Sur vos chantiers, où part vraiment l’argent ? Pourquoi certains projets laissent-ils un goût amer en fin de travaux ? Déplacements en trop, reprises non prévues, coordination laborieuse... et si la marge se jouait ailleurs que là où vous regardez d’habitude ? La méthode ABC (Activity Based Costing) part d’un constat simple, mais souvent dérangeant : ce ne sont pas les chantiers qui coûtent cher, ce sont les activités invisibles qui les accompagnent. En les mettant en lumière, cette méthode offre aux entreprises du bâtiment la possibilité de reprendre le contrôle, décider avec lucidité... et transformer l’organisation d'un chantier en levier de rentabilité.
Qu'est-ce que la méthode ABC (Activity Based Costing) ? Définition
La méthode ABC, pour Activity Based Costing, est une méthode de calcul des coûts qui consiste à analyser précisément ce qui consomme réellement des ressources dans une entreprise, non pas par poste global, mais par activité concrète. Contrairement à une approche classique qui répartit les charges de manière uniforme (au prorata du chiffre d’affaires ou des heures), la méthode ABC cherche à comprendre où part l’argent, pourquoi, et pour quoi faire.
Le principe est simple : il faut identifier les activités réelles (préparer un chantier, approvisionner, poser, contrôler, reprendre, se déplacer, gérer l’administratif...), puis leur affecter les coûts exacts qu’elles génèrent (temps passé, main-d’œuvre, matériel, carburant, sous-traitance, frais indirects). Chaque activité devient ainsi un centre de coût à part entière.
L’intérêt majeur de la méthode ABC est de révéler les coûts invisibles. Elle met en lumière les tâches chronophages ou peu productives qui pèsent sur la rentabilité sans être directement facturées au client. Dans le bâtiment, cela concerne souvent les déplacements, les reprises, les attentes liées à une coordination perfectible, ou encore la préparation mal anticipée des chantiers.
Imma Construction
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Quels sont les objectifs de la méthode ABC ?
Concrètement, la méthode ABC permet donc de calculer de façon plus juste le coût réel d'un chantier, d’identifier les activités qui mettent à mal la marge et de simplifier la prise de décisions concrètes : ajuster les prix, réorganiser le travail, supprimer certaines pertes de temps ou mieux valoriser certaines prestations.
Ce n’est pas une méthode théorique réservée aux grandes entreprises : bien appliquée, elle devient un outil opérationnel puissant pour piloter la rentabilité d'un chantier, notamment dans les PME du secteur du bâtiment. La méthode ABC peut dont jouer un rôle majeur dans le choix des stratégies mises en place par une société.
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Les différentes classes de la méthode ABC
La méthode ABC classe les éléments et activités en 3 catégories, selon leur poids économique. Cette répartition permet à une entreprise du bâtiment de prioriser ses actions en concentrant ses efforts de pilotage là où les gains potentiels et l’impact sur la rentabilité sont les plus élevés.
Classe A : les activités à fort impact sur les coûts
👉 La classe A réprésente les 20 % d'éléments et d'activités qui génèrent 70 à 80 % des coûts d'une entreprise.
- Concernent une faible part des activités, mais une part majeure des coûts d'une entreprise et des dépenses du chantier.
- Exemples concrets sur un chantier : les ouvriers directement impliqués dans les tâches clés d'un chantier (avec un impact direct sur la qualité, les délais et les coûts), des travaux de préparation importants, des interventions en urgence, les étapes techniques d'un chantier nécessitant des interventions précises et coordonnées, tout en respectant la présence et la sécurité des occupants ou encore des reprises lourdes et complexes après des erreurs dans certaines phases de coordination.
- Toute dérive, même minime, sur ces activités a un effet immédiat sur la marge.
- Priorité absolue pour l’analyse, l’optimisation et le suivi dans le temps.
- Ces activités doivent être chiffrées précisément et sécurisées dès le devis.
Classe B : les activités intermédiaires à impact modéré, mais à surveiller
👉 La classe B regroupe les 30 % d'éléments et d'activités qui génèrent 15 à 20 % des coûts d'une entreprise.
- Regroupent des activités régulières et nécessaires au bon déroulement du chantier, avec un impact modéré sur les coûts.
