BTP : comment éviter la faillite de son entreprise ? 6 leviers concrets pour s’en sortir

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BTP : comment éviter la faillite de son entreprise ? 6 leviers concrets pour s’en sortir

Dans un contexte économique difficile marqué la forte inflation, vous craignez que votre entreprise du bâtiment ne se relève pas... Au moment de faire les comptes, vous vous imaginez déjà dans l'obligation de déposer le bilan... Rassurez-vous, vous n'êtes pas la seule entreprise à être dans ce cas. Et pour éviter de mettre la clé sous la porte, plusieurs mesures préventives peuvent être mises en place pour sortir la tête de l'eau... Voici nos 6 solutions pour éviter la faillite de votre entreprise !

📈 Quelques chiffres du troisième trimestre 2025 :
2 860
Défaillances dans le bâtiment
Altares
998
Défaillances en gros œuvre
Altares
1 685
Défaillances en second œuvre
Altares
+4 %
Hausse dans le second œuvre
par rapport au T3 2024
Altares


💡 Bon à savoir :
Dans le bâtiment, la taille de l’entreprise change clairement le niveau de risque, comme le montre une récente étude Altares. Les micro-entreprises (moins de 3 salariés) concentrent près de 75 % des défaillances. Fragiles, elles disposent de peu de trésorerie et encaissent difficilement les imprévus. Les TPE de 6 à 19 salariés sont aujourd’hui les plus sous pression, avec des hausses pouvant atteindre +13 %. Croissance, charges fixes, dépendance à quelques chantiers… l’équilibre reste précaire. Quant aux plus grandes structures, elles tombent moins souvent, mais l’impact est immédiat : 46 entreprises de plus de 100 salariés en défaut, soit près de 10 000 emplois menacés.

Artisans du bâtiment : 6 conseils pour éviter la faillite de votre entreprise

Face à ce contexte économique difficile plombé par la hausse des prix et des coûts de l'énergie, vous craignez de ne pas réussir à sortir votre entreprise de la crise et de devoir déposer le bilan dans l’année.

Mais pas de panique, avant d’en arriver là, des solutions et des moyens peuvent être mis en œuvre pour redresser une entreprise en difficulté. Pour éviter la faillite et appréhender l'avenir plus sereinement, n'attendez pas pour agir !

1. Procédez à un audit financier de votre entreprise

Avant de chercher à relancer l’activité, il est indispensable de savoir précisément où en est votre entreprise. Beaucoup d’artisans continuent à travailler sans avoir une vision claire de leur rentabilité réelle.

Un audit financier permet de faire un état des lieux concret :

  • savoir si le problème vient d’un manque de chantiers… ou de marges insuffisantes
  • identifier les postes de dépenses qui pèsent sur la trésorerie
  • anticiper les difficultés plutôt que les subir

C’est souvent à ce moment-là que l’on découvre un décalage entre l’activité perçue (le "pourtant je travaille beaucoup") et la réalité financière de l'entreprise.

Les points à vérifier en priorité

Pour qu’un audit soit utile, il doit rester simple et orienté terrain. Inutile de multiplier les tableaux complexes.

Concentrez-vous sur quelques indicateurs clés :

  • Votre trésorerie réelle : pas seulement le solde bancaire, mais ce qu’il reste une fois toutes les charges à venir déduites
  • La rentabilité de vos chantiers : comparez le prévu et le réel (temps, matériaux, imprévus) c'est ce qu'on appelle l'accostage financier
  • Vos charges fixes mensuelles : salaires, véhicules, assurances… elles définissent votre seuil minimal
  • Votre seuil de rentabilité : le chiffre d’affaires à atteindre chaque mois pour couvrir vos charges

📌
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2. Gérez rigoureusement les coûts et dépenses

Une fois votre audit financier réalisé, vous avez une vision claire : vous savez où part l’argent, et quels postes pèsent le plus. L’enjeu est maintenant d’agir rapidement sur ce que vous pouvez contrôler. Beaucoup d’entreprises subissent leurs dépenses au quotidien, alors qu’une partie importante peut être optimisée sans impacter la qualité du travail.

L’objectif n’est pas de tout couper, mais de faire des choix efficaces :

  • réduire ce qui n’apporte pas de valeur
  • ajuster ce qui peut l’être
  • préserver ce qui est indispensable à votre activité

C’est souvent l’un des leviers les plus rapides pour soulager une trésorerie.

