Droit de retrait température froid : ce que la loi permet ou non sur un chantier

+ de 35 000 pros ont rempli leur planning avec Habitatpresto Pro ! Pourquoi pas vous ?

Je veux recevoir des demandes de chantiers
✓ Conseillers dédiés
✓ Chantiers qualifiés
✓ Dans vos métiers & secteurs
Droit de retrait température froid : ce que la loi permet ou non sur un chantier

Le froid peut-il vraiment arrêter un chantier ? À partir de quand travailler par grand froid devient-il trop dangereux ? Sur les chantiers en hiver, notamment en extérieur, le droit de retrait n’est ni un caprice, ni un prétexte : c’est une protection face à un danger réel. Sol gelé ou enneigé, équipements glissants, vent glacial, travail en hauteur, mains engourdies..., jusqu'où peut-on aller ? Voici comment anticiper le retour du froid et agir sur le terrain pour éviter que la situation dégénère en conflit ou en accident et qu'un chantier se retrouve à l'arrêt forcé.

Qu’est-ce que le droit de retrait ? Définition

Le droit de retrait permet à un salarié de cesser immédiatement son travail s’il a un motif raisonnable de penser que sa situation présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.

Il n’a pas besoin d’attendre l’accord de l’employeur pour exercer son droit de retrait, mais il doit l’alerter sans délai (chef de chantier, responsable, dirigeant). Le salarié ne doit pas se mettre en danger en quittant son poste et doit rester disponible si une zone sûre existe sur le site.

Si le danger est réel, l’employeur ne peut ni sanctionner son collaborateur, ni prévoir de retenue sur son salaire. Sur chantier, cela peut concerner le froid extrême, un sol gelé et glissant, un matériel défaillant, une chute imminente ou toute situation rendant le travail dangereux.

Droit d’alerte et de retrait : quelles différences ?

  • Le droit d’alerte consiste à signaler une situation dangereuse à l’employeur : matériel défectueux, conditions météo à risques, organisation défaillante susceptible de mettre en danger les équipes... Il vise à faire corriger le problème.
  • Le droit de retrait correspond à l’étape suivante : le salarié se met en retrait parce qu’il estime que le danger est grave et immédiat et qu’il ne peut pas continuer à travailler dans ces conditions.

Concrètement, un salarié alerte d’abord, avant d'exercer son droit de retrait si la situation n’est pas sécurisée ou si le danger est trop important pour attendre. L’alerte sert à prévenir, le retrait sert à se protéger.

Droit de retrait température froid : que dit le Code du travail ?

Le Code du travail ne fixe aucune température minimale susceptible de déclencher automatiquement le droit de retrait. L'article L4131-1 du Code du travail pose en revanche un principe clair : le salarié peut se mettre en retrait s’il estime, de façon raisonnable, que continuer à travailler l'expose à un risque sérieux et immédiat pour sa santé ou sa sécurité. Le froid entre dans ce cadre dès qu’il rend le travail dangereux de façon concrète.

👉 Sur un chantier, une exposition prolongée sans possibilité de se réchauffer, des mains engourdies qui font perdre la dextérité, un sol gelé et glissant, un vent fort augmentant le froid “ressenti” ou des tâches statiques en extérieur par températures très basses peuvent notamment être mis en cause. Le salarié doit alerter immédiatement l’employeur ou le chef de chantier, puis peut stopper ses missions sans attendre une autorisation.

Du côté de l'employeur, l’obligation est d’anticiper et prévenir afin de mettre en place des mesures de prévention appropriées : intégrer le froid dans l’évaluation des risques, adapter l’organisation (horaires, rotation des postes...), fournir des EPI adaptés aux conditions de travail, prévoir des pauses au chaud et ajuster le planning. Si le danger persiste malgré ces mesures, le droit de retrait peut être légitimement exercé.