- Exemples courants : approvisionnements réguliers, déplacements planifiés, contrôles intermédiaires, coordination courante entre les différents corps d'état.
- Leur optimisation passe par des ajustements organisationnels plutôt que des changements lourds.
- Une planification rigoureuse et un bon suivi permettent d’éviter qu’elles ne basculent en classe A par accumulation.
Classe C : les activités à faible impact unitaire
👉 La classe C réprésente les 50 % d'éléments et d'activités qui génèrent 5 à 10 % des coûts d'une entreprise.
- Nombreuses mais peu coûteuses individuellement.
- Exemples concrets : tâches administratives simples, petites manutentions, appels ponctuels, actions et ajustements mineurs en fin de chantier.
- Leur suivi détaillé serait chronophage et peu rentable : il doit rester léger pour ne pas alourdir la gestion.
- L’objectif est surtout de limiter, voire d'éviter leur multiplication inutile plutôt que de les mesurer finement.
Identifier les activités qui vous coûtent cher, c’est bien. Encore faut-il les rentabiliser avec les bons chantiers. Multipliez vos opportunités de chantiers en recevant des demandes de particuliers vérifiées et qualifiées avec Habitatpresto Pro !
Quels sont les avantages de la méthode ABC ?
La méthode ABC apporte une lecture beaucoup plus fine des coûts réels d’un chantier et transforme des données comptables en décisions opérationnelles.
Une vision précise des coûts réels par activité
La méthode ABC permet d’identifier exactement ce qui coûte de l’argent sur un chantier, activité par activité. Au lieu de raisonner globalement, elle distingue la préparation du chantier, l’exécution, les déplacements, les reprises ou la coordination. Cette granularité évite les approximations et donne une image fidèle du coût réel d’un chantier.
La mise en lumière des coûts invisibles
Beaucoup de pertes de marge ne sont pas directement facturées : attentes entre corps d’état, allers-retours, reprises, gestion administrative... La méthode ABC met ces coûts en évidence, là où une approche classique les dilue. Pour une entreprise du bâtiment, c’est souvent là que se cache l’essentiel du gain potentiel.
Un chiffrage de devis plus juste et plus sécurisé
En s’appuyant sur les activités réellement consommées, la méthode ABC permet d'établir des devis plus cohérents avec la réalité du terrain. Les prix reposent sur des données factuelles plutôt que sur des moyennes approximatives. Cela limite les chantiers déficitaires et sécurise la marge dès la signature.
Une meilleure priorisation des actions d’amélioration
La méthode ABC ne sert pas uniquement à calculer des coûts, mais à décider où agir en priorité. Elle permet d’identifier les activités à faible valeur ajoutée ou trop chronophages. L’entreprise peut alors réorganiser le travail, ajuster les méthodes ou supprimer certaines sources de gaspillage.
Une baisse des frais généraux en réduisant les stocks inutiles
La méthode ABC permet d’identifier précisément quelles activités consomment réellement du matériel et à quelle fréquence. En croisant ces données avec les volumes stockés, l’entreprise peut repérer les surstocks coûteux qui immobilisent inutilement de la trésorerie sans créer de valeur sur les chantiers.
Cette analyse fine aide à ajuster les achats de matériaux et de matière première, à limiter les références rarement utilisées et à mieux planifier les approvisionnements. Résultat : moins de capitaux bloqués, moins de pertes ou d’obsolescence, et des frais généraux allégés sans impact sur la qualité d’exécution des chantiers.
Un outil d’aide à la décision pour le dirigeant
Grâce à la méthode ABC, le chef d’entreprise dispose d’indicateurs concrets pour arbitrer : accepter ou refuser certains types de chantiers, internaliser ou sous-traiter une tâche, investir dans du matériel ou revoir l’organisation du travail. Les décisions reposent sur des chiffres réels, pas sur des impressions.
Une amélioration durable de la rentabilité des chantiers
En comprenant précisément comment les ressources sont consommées, la méthode ABC permet d’agir sur les leviers réels de rentabilité. Elle favorise une meilleure organisation, une réduction des pertes de temps et une valorisation plus juste du travail réalisé. Sur le long terme, c’est un outil puissant pour stabiliser et améliorer la marge des chantiers.
