isolants thermiques.

Concrètement, elle a revu ses devis en intégrant systématiquement les temps de préparation, de protection des logements occupés et de nettoyage, auparavant absorbés. Elle a aussi appliqué une marge différenciée selon les lots, plus élevée sur l’isolation des murs et des combles, davantage exposée aux hausses du coût des matériaux.

👉 Résultat : des devis légèrement plus élevés, mais une rentabilité stabilisée et des chantiers maîtrisés, sans tension avec les clients.


📈 Devis travaux : comment annoncer une hausse de prix à ses clients ?

Annoncer une hausse de prix fait partie du quotidien des entreprises du bâtiment. Si elle est bien préparée et bien expliquée, elle peut être comprise et acceptée sans risquer de dégrader la relation client.

Expliquer la hausse de prix à l'appui de faits concrets et vérifiables

Une augmentation passe mieux lorsqu'elle repose sur des éléments factuels. Expliquer que le prix du bois, du métal, de tel ou tel isolant ou du carburant a sensiblement augmenté entre la visite du chantier et la validation du devis permet de sortir du registre émotionnel. Sur le terrain, les clients sont souvent déjà exposés à ces hausses dans leur propre quotidien. Relier l’ajustement des prix à des coûts réels et identifiables renforce votre crédibilité et limite les soupçons de majoration arbitraire.

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Être transparent sur ce qui change dans le devis

Un devis ajusté doit montrer clairement où se situe la hausse. Identifier les postes concernés, même de façon synthétique, permet au client de comprendre l’origine de l’augmentation. Cette transparence évite l’effet "prix global gonflé" et montre que l’entreprise n’augmente pas l’ensemble des coûts prévus sur le chantier sans raison. Concrètement, cela réduit fortement les discussions interminables et les demandes de remise injustifiées.

Annoncer la hausse le plus tôt possible à vos clients

Il est crucial d'annoncer une hausse de prix avant le démarrage du chantier ou avant l’acceptation définitive du devis. Plus l’information arrive tard, plus elle est perçue comme une contrainte subie par le client. Sur le terrain, prévenir rapidement d’une évolution de prix liée au délai de validation ou à un contexte économique instable permet de conserver un dialogue constructif et de sécuriser la suite du projet.

Miser sur la pédagogie pour faire accepter vos ajustements

Expliquer les hausses plutôt que les subir renforce la relation client. Un devis clair, argumenté et cohérent avec l’évolution des coûts est mieux accepté qu’une augmentation présentée sans explication. Cette approche transparente et pédagogique limite les négociations tendues, rassure le client sur votre professionnalisme et vous permet de justifier plus sereinement vos tarifs. À long terme, cette démarche sécurise vos marges tout en renforçant la crédibilité et la fiabilité de votre entreprise.


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Devis actualisé : comment réviser un devis face à la hausse des coûts ?

Majorer un devis n’est possible que dans des situations bien précises. Tout dépend du statut du devis et des mentions prévues au départ.

Quand la majoration du montant d'un devis est possible

  • Devis non signé : tant que le devis n’est pas accepté, vous pouvez librement ajuster vos prix pour tenir compte d’une hausse des matériaux ou du carburant. Il est alors recommandé d’émettre un nouveau devis actualisé et d’expliquer clairement l’origine de la hausse au client.

  • Devis signé mais délai de validité dépassé : si le client accepte le devis après sa date de validité, vous n’êtes plus engagé par les prix initiaux. Vous pouvez proposer un nouveau devis intégrant les coûts actualisés, sans obligation d’appliquer les anciens tarifs.

  • Devis signé avec clause de révision de prix : lorsque le devis prévoit explicitement une clause de révision ou d’actualisation, la majoration est possible dans les conditions définies au contrat. Elle doit être justifiée, encadrée et appliquée selon l’indice prévu, notamment pour les chantiers longs.
📈 En chiffres
14 jours
Droit de rétractation d'un client après un devis signé à distance
UFC-Que Choisir
2 ans
Délai de prescription d'une facture d'un particulier
Cour de cassation
25 €
Émission obligatoire d'une facture pour une prestation de services
UFC-Que Choisir


Quand l'augmentation du prix d’un devis n’est pas possible

  • Devis signé sans clause de révision : en l’absence de clause spécifique, le prix est ferme et définitif. La hausse des matériaux ou du carburant ne permet pas d’augmenter unilatéralement le montant du devis. Toute modification nécessite alors l’accord écrit du client.

Comment puis-je majorer un devis ? 3 conseils pour éviter un conflit

  1. Expliquer la hausse avec des éléments concrets : présenter l’évolution des coûts fournisseurs ou des frais de déplacement permet de légitimer la majoration et de limiter les tensions.

