La silice cristalline est partout sur les chantiers, mais rarement identifiée comme un risque à part entière. Invisible à l’œil nu, elle se libère dès que l’on travaille des matériaux minéraux courants. Ses effets sur la santé sont graves, progressifs et durablement encadrés par la réglementation. Comprendre où se situe le risque, qui est concerné et comment le maîtriser concrètement est aujourd’hui indispensable pour travailler en sécurité et rester conforme sur ses chantiers.
Qu’est-ce que la silice cristalline ? Définition et notions clés
La silice cristalline est une substance minérale naturellement présente dans de nombreux matériaux utilisés dans le bâtiment, comme le sable, le béton, le mortier ou la pierre. Tant qu’elle reste intégrée dans ces matériaux, elle ne présente pas de danger particulier. Le risque apparaît lorsque la silice se transforme en poussières très fines, susceptibles d’être inhalées. Certaines de ces particules sont assez petites pour pénétrer profondément dans les poumons : c’est cette forme respirable qui pose un véritable enjeu de santé.
Silice, silice cristalline et silice cristalline alvéolaire : quelles différences ?
La silice est le terme générique qui désigne le dioxyde de silicium, un composant minéral très répandu. La silice cristalline correspond à sa forme cristallisée, la plus courante étant le quartz. On parle de silice cristalline alvéolaire lorsque les poussières émises sont suffisamment fines (≤ 10 µm) pour atteindre les alvéoles pulmonaires. Cette distinction est essentielle, car seules ces particules invisibles sont à l’origine des atteintes graves à long terme.
Pourquoi c'est un vrai enjeu dans le bâtiment ?
Dans le bâtiment, la silice cristalline constitue un risque particulier en raison de l’omniprésence des matériaux minéraux et de l’exposition répétée des professionnels. Ce risque est souvent sous-estimé car il ne provoque pas d’effet immédiat. Il s’installe progressivement, au fil des chantiers, ce qui en fait un sujet central de prévention dans le secteur.
Travailler dans de bonnes conditions, c’est aussi pouvoir choisir ses chantiers. Recevoir des demandes claires, ciblées, adaptées à son métier et à ses contraintes permet de mieux organiser son activité au quotidien. Avec Habitatpresto Pro, vous recevez des demandes de chantiers sérieuses, en lien direct avec vos compétences.
Où trouve-t-on la silice cristalline sur les chantiers ?
Les principaux matériaux et leur teneur en silice cristalline
La silice cristalline est naturellement présente dans de nombreux matériaux minéraux utilisés sur les chantiers. Sa teneur varie selon la nature du matériau et conditionne le niveau de vigilance à adopter lors des travaux.
| Matériau du bâtiment | Teneur indicative en silice cristalline |
| Sable | Élevée |
| Granulats | Élevée |
| Béton | Moyenne à élevée |
| Mortier | Moyenne |
| Ciment | Faible |
| Pierre naturelle (granit, grès) | Élevée |
| Marbre | Faible à très faible |
| Ardoise | Variable (souvent modérée) |
| Carrelage / céramique | Variable |
| Enduits minéraux | Variable |
Les situations de travail qui génèrent des poussières de silice cristalline
Sur les chantiers, l’exposition à la silice cristalline ne vient pas des matériaux en eux-mêmes, mais des opérations qui les fragmentent. Dès qu’un matériau minéral est attaqué, il libère des poussières dont une partie est suffisamment fine pour être inhalée.
Travaux de découpe, perçage et ponçage : une exposition directe et continue
Ces opérations font partie du quotidien sur de nombreux chantiers et génèrent des poussières fines de manière continue. Plus l’outil est rapide ou abrasif, plus la quantité de particules respirables augmente, en particulier en espace clos.
🪚 Exemple terrain : découper des carreaux de grès cérame à la disqueuse pour une pose de carrelage, percer une dalle béton pour le passage de réseaux, ou poncer un ragréage avant la pose d’un revêtement. Dans ces situations, les poussières se diffusent immédiatement dans l’air, souvent sans être visibles.
Chantiers de démolition et de casse : des pics élevés de poussières
La démolition libère des volumes importants de poussières sur des périodes courtes mais intenses. L’impact des outils et la chute des matériaux fragmentent brutalement les supports et remettent en suspension des particules très fines.