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Pour en savoir plus sur les indicateurs de rentabilité :
Seuil de rentabilité : un indicateur clé souvent négligé dans le bâtiment
Taux de marque dans le bâtiment : bien le calculer pour mieux vendre
Quels sont les inconvénients de la méthode ABC ?
Si la méthode ABC apporte une vision très fine des coûts, sa mise en place comporte aussi des contraintes qu’il est important d’anticiper, en particulier dans les PME du bâtiment.
Une mise en œuvre plus complexe que les méthodes classiques
La méthode ABC demande d’identifier précisément les activités, de mesurer les temps passés et de structurer les données. Cette phase d’analyse est plus lourde qu’un calcul de coûts traditionnel. Sans méthode claire, le risque est de créer un système trop complexe et difficile à exploiter au quotidien.
Un besoin de compétences spécifiques
Déployer correctement la méthode ABC nécessite une bonne compréhension des mécanismes de coûts et des processus internes. Beaucoup d’entreprises font appel à un consultant externe pour structurer la démarche, ce qui représente un investissement supplémentaire. Sans accompagnement, les erreurs de paramétrage peuvent fausser les résultats.
Une implication forte des équipes
La méthode ABC repose sur des informations issues du terrain : temps passé, enchaînement des tâches, pratiques réelles de chantier. Cela implique de mobiliser les équipes et de changer certaines habitudes. Sans adhésion des salariés, la collecte des données peut être incomplète ou imprécise.
Des outils de suivi parfois coûteux
Pour fonctionner efficacement, la méthode ABC s’appuie souvent sur des outils informatiques de suivi des activités, des temps ou des coûts. Ces solutions peuvent représenter un coût non négligeable pour les petites structures. Une mise en place trop sophistiquée peut vite dépasser les moyens ou les besoins réels de l’entreprise.
Un retour sur investissement non immédiat
Les bénéfices de la méthode ABC ne sont pas toujours visibles à court terme. Le temps consacré à l’analyse et à la structuration peut donner l’impression d’un effort important pour des gains différés. Sans vision à moyen terme, certaines entreprises abandonnent la démarche avant d’en mesurer pleinement l’intérêt.
Un risque de sur-pilotage
En cherchant à tout mesurer, certaines entreprises finissent par passer plus de temps à analyser qu’à agir. La méthode ABC doit rester un outil d’aide à la décision, pas une contrainte administrative supplémentaire. Mal dosée, elle peut alourdir la gestion au lieu de la simplifier.
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La méthode ABC est-elle vraiment adaptée aux entreprises du bâtiment ?
✔️ Oui, mais pas comme dans les manuels
La méthode ABC est parfaitement applicable dans le bâtiment, à condition de l’adapter aux réalités du chantier. Les entreprises du secteur fonctionnent avec beaucoup de charges indirectes : déplacements, préparation, coordination, reprises, gestion administrative. Or, ce sont précisément ces coûts que la méthode ABC permet d’identifier et de mesurer. Sur ce point, elle est même particulièrement pertinente pour les PME du bâtiment.
🙅♂️ Non si l’on cherche une application "académique"
Appliquée de façon trop théorique, avec des dizaines d’activités et d’indicateurs complexes, la méthode devient vite ingérable sur le terrain. Sa mise en place exige une approche pragmatique : quelques activités clés bien définies valent mieux qu’un modèle trop sophistiqué. Sans cette simplification, l’outil perd toute utilité opérationnelle.
✔️ Oui pour améliorer la rentabilité des chantiers
La méthode ABC permet de comprendre pourquoi certains chantiers, pourtant bien "vendus", dégagent peu ou pas de marge. Elle met en évidence les pertes de temps, les allers-retours inutiles et les défauts d’organisation. C’est un levier efficace pour ajuster les prix, mieux planifier les interventions et sécuriser la marge.
🙅♂️ Non si l’entreprise manque de méthode ou n'obtient pas l'adhésion de ses équipes
Sans implication des équipes et sans un minimum de suivi des activités, la méthode ABC ne fonctionne pas. Elle nécessite une discipline légère mais régulière. Si elle est perçue comme un outil de contrôle plutôt que d’amélioration, elle sera rapidement abandonnée.