  2. Formaliser la modification par écrit : toute révision de prix doit faire l’objet d’un devis rectificatif ou d’un avenant signé, afin de sécuriser juridiquement la nouvelle base tarifaire.

  3. Anticiper pour les devis futurs : intégrer dès le départ des clauses adaptées et réduire la durée de validité des devis évite de se retrouver bloqué face à une hausse imprévue.
Situation du devis
Majoration possible ?
Conditions
Devis non signé
Oui
Nouveau devis actualisé
Devis signé hors délai
Oui
Ancien devis caduc
Devis signé avec clause de révision
Oui
Application de la clause prévue
Devis signé sans clause de révision
Non
Accord écrit du client requis


👉
À noter :
Cette approche permet de protéger vos marges tout en restant conforme aux règles contractuelles et en préservant la relation client.

Quelles mentions ajouter sur un devis pour signaler une hausse des prix ?

Dans un contexte de forte volatilité des prix, certaines mentions bien formulées sur le devis permettent à la fois d’informer le client et de sécuriser juridiquement vos prix.

Mention sur la durée de validité du devis

Cette mention limite clairement votre engagement dans le temps et évite d’assumer une hausse intervenue après coup.

Exemple de clause :

« Le présent devis est valable pour une durée de [15 / 30 / 45] jours à compter de sa date d’émission. Passé ce délai, l’entreprise se réserve le droit de revoir ses prix afin de tenir compte de l’évolution des coûts des matériaux et d’approvisionnement. »

📌
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Mention sur l’évolution des prix avant acceptation du devis

Elle autorise une entreprise à ajuster ses tarifs tant que le devis n’est pas signé, en cas de hausse fournisseur entre la remise et l’acceptation du devis.

Exemple de clause :

« Les prix indiqués sur le présent devis sont susceptibles d’être modifiés tant que celui-ci n’a pas été accepté et signé par le client, notamment en cas d’augmentation des coûts de matériaux ou de carburant. Le prix applicable sera celui en vigueur au jour de l’acceptation du devis. »

Mention sur la révision de prix pour les chantiers longs

Cette clause est adaptée aux chantiers importants étalés dans le temps et permet d’absorber les variations économiques majeures.

Exemple de clause :

« Pour les travaux dont la durée excède [X] mois, le prix pourra faire l’objet d’une révision en fonction de l’évolution des coûts des principaux composants du marché, sur la base de l’indice [BTxx – à préciser] publié par l’Insee. Toute révision fera l’objet d’une information préalable au client. »

Mention explicative liée au contexte économique

Cette phrase n’a pas de portée juridique forte, mais elle joue un rôle clé dans l’acceptation du devis.

Exemple de mention :

« Les prix indiqués tiennent compte des conditions économiques en vigueur à la date d’établissement du devis. En raison de la forte volatilité actuelle des prix des matériaux et du carburant, des ajustements peuvent être nécessaires en cas de retard dans la validation ou le démarrage des travaux. »

👉
À noter :
Ces mentions, lorsqu'elles sont claires, cohérentes et expliquées en amont, permettent de protéger vos marges tout en maintenant une relation client saine et transparente.

Hausse des coûts : exemples de chantiers rentables et non rentables

Face à la flambée du prix de certains matériaux et du carburant, deux chantiers similaires peuvent produire des résultats financiers totalement opposés selon les choix faits en amont.

✔️ Chantier rentable : rénovation d'une toiture avec des matériaux commandés à la signature

Sur une rénovation de toiture en maison individuelle, l’entreprise a déclenché la commande du bois et de l’isolant dès l’acceptation du devis, alors que le chantier démarrait 6 semaines plus tard. Les prix ont fortement augmenté entre-temps, mais les coûts étaient déjà figés. La durée de validité courte du devis et une bonne anticipation logistique ont permis de maintenir la marge prévue, sans discussion avec le client et sans impact sur le planning.

🚫 Chantier non rentable : extension de maison avec devis signé trop tôt

Dans le cas d’une extension, le devis avait été signé plusieurs mois avant le début des travaux, sans clause de révision ni commande anticipée. Entre la signature et le démarrage du chantier, le prix des matériaux de gros œuvre et du carburant a augmenté. Résultat : des coûts supérieurs de plusieurs milliers d’euros, absorbés intégralement par l’entreprise. Le chantier a été techniquement réussi, mais financièrement déficitaire.


Quand on sait où la marge se perd, on devient plus exigeant sur les chantiers qu’on accepte. Développez votre activité en recevant régulièrement des demandes de travaux qualifiées de particuliers installés près de chez vous !