Les ajustements concrets à mettre en place sur vos chantiers

Sur le terrain, ce sont rarement de grosses décisions qui font la différence, mais une accumulation de petits réflexes mieux maîtrisés.

Optimisez vos achats de matériaux
Comparer régulièrement vos fournisseurs, adapter les matériaux aux besoins réels du chantier ou éviter les surqualités inutiles permet de réduire immédiatement les coûts.
👉 Un même chantier peut varier de plusieurs centaines d’euros selon les choix faits.

Évitez les pertes et les erreurs de métrés
Surcommandes, chutes mal anticipées, erreurs de quantités… ces écarts semblent minimes mais se répètent sur chaque chantier.
👉 À la fin du mois, ils représentent souvent une perte significative.

Adaptez vos dépenses à votre niveau d’activité
Continuer à engager des frais comme en période pleine activité alors que le carnet de commandes se réduit est une erreur fréquente.
👉 Vos coûts doivent suivre votre charge de travail.

Optimisez l’organisation des déplacements
Regrouper les interventions, limiter les trajets inutiles ou mieux planifier les journées permet de gagner du temps… et de réduire les coûts de carburant et d’usure des véhicules.

Faites le tri dans vos dépenses récurrentes
Certains abonnements, outils ou services continuent de coûter chaque mois sans être réellement utilisés.
👉 Ce sont souvent les premières économies faciles à réaliser.


Réduire les dépenses a ses limites. À un moment, c’est aussi le volume de chantiers qui fera la différence. Encore faut-il trouver des projets sérieux, sans perdre du temps en prospection.

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3. Sélectionnez minutieusement vos sous-traitants

Retards, malfaçons, reprises ou manque de coordination… un mauvais partenaire impacte directement votre rentabilité. Dans ce contexte, certains artisans font un choix radical : arrêter la sous-traitance pour reprendre la main. Sur le papier, cela peut sembler rassurant. En réalité, c’est souvent une fausse bonne idée.

Supprimer la sous-traitance, c’est aussi :

  • perdre en capacité de production
  • refuser des chantiers
  • allonger les délais
  • surcharger ses équipes

Résultat : vous réduisez vos coûts d’un côté… mais vous perdez du chiffre d’affaires de l’autre. L’enjeu n’est donc pas d’arrêter, mais de mieux choisir. Un bon sous-traitant est un levier de performance. Un mauvais devient un centre de coûts.

Les bons réflexes en matière de sous-traitance

Ne choisissez pas uniquement sur le prix
Un tarif bas peut cacher des retards, un manque de rigueur ou des reprises à prévoir. Le coût réel du chantier s’envole rapidement.

Vérifiez les références et le sérieux
Respect des délais, qualité des finitions, organisation sur chantier… ces éléments sont déterminants pour éviter les mauvaises surprises.

Formalisez systématiquement la relation par un contrat
Un accord oral ou flou ouvre la porte aux incompréhensions. Un contrat de sous-traitance clair permet de cadrer précisément : les prestations attendues, les délais, les responsabilités et les conditions de paiement.

Gardez un suivi régulier du chantier
Sous-traiter ne signifie pas se désengager. Un contrôle régulier permet d’anticiper les écarts avant qu’ils ne deviennent coûteux.

Privilégiez des partenaires fiables sur la durée
Travailler avec les mêmes sous-traitants permet de gagner en fluidité, en confiance et en efficacité.

📌
À lire sur ce sujet :
Sous-traitance : comment éviter les risques et sanctions en 2026 ?

4. Optimisez le recouvrement de vos créances

Les retards de paiement ne sont pas qu’un simple contretemps. Vous avez déjà engagé les dépenses (salaires, matériaux, charges), mais l’argent n’est pas encore rentré. Ce décalage crée une pression directe sur votre trésorerie. Et très vite, un enchaînement s’installe : vous retardez à votre tour certains paiements, vous utilisez votre découvert, vous arbitrez en permanence.

Ce déséquilibre ne touche pas seulement votre trésorerie. Il pèse aussi sur votre rentabilité : frais bancaires, temps passé à relancer, énergie mobilisée… autant de coûts invisibles qui réduisent votre marge.