💡
À retenir :
Oui, la méthode ABC s'applique et peut avoir des résultats dans le bâtiment, mais uniquement si elle est simplifiée, progressive et orientée terrain. Bien utilisée, elle devient un outil de pilotage des chantiers, bien plus qu’un simple exercice de calcul des coûts.
🔍 Le vrai du faux
Peut-on appliquer la méthode ABC sans outils numériques ?
❌ Faux...
Sans appui d'outils numériques, la méthode devient vite chronophage et imprécise. Pour l’adapter au mieux à ses chantiers, il faut au minimum un tableur structuré ou un logiciel métier avec gestion analytique. La collecte fiable des temps passés, des consommables ou des coûts machines est essentielle pour que les résultats soient exploitables.
💡 Automatisez ce qui peut l’être (saisie de temps, imputations) pour vous concentrer sur l’analyse et la prise de décision.
Faut-il forcément tout revoir pour mettre en place la méthode ABC ?
❌ Faux...
L’ABC peut être introduite de manière progressive, en commençant par un ou deux types de chantiers. Il n’est pas nécessaire de bouleverser toute la comptabilité. Un déploiement par étape permet de tester la méthode, d’ajuster les critères d’imputation, puis de l'étendre à d’autres activités.
💡 Intégrez la méthode ABC comme un outil d’aide à la décision, pas comme une refonte complète dès le départ.
La méthode ABC ne sert-elle qu’à mieux calculer les coûts ?
❌ Faux...
La méthode ABC ne se limite pas à la comptabilité analytique : elle révèle les zones de non-performance, les gaspillages ou les chantiers sous-facturés. Elle donne une vision stratégique qui peut impacter les choix commerciaux, les devis ou l’organisation des équipes.
💡 Utilisez la méthode ABC pour piloter votre rentabilité réelle, pas seulement pour analyser certains écarts de coûts.
Entreprise du bâtiment : dans quels cas utiliser la méthode ABC ?
La méthode ABC peut devenir particulièrement utile dès que les coûts ne sont plus lisibles chantier par chantier et que la marge semble se diluer sans raison évidente.
Quand les marges varient fortement d’un chantier à un autre
Si certains chantiers semblent rentables sur le papier mais dégagent peu de marge une fois terminés, la méthode ABC peut permettre d’en comprendre la cause. Elle met en évidence les activités qui consomment du temps et des ressources sans être valorisées : déplacements multiples, reprises, coordination défaillante ou préparation insuffisante. C’est un outil pertinent pour expliquer les écarts entre prévision et réalité.
Pour améliorer la logistique et la gestion des stocks
Dans le bâtiment, les stocks pèsent lourdement sur la trésorerie et les frais généraux. La méthode ABC aide à identifier quels matériaux sont réellement utilisés, à quelle fréquence et pour quelles activités. Elle permet de repérer les surstocks, les références peu utiles ou les achats mal synchronisés avec les chantiers. Résultat : des approvisionnements plus justes, moins d’immobilisation financière et une logistique mieux alignée avec l’activité réelle.
Quand les charges indirectes deviennent trop importantes
Plus une entreprise grandit, plus les charges indirectes augmentent : administratif, encadrement, véhicules, outillage, gestion. La méthode ABC permet de répartir ces coûts selon les activités qui les génèrent réellement, et non de manière globale. Elle devient alors essentielle pour éviter que certains chantiers portent des charges qu’ils ne devraient pas supporter.
Pour structurer le contrôle de gestion
La méthode ABC est particulièrement adaptée lorsque l’entreprise souhaite passer d’un suivi comptable à un pilotage précis de la performance. Elle fournit des indicateurs concrets pour analyser la rentabilité par type de chantier, par client ou par activité. Le dirigeant peut ainsi prendre des décisions éclairées : ajuster les prix, revoir l’organisation ou abandonner certains formats de chantiers peu rentables.
Lors d’un changement d’organisation ou de croissance
La méthode ABC est aussi pertinente lors d’une phase de développement, de recrutement ou de réorganisation interne. Elle permet de mesurer l’impact réel de ces évolutions sur les coûts et la productivité. Utilisée à ces moments-clés, elle sécurise la croissance en évitant que les nouvelles charges ne dégradent silencieusement la rentabilité des chantiers.