🔨 Exemple terrain : abattre une cloison en béton ou en parpaings lors d’une rénovation, ouvrir une trémie dans une dalle pour créer un escalier, ou casser une chape avant réfection. Même après l’arrêt des travaux, les poussières peuvent rester en suspension plusieurs heures.
Nettoyage et évacuation des gravats : un risque souvent sous-estimé
Certaines tâches sont souvent sous-estimées, alors qu’elles contribuent pleinement à l’exposition. Le nettoyage à sec et la manipulation des déchets de chantier remettent en circulation des poussières déjà déposées.
🧹 Exemple terrain : balayer un sol poussiéreux en fin de journée, charger des gravats dans une benne ou déplacer des sacs de déblais. Ces gestes, réalisés sans outil motorisé, peuvent pourtant exposer fortement les opérateurs.
Dans toutes ces situations, le danger tient à la taille des particules émises. Les poussières de silice cristalline alvéolaire sont invisibles à l’œil nu, ne provoquent pas de gêne immédiate. C’est l'exposition répétée, souvent banalisée sur les chantiers, qui constitue le principal facteur de risque.
🔍 Le vrai du faux
Est-ce qu’un chantier à l’extérieur élimine le danger ?
❌ Faux…
Travailler à l’air libre réduit la concentration des poussières, mais n’annule pas les risques d’inhalation, surtout sans vent ou en cas d’exposition prolongée à proximité de la source.
Le risque reste présent si les poussières sont générées de manière continue ou en grande quantité.
💡 Même en extérieur, portez un masque adapté et privilégiez les techniques humides ou avec aspiration.
Quels sont les dangers et la toxicité de la silice cristalline alvéolaire ?
CSTB / ANSES *
CSTB / ANSES *
INRS **
Les effets sur la santé à court et long terme
À court terme, l’inhalation de poussières de silice peut provoquer des irritations des voies respiratoires, une toux persistante ou une sensation d’oppression thoracique. Ces signes sont souvent banalisés, car ils ressemblent à des troubles passagers.
À plus long terme, de 10 à 30 ans après l'exposition aux poussières, l’exposition répétée peut entraîner des maladies pulmonaires chroniques, en particulier la silicose. Cette pathologie se caractérise par une fibrose progressive des poumons, irréversible, qui réduit durablement la capacité respiratoire.
La silice cristalline peut également aggraver des pathologies existantes, comme l’asthme ou les bronchites chroniques, rendant l’effort physique de plus en plus difficile au fil du temps.
Lien avec le cancer : ce que disent les données scientifiques
La silice cristalline inhalée sous forme de poussières fines est aujourd’hui classée cancérogène pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Ce classement scientifique a des conséquences directes en matière d’obligations réglementaires sur les chantiers.
Un autre point essentiel mis en évidence par ces études est l’absence de seuil sans risque. Autrement dit, il n’existe pas de niveau d’exposition en dessous duquel le risque serait nul. Ce n’est pas un pic ponctuel qui pose problème, mais bien l’exposition cumulée au fil des années, même à des concentrations faibles.
Exposition à la silice cristalline : quels métiers sont les plus concernés ?
Dans le bâtiment, l’exposition à la silice cristalline dépend surtout de la récurrence des interventions sur des matériaux minéraux. Certains métiers y sont confrontés de manière quasi quotidienne, parfois sans en avoir pleinement conscience, car les poussières font partie de l’environnement de travail habituel.
Maçons et coffreurs
Les maçons et coffreurs figurent parmi les métiers les plus exposés. Leur activité implique une présence constante sur des supports minéraux, du gros œuvre à la rénovation. L’exposition se caractérise moins par des pics isolés que par une répétition régulière, chantier après chantier, sur des durées parfois longues.
Carreleurs et chapistes
Ces métiers sont exposés de façon continue mais diffuse. Les interventions nécessitent de nombreux ajustements et reprises sur des matériaux minéraux, souvent en intérieur. L’exposition est parfois sous-estimée, car elle s’inscrit dans des tâches courtes mais fréquentes, réparties sur toute la durée du chantier.
Tailleurs de pierre et marbriers
Les professionnels travaillant la pierre naturelle sont concernés de manière structurelle. Leur exposition est liée à la nature même des matériaux, souvent riches en silice cristalline. Selon le contexte (atelier, chantier, espace semi-fermé), l’accumulation des poussières peut renforcer le risque dans le temps.