Dans ce contexte, prendre le temps de relancer ces impayés n'est clairement pas une perte du temps. L’idée n’est plus d’espérer que le client paie, c'est de le contraindre à payer ce qu'il vous doit. Sur le terrain, cela passe par :

  • relancer immédiatement dès l’échéance dépassée, sans laisser s’installer le retard
  • privilégier le contact direct (appel) pour débloquer plus rapidement la situation
  • formaliser les relances pour garder une trace et structurer votre démarche
  • surveiller les clients à risque, notamment ceux qui cumulent les retards
  • éviter l’accumulation d’impayés sur un même client, qui devient vite ingérable

📌
Pour plus de précisions :
Client mauvais payeur : 5 conseils pour le faire plier

Faut-il faire appel à une société de recouvrement ?

Lorsque les relances classiques n’aboutissent plus, passer par une société de recouvrement permet de changer de posture. Vous sortez d’une relation commerciale pour entrer dans une démarche plus formelle. Concrètement, ces sociétés prennent le relais des relances : courriers officiels, mises en demeure, suivi du dossier… avec un cadre juridique maîtrisé. Dans beaucoup de cas, cela suffit à débloquer la situation, simplement parce que le client comprend que vous ne laisserez pas tomber.

C’est particulièrement pertinent lorsque :

  • le client ne répond plus malgré plusieurs relances
  • la facture est bloquée depuis plusieurs semaines
  • les montants commencent à peser sur votre trésorerie

Avant de vous lancer, quelques points à vérifier :

  • le mode de rémunération (commission sur les sommes récupérées ou forfait)
  • la méthode utilisée (recouvrement amiable ou contentieux)
  • les délais d’intervention
  • l’impact sur la relation client, surtout si vous souhaitez retravailler avec lui (ce qui pourrait être le cas

💡 Dans la pratique, beaucoup d’entreprises hésitent longtemps. Pourtant, plus une facture vieillit, plus elle devient difficile à récupérer.

5. Renégociez vos charges avant d’être au pied du mur

Lorsque la trésorerie se tend, attendre est souvent la pire option. Plus vous anticipez, plus vous avez de leviers pour éviter le blocage. Par ailleurs, les organismes publics et les banques préfèrent intervenir en amont plutôt que de faire face à une situation déjà dégradée.

URSSAF : étaler ou reporter vos cotisations sociales

Les cotisations sociales représentent souvent une charge importante et régulière. En cas de difficulté, il est possible de demander :

  • un échelonnement des cotisations
  • un report d’échéances

Impôts : obtenir des délais sur la TVA ou l’impôt sur les sociétés

Les échéances fiscales peuvent également être adaptées en cas de tension financière. Vous pouvez solliciter :

  • un délai de paiement
  • un plan d’étalement de la dette fiscale

Banque : ajuster vos échéances et votre trésorerie

Votre banque reste un interlocuteur clé en cas de difficulté passagère. Selon votre situation, vous pouvez négocier :

  • une augmentation temporaire du découvert autorisé
  • un report d’échéances de prêt
  • la mise en place d’une solution de trésorerie court terme

6. Prenez le temps de vous former pour diversifier vos compétences

Rester sur ses acquis peut rapidement devenir un frein. Les techniques évoluent, les attentes des clients aussi, et certaines prestations deviennent moins demandées au fil du temps. Se former régulièrement permet de rester à niveau, mais surtout de mieux répondre aux besoins du marché.

C’est aussi un levier concret pour se démarquer. Un artisan capable de proposer des solutions plus performantes, plus durables ou mieux adaptées inspire davantage confiance… et justifie plus facilement ses prix. Diversifier ses compétences permet surtout de ne pas dépendre d’un seul type de chantiers. Lorsque l’activité ralentit sur un segment, cela peut rapidement fragiliser l’entreprise.

Concrètement, élargir son offre permet :

Cette démarche c'est aussi l’occasion de prendre du recul sur votre activité. Vos prestations sont-elles toujours adaptées à la demande ? Êtes-vous positionné sur des chantiers rentables ? Pouvez-vous ajuster votre offre pour améliorer vos marges ?


Vous venez de développer une nouvelle compétence ou vous souhaitez élargir votre activité ? Le plus difficile reste souvent de trouver les premiers chantiers pour se lancer. Habitatpresto Pro permet justement d’accéder à des demandes de travaux concrètes, pour tester rapidement votre offre sur le terrain.