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📊 Méthode ABC calcul : quelle méthodologie et comment s’y prendre ?
Le calcul en méthode ABC repose sur une démarche structurée qui vise à relier chaque euro dépensé aux activités réelles du chantier, pour obtenir un coût fiable et exploitable.
Identifier les activités réellement réalisées
La première étape consiste à lister les activités concrètes qui composent un chantier, au-delà du simple temps de pose. Dans le bâtiment, cela inclut par exemple les travaux de préparation, l’approvisionnement, les déplacements, l’exécution, les reprises, la coordination avec les autres corps d’état ou encore toute la gestion administrative. L’objectif est de décrire la réalité du terrain, pas un fonctionnement théorique.
Regrouper les charges par activité
Une fois les activités définies, il faut y affecter les charges correspondantes : main-d’œuvre, carburant, matériel, locations, frais de structure, sous-traitance ou temps administratif. Contrairement aux méthodes classiques, les charges indirectes ne sont plus réparties globalement, mais rattachées aux activités qui les génèrent réellement.
Définir les inducteurs de coûts
Les inducteurs de coûts permettent d’expliquer pourquoi une activité consomme des ressources. Il peut s’agir du nombre d’heures, du nombre de déplacements, du volume de matériel posé ou du nombre d’interventions. Le choix des inducteurs est essentiel : ils doivent être simples, mesurables et représentatifs de la réalité du chantier.
Calculer le coût de chaque activité
À partir des charges et des inducteurs, il faut calculer le coût unitaire de chaque activité. Par exemple, le coût d’une heure de préparation d'un support à repeindre, d’un déplacement ou d’une reprise. Cette étape transforme les données brutes en informations lisibles, directement exploitables pour analyser un chantier ou établir un devis détaillé.
Affecter les coûts aux chantiers
Les coûts d’activités sont ensuite répartis sur les chantiers en fonction de leur consommation réelle. Un chantier mal préparé ou très fragmenté supportera davantage de coûts indirects qu’un chantier fluide et bien organisé. Cette affectation permet d’obtenir un coût de chantier précis, loin des moyennes approximatives.
Analyser les résultats et ajuster
La méthode ABC n’est utile que si elle débouche sur des décisions. L’analyse met en évidence les activités qui mettent à mal la marge, celles à optimiser ou à mieux valoriser dans les devis. La méthodologie doit rester évolutive : ajuster les activités, affiner les inducteurs et mettre à jour les données garantit la pertinence du calcul dans le temps.
👉 Appliquée progressivement, la méthode ABC devient un outil opérationnel pour mieux chiffrer, mieux organiser et sécuriser la rentabilité des chantiers.
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Pour aller plus loin :
Calcul de la marge commerciale : vos chantiers sont-ils rentables ?
Chiffre d’affaires : comment l’augmenter sans exploser ses charges ?
🗣️ Méthode ABC : exemple concret d’une entreprise générale du bâtiment
Basée à Nantes (44), une PME du bâtiment spécialisée dans les travaux de rénovation nous explique concrètement comment elle analyse ses coûts en appliquant au quotidien - et sans vraiment la citer - la méthode ABC afin de repérer où la marge se perd... et comment la récupérer, pour s'y retrouver.
Le contexte : une entreprise rentable sur le papier, fragile sur le terrain
L’entreprise générale du bâtiment, qui compte une quinzaine de salariés, (peintres en bâtiment, plaquistes, électricien, plombiers-chauffagistes, carreleur...), réalise le plus souvent des chantiers de rénovation complète de logements occupés. Les devis sont bien positionnés, le carnet de commandes est plein, mais la marge finale est irrégulière. Certains chantiers dégagent un résultat correct, d’autres frôlent l’équilibre, sans raison apparente. Les dirigeants de l'entreprise soupçonnent un problème d’organisation plutôt que de prix.
L’identification des activités réellement réalisées
Plutôt que de raisonner par corps d’état, l’entreprise liste les activités transverses communes à tous les chantiers : préparation du chantier, approvisionnement, déplacements, exécution des travaux, reprises et ajustements, coordination avec les autres intervenants, gestion administrative... Cette étape permet de sortir d’une vision théorique pour coller à la réalité quotidienne.