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✔️ Chantier rentable : rénovation intérieure et logistique maîtrisée

Sur un chantier de rénovation intérieure situé à proximité du dépôt, l’entreprise a limité les déplacements, regroupé les livraisons et optimisé les interventions par zone. Les matériaux utilisés étaient peu volatils et disponibles rapidement chez un fournisseur local avec prix garantis. La hausse du carburant a eu un impact marginal, permettant de maintenir une rentabilité stable malgré le contexte inflationniste.

🚫 Chantier non rentable : petits chantiers dispersés et frais invisibles

À l’inverse, une série de petits chantiers éloignés, mal regroupés et sans frais de déplacement clairement intégrés au devis, a fortement grignoté la marge. Les allers-retours quotidiens, les livraisons fractionnées et l’augmentation du gasoil ont grignoté les bénéfices, pourtant corrects sur le papier. Sur le terrain, c’est l’absence de chiffrage précis de la logistique qui a transformé des chantiers théoriquement rentables en opérations à faible, voire nulle, rentabilité.

✔️ Chantier rentable : chantier long avec clause de révision de prix

Sur un gros chantier de rénovation d'un immeuble étalé sur plusieurs mois, l’entreprise avait prévu une clause de révision indexée sur un indice du bâtiment. Lorsque les coûts des matériaux ont évolué en cours de chantier, l’ajustement a pu être appliqué de manière encadrée et expliquée au client. Cette anticipation contractuelle a permis d’absorber la hausse sans mettre en péril l’équilibre économique du projet.

👉
À retenir :
La rentabilité ne dépend pas uniquement du savoir-faire technique, mais surtout des décisions prises avant et pendant le chantier. Dans un contexte de hausse durable des coûts, l’anticipation, la structuration des devis et l’organisation sur le terrain font toute la différence.

🔍 Le vrai du faux

Peut-on répercuter librement une hausse de prix après la signature d’un devis ?

Faux...
Une fois le devis signé, il a valeur de contrat : vous ne pouvez plus modifier les prix, sauf clause spécifique prévue à l’avance (clause de révision). Sans cette clause, toute augmentation unilatérale peut être considérée comme abusive, même en cas de hausse imprévue des coûts.

💡 Intégrez une clause de révision ou de fluctuation dès la rédaction du devis pour vous protéger légalement.

La clause de révision des prix est-elle réservée aux marchés publics ?

Faux...
Cette clause est parfaitement légale et applicable aux marchés privés, y compris dans le bâtiment, tant qu’elle est rédigée de manière claire et proportionnée. Elle permet d’indexer tout ou partie du prix sur l’évolution de certains indices (carburant, acier, cuivre...).

💡 Appuyez-vous sur les indices BT-bâtiment pour établir une formule de révision crédible et transparente.

⛽ PME du bâtiment : faites du poste carburant un coût réel, pas une variable invisible !

Sur beaucoup de devis, le carburant est dilué dans le prix global, alors qu’il pèse lourdement sur la marge dès que les distances s’allongent ou que les allers-retours se multiplient. À ce titre, il est recommandé d'intégrer explicitement les frais de déplacement et de logistique dans le devis, calculés sur la base du nombre réel de trajets, du type de véhicule et de la durée du chantier.

Sur le terrain, cela évite de "travailler à perte" sur des chantiers pourtant bien vendus, simplement parce que le gasoil a augmenté de 10 à 15 % entre la première visite technique et la fin des travaux. Présenté clairement au client, ce poste est mieux accepté qu’un prix global gonflé et permet à l'entreprise de préserver sa rentabilité sans rogner sur la qualité.


Mieux défendre ses prix, c’est aussi travailler avec des clients réellement engagés dans leur projet. Habitatpresto Pro vous met en relation avec des particuliers installés près de chez vous et à la recherche du bon pro pour mener à bien leurs travaux !

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👷 Le Conseil du Pro : analysez vos charges chaque trimestre avec un expert-comptable !

Quand les prix bougent en permanence, piloter une entreprise du bâtiment "au ressenti" devient risqué. Une analyse trimestrielle avec votre expert-comptable permet de comparer vos devis signés aux coûts réellement constatés sur les chantiers : matériaux, carburant, sous-traitance, location d’engins, heures improductives. Concrètement, cela met en lumière les postes qui grignotent vos marges sans que vous vous en rendiez compte, comme les déplacements non facturés ou les hausses fournisseurs passées inaperçues. Sur cette base, vous pouvez ajuster vos coefficients de vente, vos frais annexes et vos clauses de devis avant que la rentabilité ne se dégrade. Plus qu'une simple obligation administrative, ce rendez-vous régulier transforme la comptabilité en outil de décision terrain.