Donnez un nouvel élan à votre activité

Repérez les signaux avant qu’il ne soit trop tard

Une entreprise ne bascule presque jamais du jour au lendemain. Les difficultés s’installent progressivement, souvent de manière insidieuse. Le danger ? S’y habituer et ne plus les voir.

Une baisse progressive de votre carnet de commandes

Le carnet de commandes est votre thermomètre. Lorsqu’il commence à se vider, même lentement, c’est souvent le premier signal d’alerte. Cette baisse peut passer inaperçue, car elle ne se fait pas d’un coup. Pourtant, elle traduit un ralentissement réel de l’activité : moins de devis signés, moins de demandes entrantes, ou une concurrence plus forte.

Concrètement :
Un planning habituellement rempli sur 3 à 4 mois passe progressivement à 2 mois, puis à quelques semaines seulement.

Des délais de paiement qui s’allongent

Dans le bâtiment, les retards de paiement sont fréquents. Mais lorsqu’ils deviennent systématiques, ils déséquilibrent toute la trésorerie. Plus les délais s’allongent, plus vous avancez les frais (matériaux, salaires, charges) sans rentrée d’argent en face. C’est un effet boule de neige.

Concrètement :
Des factures prévues à 30 jours sont réglées à 45, 60 voire 90 jours, et cela devient une habitude.

Un découvert bancaire qui devient structurel

Un découvert ponctuel peut arriver. Mais lorsqu’il devient permanent, il ne s’agit plus d’un imprévu… mais d’un mode de fonctionnement. Cela signifie que votre activité ne génère plus suffisamment de trésorerie pour couvrir vos charges courantes.

Concrètement :
Le compte bancaire reste dans le rouge toute l’année, même après les règlements clients, avec un plafond de découvert systématiquement atteint.

Des chantiers signés mais peu rentables

Avoir du travail ne garantit pas la santé financière. Dans le bâtiment, certains chantiers peuvent même fragiliser l’entreprise. Mauvais chiffrage, pression sur les prix, imprévus mal anticipés… autant de facteurs qui réduisent, voire annulent la marge.

Concrètement :
Des chantiers signés avec une marge prévue de 25 % se terminent à 10 % ou moins, voire à perte une fois tous les coûts intégrés.

📌
Vous cherchez des chantiers rentables :
3 astuces pour ne signer que des chantiers rentables

Une trésorerie constamment sous tension

Lorsque chaque dépense devient une contrainte, c’est que l’équilibre financier est fragile. Une entreprise saine doit pouvoir absorber les imprévus. Mais lorsque la trésorerie est sous tension, le moindre décalage peut créer une difficulté.

Concrètement :
Décaler un paiement fournisseur, attendre un encaissement pour payer les salaires ou repousser un achat de matériel devient une routine.

📌
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Plan de prospection BTP : 6 étapes pour chercher vos clients

Anticipez les facteurs externes qui fragilisent votre activité

Certaines difficultés ne viennent pas de la gestion de l'entreprise en elle-même, mais de l'environnement. Hausse des prix, évolution des charges, nouvelles contraintes… ces facteurs défavorables dégradent votre rentabilité sans que votre façon de travailler ait changé.

Hausse des prix des matériaux : protégez vos marges dès le départ

Les prix des matériaux peuvent varier rapidement, notamment sur des postes comme le bois, l’acier ou les isolants. Dans les faits, une hausse de 10 à 20 % en quelques mois n’est pas rare. Un devis figé trop longtemps peut alors perdre une grande partie de sa marge.

Pour éviter ce décalage :

  • prévoyez une marge de sécurité
  • limitez la durée de validité de vos devis
  • mettez à jour régulièrement vos tarifs
  • intégrez une clause de révision lorsque c’est possible

Coût de l’énergie et du carburant : des dépenses qui s’accumulent vite

Déplacements, machines, transport… l’énergie est présente partout. Au quotidien, quelques centimes de plus par litre peuvent représenter plusieurs centaines d’euros par mois. Une charge diffuse, mais bien réelle.

Pour garder le contrôle :

  • organisez vos chantiers par zone
  • limitez les déplacements inutiles
  • suivez vos dépenses réelles
  • intégrez ces coûts dans vos prix

Pénuries et délais d’approvisionnement : évitez les chantiers bloqués

Les tensions sur certains matériaux ou équipements peuvent désorganiser vos plannings. Concrètement, un retard de livraison peut immobiliser une équipe, retarder l’avancement et décaler les encaissements.