Entreprises de démolition
La démolition se distingue par des niveaux d’empoussièrement élevés, concentrés sur des phases spécifiques du chantier.
Même si ces interventions sont ponctuelles, l’intensité de l’exposition et la remise en suspension prolongée des poussières justifient une vigilance particulière.
Métiers techniques du second œuvre
Plombiers, électriciens et autres corps d’état techniques ne sont pas exposés en permanence, mais interviennent régulièrement sur des supports minéraux existants. Ces expositions sont souvent irrégulières et peu anticipées, ce qui peut conduire à une sous-évaluation du risque, notamment lors d’interventions rapides ou en rénovation.
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Réglementation sur la silice cristalline : ce que prévoit le code du travail
Depuis le 1er janvier 2021, les poussières de silice cristalline alvéolaire inhalées sont intégrées au régime des agents CMR (cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction). Ce classement est formalisé dans le Code du travail à l’article R.4412-60, qui définit les substances relevant de ce régime et déclenche une série d’obligations spécifiques pour l’employeur.
Obligation d’évaluer le risque dès qu’un chantier est concerné
Le Code du travail impose à l’employeur d’évaluer les risques liés aux agents chimiques dangereux, y compris la silice cristalline, conformément à l’article R.4412-5.
"L’employeur évalue les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs résultant de l’exposition aux agents chimiques dangereux."
Dès qu’un chantier comporte des opérations susceptibles de générer des poussières, cette évaluation doit être intégrée au DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels).
Cette analyse ne peut pas se limiter à une mention générique. Elle doit prendre en compte :
- la nature des matériaux,
- les procédés utilisés,
- la durée et la fréquence des interventions,
- les conditions réelles de travail (intérieur, ventilation, coactivité).
Priorité à la suppression ou à la réduction du risque à la source
L’article R.4412-66 du Code du travail est très clair : lorsque l’exposition à un agent CMR est possible, l’employeur doit en priorité supprimer le risque ou le réduire au niveau le plus bas techniquement possible.
Cela implique, avant même de parler de masques :
- d’adapter les procédés de travail
- de choisir des équipements limitant l’émission de poussières
- d’organiser le chantier pour réduire le nombre de personnes exposées
Les équipements de protection individuelle ne sont envisagés qu’en complément, lorsque le risque ne peut pas être totalement maîtrisé par des mesures collectives.
Information, formation et traçabilité des expositions
Le Code du travail impose également une information précise des travailleurs exposés, conformément à l’article R.4412-87.
Les salariés doivent connaître :
- les risques liés à la silice cristalline
- les situations d’exposition
- les mesures de prévention mises en place
Par ailleurs, l’employeur doit assurer la traçabilité des expositions aux agents CMR (article R.4412-93), afin de permettre un suivi dans le temps, y compris après un changement de poste ou la fin de l’activité.
Important :
Ces obligations ne sont pas optionnelles. En cas de contrôle ou d’accident, l’absence d’évaluation, de prévention adaptée ou de traçabilité peut engager la responsabilité de l’employeur, sur le plan administratif comme pénal.
Quelles sont les valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) en vigueur ?
Les valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) fixent la concentration maximale de poussières à laquelle un travailleur peut être exposé, sur une journée de travail.
La silice cristalline peut se présenter sous différentes formes minérales. Dans le bâtiment, la plus courante est le quartz, mais certaines opérations ou certains matériaux peuvent également contenir d’autres formes, comme la cristobalite ou la tridymite, notamment après transformation thermique ou dans certains produits industriels.
Les VLEP actuellement en vigueur sont les suivantes :
- Quartz (forme la plus fréquente dans le BTP)
👉 0,1 mg/m³ - Cristobalite (forme plus rare, mais plus restrictive)
👉 0,05 mg/m³ - Tridymite (forme également plus rare)
👉 0,05 mg/m³
Comment savoir si l’on dépasse les VLEP ?
À l’œil nu, il est impossible de savoir si les valeurs limites d’exposition professionnelle sont dépassées. La seule manière fiable de vérifier le respect des VLEP repose sur des mesures d’empoussièrement dans l’air. Ces mesures doivent être réalisées par un organisme compétent, à partir de prélèvements effectués dans la zone respiratoire des travailleurs, sur des périodes représentatives de l’activité.