❓ Foire aux questions (FAQ)

Marge entreprise : comment la préserver face à une hausse des coûts ?

Préserver sa marge passe d’abord par l’anticipation. Réduire la durée de validité des devis, sécuriser les prix fournisseurs dès la signature et intégrer des clauses adaptées permet de ne pas absorber seul la hausse des coûts des matériaux ou de carburant. Sur un chantier, l’optimisation des déplacements et le suivi des coûts réels évitent que la marge ne se dégrade de façon invisible. Enfin, revoir régulièrement ses prix en fonction des coûts réellement supportés sur les chantiers permet de préserver sa rentabilité dans le temps.

Comment rédiger ses devis pour tenir compte de l'inflation ?

Un devis doit refléter des coûts à jour et prévoir leur évolution. Limiter sa durée de validité, préciser que les prix peuvent évoluer avant acceptation du devis et intégrer une clause de révision pour les chantiers longs permet de sécuriser l’offre. La transparence sur les postes sensibles, comme les matériaux, facilite l’acceptation du devis par le client. Un devis bien rédigé protège la marge autant qu’il clarifie la relation commerciale.

Comment savoir si un chantier est rentable ?

Un chantier est rentable lorsque la marge prévue sur le devis est constatée en fin de travaux. Cela suppose de comparer le chiffre d’affaires facturé aux coûts réels engagés, incluant l'achat de matériaux, le temps passé par les équipes, les déplacements et les frais annexes. Sur le terrain, les dérives viennent souvent des heures non prévues ou des hausses de matériaux non anticipées. Sans suivi précis, un chantier peut sembler rentable alors qu’il ne l’est pas.

Comment calculer la marge d'un chantier ?

La marge d’un chantier se calcule en soustrayant l’ensemble des coûts réels du chiffre d’affaires encaissé. Il faut intégrer les matériaux, la main-d’œuvre, les frais de déplacement, la sous-traitance et les coûts indirects liés au chantier. Le résultat permet de mesurer la rentabilité réelle, et non celle estimée au moment du devis. Ce calcul est indispensable pour ajuster les prix futurs.

Quel taux de marge pour être rentable ?

Pour être rentable, la marge brute doit être adaptée à la structure de l’entreprise. Dans le bâtiment, le taux de marge se situe souvent entre 30 % et 40 %, avec des seuils plus bas pour les activités à faibles coûts variables et plus élevés pour celles exposées à des charges importantes. Une marge suffisante permet de couvrir les charges fixes de l'entreprise et les aléas de chantier, et de dégager un résultat durable. Une marge figée devient rapidement insuffisante en période de hausse des coûts.

Quelle marge appliquer sur les matériaux ?

La marge sur les matériaux est généralement comprise entre 20 % et 40 %. Elle ne sert pas seulement à couvrir leur coût d'achat et doit aussi intégrer le temps de gestion des commandes, le risque de hausse des prix, les pertes éventuelles et la logistique. Lorsque les prix sont instables, appliquer une marge trop faible expose l’entreprise à absorber seule les augmentations des fournisseurs. Les entreprises ajustent souvent cette marge selon la volatilité des matériaux utilisés.

Comment argumenter une hausse de prix ?

Une hausse des tarifs est mieux acceptée lorsqu'elle est expliquée de manière transparente et factuelle. Relier l’augmentation à l’évolution du coût des matériaux, des énergies ou du carburant permet de sortir du registre émotionnel. Un devis détaillé et cohérent montre que la hausse de prix concerne des postes précis et non l’ensemble du chantier. Cette pédagogie renforce la crédibilité et limite les négociations conflictuelles.

Comment insérer une clause de révision de prix ?

La clause de révision doit être prévue dès le devis et clairement expliquée au client. Elle s’applique surtout aux chantiers longs et doit être indexée sur un indice en lien direct avec l’activité du bâtiment, comme l'indice BT01. Sans cette mention, le prix reste ferme et définitif. Une clause bien rédigée permet d’adapter le prix aux évolutions économiques sans remettre en cause la relation contractuelle.

Références :

  • "Hausse des prix des matériaux et du carburant : comment s'en prémunir ?", CAPEB
  • "Comment actualiser ou réviser vos devis face à la hausse des coûts ?", CNATP
  • " Artisans et entreprises du BTP : comment s'adapter à la hausse des prix des matériaux ?", BatiChiffrage
  • "Inflation : bien rédiger ses devis pour pouvoir réviser ses prix", Les Echos Entrepreneurs
  • "Inflation : comment bien rédiger vos devis travaux ?", MMA
  • "Clause de révision de prix dans les devis : l’essentiel pour les artisans", Avocat ASV
  • Image principale de l'article Drazen - Adobe Stock

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