Pour sécuriser vos chantiers :

  • vérifiez les disponibilités en amont
  • anticipez les commandes
  • prévoyez des alternatives
  • diversifiez vos fournisseurs

Évolution des charges sociales et fiscales : une pression constante

Les cotisations sociales, la TVA ou certaines taxes évoluent régulièrement. Elles sont connues… mais leur impact est souvent sous-estimé dans le pilotage quotidien. Elles viennent directement réduire votre marge, sans générer de chiffre d’affaires supplémentaire.

Pour éviter les mauvaises surprises :

  • suivez l’évolution de vos charges
  • intégrez-les dans vos prévisions
  • ajustez vos tarifs si nécessaire

Nouvelles normes et réglementations : adaptez-vous pour rester dans le jeu

Les exigences évoluent régulièrement : performance énergétique, méthodes de mise en œuvre, certifications. Certaines prestations nécessitent désormais des qualifications spécifiques, comme le RGE pour accéder à des chantiers liés aux aides publiques. Sans ces certifications, certaines opportunités deviennent inaccessibles.

Pour rester compétitif :

  • suivre les évolutions liées à son activité
  • anticiper les formations nécessaires
  • identifier les certifications utiles
  • adapter son offre en conséquence

Vous ne pouvez pas contrôler les prix des matériaux ou encore les normes… mais vous pouvez agir sur votre volume de chantiers. Avoir une activité régulière reste le meilleur moyen d’absorber les variations du marché. Via Habitatpresto Pro vous recevez des demandes de travaux chaque semaine pour garder un carnet de commandes actif.

Trouvez de nouveaux chantiers

Entreprise en difficulté : quelles aides activer pour s’en sortir ?

Lorsque les tensions financières s’installent, plusieurs dispositifs existent pour éviter que la situation ne se dégrade.

Mandat ad hoc : agir en toute discrétion avant la crise

Le mandat ad hoc s’adresse aux entreprises qui rencontrent des difficultés, sans être encore en cessation de paiement. La demande se fait directement auprès du tribunal de commerce dont dépend votre entreprise, généralement via le greffe. Dans certains cas, un échange préalable avec un juge permet d’orienter la démarche.

Un mandataire est ensuite désigné pour vous accompagner. Son rôle est très concret : vous aider à négocier avec vos créanciers (banque, partenaires, etc.) et structurer un plan de sortie.

Cette procédure présente un avantage majeur : elle est totalement confidentielle. Vous gardez la main sur votre entreprise, tout en bénéficiant d’un cadre pour gérer des discussions souvent sensibles.

À retenir sur le plan pratique :

  • démarche à engager auprès du tribunal de commerce
  • procédure rapide et confidentielle
  • accompagnement personnalisé
  • coût à prévoir : rémunération du mandataire fixée selon la mission

CCSF : regrouper et étaler vos dettes fiscales et sociales

La CCSF (Commission des chefs des services financiers) permet de traiter en une seule démarche l’ensemble de vos dettes fiscales et sociales. Elle agit comme un guichet unique, ce qui évite de négocier séparément avec chaque organisme. La demande se fait auprès de la Direction départementale des finances publiques (DDFiP) dont dépend votre entreprise. Un dossier est à constituer (bilans, état de trésorerie, dettes, prévisionnel…).

Une fois le plan accordé, vous bénéficiez d’un échéancier global. Tant que celui-ci est respecté, les poursuites sont suspendues. À la fin, certaines pénalités peuvent même être réduites.

À connaître avant de se lancer :

  • démarche à effectuer auprès de la DDFiP locale
  • dispositif gratuit
  • possibilité d’étalement global des dettes
  • obligation d’être à jour dans ses déclarations

Médiation du crédit : rétablir le dialogue avec votre banque

La médiation du crédit est utile lorsque la relation avec votre banque se bloque : refus de financement, suppression de découvert ou difficulté à obtenir un crédit. La demande se fait simplement en ligne. Une fois le dossier déposé, vous êtes rapidement recontacté par un médiateur départemental de la Banque de France, qui devient votre interlocuteur.