Ces contrôles permettent :
- de connaître la concentration réelle de poussières de silice cristalline
- de la comparer aux VLEP réglementaires
- d’identifier les situations ou phases de chantier les plus exposantes
En l’absence de mesure, l’employeur doit raisonner en approche préventive. Dès lors que les matériaux et les procédés sont connus pour générer des poussières fines, le risque de dépassement doit être considéré comme possible. Cette approche justifie la mise en place de mesures de prévention renforcées, même sans dépassement formellement constaté.
Par ailleurs, les résultats des mesures doivent être conservés et tracés, car ils constituent un élément clé du suivi de l’exposition et peuvent être demandés en cas de contrôle ou de questionnement de la médecine du travail.
Beaucoup de situations à risque viennent de chantiers mal préparés ou de demandes floues. Quand le projet est clair dès le départ, on travaille plus sereinement et dans de meilleures conditions. Habitatpresto Pro vous transmet des demandes détaillées avec un vrai projet en face.
Prévenir et réduire l’exposition : les solutions concrètes sur chantier
Réduire l’exposition à la silice cristalline ne repose pas sur une mesure unique. Sur le terrain, ce sont des choix techniques, une organisation adaptée et quelques bons réflexes qui font la différence. Pris séparément, ces ajustements peuvent sembler mineurs. Additionnés, ils réduisent fortement l’exposition réelle des équipes.
Agir à la source : limiter la formation de poussières
Le moyen le plus efficace de prévention consiste à empêcher la poussière de se former. Moins il y a de poussières émises, moins il y a de risque à gérer ensuite, quelle que soit la durée du chantier.
Nos recommandations :
- Lors de la découpe de carrelage, de dalles béton ou de matériaux minéraux, privilégier un outil avec arrosage intégré plutôt qu’une coupe à sec.
- Pour les perçages répétés dans des murs ou des planchers, utiliser des systèmes de captage à la source reliés à un aspirateur adapté, plutôt qu’un perçage "à nu".
Adapter l’outillage et les équipements
À tâche équivalente, le niveau d’empoussièrement dépend fortement du matériel utilisé. Deux chantiers identiques peuvent générer des expositions très différentes selon l’outillage choisi.
Nos recommandations :
- Préférer des outils équipés de carters avec captage plutôt que des machines utilisées sans aspiration.
- Utiliser un aspirateur de chantier adapté aux poussières fines, correctement entretenu, et vérifier régulièrement l’état des filtres.
Organiser le chantier pour limiter l’exposition
La prévention ne repose pas uniquement sur l’outil, mais aussi sur l’organisation du travail. Limiter le nombre de personnes exposées et la durée d’exposition réduit mécaniquement le risque.
Nos recommandations :
- Isoler les zones les plus poussiéreuses et éviter la coactivité pendant ces phases.
- Planifier les travaux générant le plus de poussières sur des plages horaires dédiées, avec un nombre limité d’intervenants.
- Ventiler les locaux, même de façon simple, surtout en rénovation intérieure.
💡 Bon à savoir :
Sur un chantier en intérieur, une mauvaise ventilation peut maintenir des poussières fines en suspension plusieurs heures après l’arrêt des travaux, exposant des personnes qui n’étaient pas présentes lors de l’opération initiale.
Nettoyer sans remettre les poussières en suspension
Le nettoyage de fin de chantier peut être une phase fortement exposante si les poussières déjà déposées sont remises en circulation dans l’air.
Nos recommandations :
- Éviter le balayage à sec, en particulier en fin de chantier.
- Privilégier l’aspiration ou le nettoyage humide des sols et des surfaces.
- Nettoyer régulièrement les zones de travail plutôt que d’attendre la fin du chantier.
Utiliser les protections respiratoires quand le risque persiste
Certaines situations restent exposantes malgré les mesures techniques et organisationnelles. Les protections respiratoires deviennent alors indispensables pour réduire l’inhalation des poussières fines.
Nos recommandations :
- Porter un masque adapté aux poussières fines type FFP3 lors de travaux courts mais très poussiéreux, comme une démolition ponctuelle ou une reprise localisée.
- Vérifier que le masque est en bon état, bien ajusté et porté correctement.
💡 Bon à savoir :
Un masque FFP2 peut filtrer une partie des poussières, mais il n’est pas suffisant pour les poussières de silice cristalline alvéolaire.
Former et sensibiliser les équipes au quotidien
La prévention est plus efficace lorsque les équipes comprennent le risque et savent l’identifier dans leur quotidien.