L’affectation des coûts aux activités
Chaque activité est ensuite associée aux coûts qu’elle génère : temps des équipes, carburant, location de matériel, frais de structure et temps de gestion. L’entreprise découvre que certaines activités peu visibles, comme la coordination et les reprises, consomment bien plus de ressources que prévu, sans être intégrées dans les devis.
Le choix des inducteurs de coûts
Pour rendre l’analyse exploitable, l’entreprise retient des inducteurs simples : heures passées, nombre de déplacements, nombre d’interventions par chantier. Ces indicateurs, faciles à suivre, permettent de comparer objectivement les chantiers entre eux sans alourdir le quotidien des équipes.
Les enseignements tirés de l’analyse
L’analyse révèle que les chantiers en logement occupé génèrent davantage de reprises, d’interruptions et de déplacements. Ce ne sont pas les travaux eux-mêmes qui posent problème, mais les contraintes d’organisation. L’entreprise comprend pourquoi ces chantiers sont moins rentables malgré des prix similaires.
Les actions concrètes mises en place
À partir de ces constats, l’entreprise adapte son fonctionnement : préparation plus poussée en amont, regroupement des interventions, facturation des modifications tardives, ajustement des prix pour les chantiers les plus contraignants. Certaines prestations sont mieux cadrées dans les devis, d’autres sont revalorisées.
Le résultat sur la rentabilité des chantiers
Sans augmenter massivement ses tarifs, l’entreprise stabilise sa marge et réduit les écarts entre prévisionnel et réel. La méthode ABC devient un outil d’aide à la décision, utilisé ponctuellement pour analyser ses chantiers atypiques et sécuriser ses futurs devis.
Quand on sait où se perd la marge, on devient plus exigeant sur les chantiers qu’on accepte. N'attendez pas pour développer votre activité en recevant régulièrement des demandes de travaux qualifiées !
👀 PME du bâtiment : mesurez ce qui se passe entre deux journées de chantier !
Sur un chantier, la marge ne se perd pas uniquement pendant l’exécution, mais entre les interventions. Pour appliquer la méthode ABC de façon concrète, observez ce qui se passe entre la fin d’une journée et le retour de l’équipe le lendemain : matériel oublié ou mal rangé, zones non prêtes, attente d’un autre corps d’état, reprise d’un détail mal anticipé.
Il est conseillé de noter ces temps "invisibles" sur un chantier pilote pendant une semaine. Vous verrez rapidement quelles activités consomment du temps sans créer de valeur. En les identifiant, vous pouvez ajuster l’ordre des interventions, préparer le matériel en amont et éviter les retours inutiles. C’est souvent là, sur ces micro-pertes de temps quotidiennes, que la méthode ABC apporte des gains immédiats sur la rentabilité d'un chantier.
👷 Le Conseil du Pro : entourez-vous d'un expert-comptable !
Un accompagnement est souvent indispensable, au moins au démarrage, surtout pour définir les bonnes unités d’œuvre et les inducteurs pertinents. Sans expertise, le risque est de créer un modèle biaisé, avec des résultats peu fiables, qui induisent en erreur dans les décisions. Il est donc vivement conseillé de se faire épauler par un expert-comptable, avant, si besoin, de former un référent interne pour assurer la continuité et la mise à jour du modèle.
❓ Foire aux questions (FAQ)
Quel est le principe de la méthode ABC ?
Inducteurs de coûts méthode ABC : de quoi s'agit-il ?
Quelles sont les limites de la méthode ABC ?
Quelle est la différence entre la méthode 20/80 et la méthode ABC ?
Quelle est la différence entre la méthode ABC et les coûts complets ?
C'est quoi la méthode ABC ABM ? Définition
Formation méthode ABC : en existe-t-il et est-ce utile ?
Références :
- "La méthode ABC : une variante du calcul des coûts complets", L-Expert-Comptable
- "La méthode ABC (Activity Based Costing) appliquée au BTP", Alobees
- "La méthode des coûts à base d'activité ou Activity Based Costing - Méthode ABC", YouTube
- Image principale de l'article magele-picture - Adobe Stock
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