Son rôle est de reprendre le dialogue avec la banque, d’analyser la situation et de réunir les différents partenaires financiers pour trouver une solution. Dans de nombreux cas, cela permet de débloquer des situations qui semblaient figées.

Ce qu’il faut savoir :

  • dépôt de dossier en ligne, traitement rapide
  • interlocuteur local via la Banque de France
  • dispositif entièrement gratuit
  • accessible à toutes les entreprises

CIP : prendre du recul avec un accompagnement simple et confidentiel

Le Centre d’information sur la prévention (CIP) permet de bénéficier d’un accompagnement rapide, sans formalisme lourd. Il fonctionne via des permanences locales, souvent organisées en lien avec les tribunaux de commerce. Vous prenez rendez-vous et échangez avec plusieurs professionnels (expert-comptable, avocat…) qui analysent votre situation et vous orientent. L’intérêt est d’obtenir un regard extérieur, sans engagement, pour clarifier vos options et éviter des erreurs.

Dans la pratique :

  • rendez-vous dans une antenne locale (sur inscription)
  • accompagnement gratuit, confidentiel et anonyme
  • présence de plusieurs experts
  • utile pour faire un premier diagnostic

CODEFI et CRP : un accompagnement structuré pour les situations plus complexes

Lorsque les difficultés deviennent plus profondes (déséquilibre structurel, besoin de restructuration…), des dispositifs comme le CODEFI (niveau départemental) ou le CRP (niveau régional) peuvent intervenir. Le CODEFI se contacte via la DDFiP. Il agit comme un interlocuteur de proximité, capable d’analyser la situation et de coordonner les acteurs concernés. Le CRP intervient à une échelle plus large pour accompagner les restructurations.

Ces structures peuvent proposer un diagnostic, faciliter les échanges avec les créanciers, et orienter vers des solutions adaptées (financement, réorganisation…).

À connaître :

  • contact via les services locaux des finances publiques ou de l’État
  • accompagnement gratuit
  • intervention adaptée aux situations complexes
  • coordination de plusieurs interlocuteurs

Entreprise en situation critique : quelle procédure collective choisir ?

Lorsque la trésorerie ne permet plus de faire face aux dettes, l’entreprise entre dans un cadre juridique précis : les procédures collectives. Elles sont déclenchées auprès du tribunal de commerce et encadrent la gestion de la crise. Le point de bascule est clair : la cessation de paiement. À partir de là, tout se joue sur le timing et la capacité de l’entreprise à se redresser.

Situation réelle
Ce que cela signifie concrètement
Procédure à engager
Vous anticipez des difficultés, mais vous payez encore
Trésorerie tendue, dettes en hausse, mais encore maîtrisées
Sauvegarde
Vous ne pouvez plus payer vos dettes
Découvert permanent, échéances non honorées
Redressement judiciaire
L’activité ne peut plus être sauvée
Pertes continues, absence de solution viable
Liquidation judiciaire

La procédure de sauvegarde : une protection pour restructurer avant la rupture

La sauvegarde intervient avant la cessation de paiement. Elle permet de protéger l’entreprise dès les premiers signes de déséquilibre sérieux. Concrètement, l’ouverture de la procédure entraîne un gel des dettes antérieures et l’arrêt des poursuites. Une période d’observation est ensuite ouverte (jusqu’à 6 mois renouvelables) pour analyser la situation et construire un plan.

Ce plan peut s’étaler sur plusieurs années (jusqu’à 10 ans dans certains cas) et vise à réorganiser l’entreprise : étalement des dettes, ajustement de l’activité, révision des charges.

Dans la pratique, cette procédure est particulièrement adaptée lorsque :

  • les marges se dégradent
  • les dettes augmentent, mais restent maîtrisables
  • l’activité reste globalement viable

C’est la procédure qui offre le plus de latitude, mais elle suppose d’agir avant d’être bloqué.

Le redressement judiciaire : tenter de sauver l’activité après la cessation de paiement

Le redressement judiciaire s’applique lorsque l’entreprise est déjà en cessation de paiement. La déclaration doit être faite dans un délai de 45 jours. À l’ouverture, les dettes sont gelées et les poursuites suspendues. Une période d’observation est mise en place pour évaluer la viabilité de l’entreprise.