Nos recommandations :
- Mettre en place une signalétique claire sur le chantier (affichage, pictogrammes, rappels visuels) aux endroits stratégiques.
- Rappeler les bons réflexes lors des briefings de chantier ou des prises de poste.
- Encourager les remontées terrain lorsqu’un outil ou un procédé génère trop de poussières.
👷 Le Conseil du Pro : faites-vous accompagner !
Travailler sérieusement la prévention de la silice cristalline ne se fait pas seul, et ce n’est pas un hasard. Des organismes comme l’OPPBTP et l’INRS accompagnent concrètement les chefs d’entreprise du bâtiment pour identifier les situations à risque, structurer un plan d’actions et choisir les bons leviers techniques. Côté financement, l’Assurance Maladie – Risques professionnels propose des subventions prévention capables de prendre en charge une partie des investissements matériels ou des formations liées aux poussières de silice. Ces aides permettent d’agir avant que le sujet ne devienne un problème humain, juridique… ou économique.
Les questions fréquentes
Quelle est la différence entre la silice et la silice cristalline ?
Le béton contient-il de la silice ?
Quelle est la source la plus courante de silice cristalline ?
Quels sont les trois types de silice cristalline ?
Quels sont les symptômes de la poussière de silice cristalline ?
Lexique
- Abattage à la source : L’abattage à la source est une méthode de réduction des poussières par captation ou arrosage au point d’émission. Indispensable lors de travaux de coupe ou ponçage de matériaux siliceux, il améliore la sécurité et permet de respecter les obligations réglementaires.
- Agent chimique dangereux (ACD) : Un ACD est une substance présentant un risque pour la santé, comme la silice cristalline. Sa présence sur chantier impose des mesures spécifiques de prévention, sous peine de non-conformité.
- Aspiration à haute efficacité (HEPA) : Une aspiration HEPA filtre les particules fines comme la silice alvéolaire. Elle est indispensable sur les aspirateurs de chantier utilisés en zones à forte émission de poussières.
- Balayage à sec interdit : Le balayage à sec est strictement interdit sur les chantiers exposés à la silice, car il remet en suspension des particules toxiques. Il doit être remplacé par un nettoyage humide ou aspiré.
- CMR (Cancérigène, Mutagène, Reprotoxique) : Ce classement désigne les substances à haut risque pour la santé. La silice cristalline est un CMR avéré, impliquant une évaluation spécifique du risque et un suivi médical renforcé.
- Concentration moyenne pondérée (CMP) : La CMP est la moyenne des poussières inhalées sur 8 heures. Pour la silice cristalline, elle ne doit pas dépasser 0,1 mg/m³. Ce seuil déclenche l’obligation de protections collectives et individuelles.
- Cristobalite : La cristobalite est une forme de silice cristalline présente dans certains matériaux réfractaires. Elle a les mêmes effets nocifs que le quartz et impose les mêmes précautions.
- EPI (masque FFP3) : Le masque FFP3 est l’équipement de protection respiratoire adapté contre les poussières fines de silice. Il doit être porté lorsque la captation ou le sciage humide ne suffisent pas.
- INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) : L’INRS est la référence en matière de prévention dans le BTP. Il publie des fiches pratiques pour limiter l’exposition à la silice cristalline sur les chantiers.
- Matériaux siliceux : Béton, brique, granite, mortier… tous ces matériaux contiennent naturellement de la silice cristalline. Leur découpe génère des poussières toxiques, nécessitant des mesures adaptées.
- Méthode METROSilice : Cette méthode standardisée permet de mesurer les niveaux de silice inhalés par un travailleur. Elle est utilisée pour contrôler le respect des seuils réglementaires.
- Poussières alvéolaires : Ce sont des particules de très petite taille (<10 µm) qui pénètrent dans les poumons. Lorsqu’elles contiennent de la silice, elles sont à l’origine de pathologies graves comme la silicose ou certains cancers.
- Sciage humide : Le sciage humide limite fortement la dispersion de poussières siliceuses. Il doit être systématisé dès que techniquement possible sur les chantiers de découpe.
Références :
- Guide pratique la prévention du risque poussières en atelier et sur chantier, Iris-St
- Les risques liés à l’inhalation de poussières de silice cristalline dans le BTP, Prévention BTP
- Fiches pratiques Silice Cristalline, Plan Régional Santé au Travail
- La silice cristalline, CSTB
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