Pendant cette phase :

  • l’activité continue
  • les chantiers en cours peuvent être maintenus
  • un administrateur judiciaire peut être nommé pour encadrer la gestion

L’objectif est de déterminer si un plan de redressement est possible. Ce plan peut inclure :

  • un étalement des dettes
  • une réorganisation de l’activité
  • parfois des cessions partielles

Si l’entreprise montre qu’elle peut redevenir viable, elle poursuit son activité sous ce cadre.

La liquidation judiciaire : organiser la fin d’activité dans un cadre sécurisé

La liquidation judiciaire est prononcée lorsque la situation est jugée irrémédiablement compromise.

Cela signifie que :

  • l’entreprise est en cessation de paiement
  • aucune perspective de redressement n’est crédible

Un liquidateur est alors nommé pour vendre les actifs (matériel, véhicules, créances…) et rembourser les créanciers selon un ordre défini. L’activité est en principe arrêtée, même si une poursuite temporaire peut être autorisée pour faciliter une reprise. Dans certains cas, une partie de l’activité peut être reprise par un tiers (repreneur), mais l’entreprise d’origine disparaît.

📌
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👷 Le Conseil du Pro : difficulté ne veut pas dire fatalité !

Rencontrer des difficultés fait partie du parcours de nombreuses entreprises. Une baisse d’activité, une trésorerie tendue ou des imprévus peuvent survenir, même lorsque tout semblait bien engagé. Cela ne signifie pas pour autant que la situation est perdue. Dans bien des cas, des ajustements, des décisions prises au bon moment et un peu de recul permettent de redresser la trajectoire. L’essentiel est de ne pas rester immobile face aux premières difficultés, mais de continuer à avancer, étape par étape, avec lucidité. Une période compliquée ne définit pas l’avenir d’une entreprise.

Les questions fréquentes

Quelle est la principale cause de défaillance d'entreprises en France ?

La principale cause de défaillance des entreprises du bâtiment en France est liée aux problèmes de trésorerie. Selon les données des tribunaux de commerce, plus de 70 % des faillites sont dues à un manque de liquidités, souvent aggravé par des retards de paiement ou des chantiers mal rentabilisés. Dans le secteur du BTP, les marges faibles et les imprévus techniques accentuent ce risque. Une mauvaise gestion financière ou une croissance trop rapide peut aussi fragiliser l’entreprise.

Quel est le coût pour fermer une société ?

Le coût pour fermer une société dépend de la procédure choisie, mais il se situe généralement entre 450 € et 2 500 € pour une dissolution classique. En cas de liquidation judiciaire, les frais peuvent être plus élevés car ils incluent les honoraires du liquidateur et les frais de justice. Dans le bâtiment, ces coûts peuvent augmenter si des actifs doivent être vendus ou des litiges réglés. Par exemple, une petite entreprise peut payer environ 1 500 € pour une fermeture simple.

Qui paye les dettes en cas de faillite ?

En cas de faillite, c’est en principe l’entreprise qui règle ses dettes avec ses actifs disponibles. Si la société est une structure à responsabilité limitée comme une SARL ou une SAS, les dirigeants ne sont pas responsables sur leurs biens personnels sauf faute de gestion avérée. En revanche, dans une entreprise individuelle, le dirigeant peut être engagé personnellement. Les créanciers sont remboursés selon un ordre légal défini, souvent partiellement.

Quelles sont les conséquences d'une liquidation judiciaire ?

La liquidation judiciaire entraîne l’arrêt immédiat de l’activité et la vente des actifs de l’entreprise pour rembourser les dettes. Dans le secteur du bâtiment, cela signifie souvent la perte des chantiers en cours et le licenciement des salariés. Le dirigeant peut également faire face à des interdictions de gérer en cas de faute. Par exemple, certaines entreprises du BTP perdent leur capacité à répondre à des appels d’offres après une liquidation.

Est-il possible de se sortir d'un redressement judiciaire ?

Oui, il est possible de se sortir d’un redressement judiciaire si l’entreprise parvient à rétablir sa situation financière. En France, environ 30 % des entreprises réussissent à poursuivre leur activité grâce à un plan de redressement validé par le tribunal. Dans le bâtiment, cela peut passer par une restructuration, une réduction des coûts ou une renégociation des dettes. Par exemple, certaines PME du BTP retrouvent la rentabilité en se repositionnant sur des marchés plus profitables.

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