Anticiper le retour du froid, c’est aussi anticiper les trous dans le planning. Plus vous avez de demandes qualifiées sous la main, plus vous pouvez réorganiser vos équipes en cas d'intempéries. Habitatpresto Pro vous apporte des projets adaptés à votre métier et à votre zone d'intervention !

Recevez rapidement des leads travaux qualifiés

Droit de retrait température minimale : qu'en est-il ?

Il n’existe pas de température “officielle” minimale pouvant déclencher automatiquement le droit de retrait, mais le froid peut le justifier dès qu’il crée un danger réel pour la santé ou la sécurité.

📈 En chiffres
30 %
Chaleur corporelle qui s'évacue par la tête, très sensible au changement de température
Prévention BTP
2h
Fréquence recommandée pour une pause au chaud lorsqu'un travailleur exerce en extérieur
Prévention BTP
5 °C
Seuil en dessous duquel un travailleur exposé au froid court un risque important (hypothermie, malaises, engelures...)
INRS


Droit de retrait froid : aucune température seuil fixée par le Code du travail pour l'extérieur

Le Code du travail ne donne pas de valeur minimale du type "en dessous de X °C, on arrête". Sur un chantier extérieur, la règle n’est donc pas un thermomètre, mais l’évaluation du risque réel : froid intense, vent fort, humidité, gel au sol, tâches statiques, matériel difficile à manipuler. Si ces conditions exposent le salarié à un danger sérieux (engelures, hypothermie, chute, perte de dextérité), le droit de retrait peut être exercé.

📌
Sur le même sujet :
Grand froid et chantiers du bâtiment : réglementation et solutions

Droit de retrait pour froid : en intérieur, une température "convenable" exigée

Dans les locaux fermés (base vie, atelier, zone couverte...), l’employeur doit maintenir une température compatible avec l’activité. Le Code du travail ne donne pas de chiffre précis, mais parle d’une température "convenable" selon l’usage des locaux et le type de travail. Un local trop froid pour se changer, manger ou se reposer peut donc être considéré comme non conforme.

Droit de retrait salarié : la notion de "danger grave et imminent" comme critère clé

Le salarié peut exercer son droit de retrait s’il a un motif raisonnable de penser que la situation présente un danger grave et imminent. Par temps froid, cela peut être le cas si le corps ne se réchauffe plus malgré les pauses, les mains deviennent insensibles, les sols sont gelés et glissants, les vêtements ne protègent pas assez ou si le travail impose de rester immobile longtemps. Ce n’est pas le chiffre sur le thermomètre qui compte, mais ses effets concrets sur le travail.

Ce que l’employeur doit faire en amont

Pour éviter d’en arriver là, l’employeur doit anticiper le froid dans l’organisation : vêtements et EPI adaptés, boissons chaudes, abris chauffés, pauses régulières, adaptation des horaires, rotation des postes, report de certaines tâches trop exposées. Le froid doit être intégré au document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) comme un risque à part entière.

Ce que l’employeur doit faire sur un chantier par temps froid

Un chantier peut continuer par temps froid si des mesures efficaces sont mises en place. En revanche, si malgré ces mesures, les salariés restent exposés à un danger réel, le droit de retrait peut s’appliquer même sans température minimale "officielle". Le meilleure chose à faire est d’initier rapidement un dialogue entre le chef de chantier et les équipes pour adapter l'organisation et ajuster le travail avant que la situation ne devienne critique et dangereuse.


Même avec de l’expérience, on reste tributaire de la météo. La différence se fait sur la capacité à rebondir vite. Recevoir des demandes de devis en continu permet de replacer ses équipes sans attendre. Habitatpresto Pro vous aide à garder cette souplesse tout au long de l'année !

Signez de nouveaux chantiers de particuliers

Droit de retrait neige : est-ce un motif raisonnable ?

La neige peut constituer un motif raisonnable de droit de retrait si elle crée un danger réel et immédiat. Ce n’est pas la neige en elle-même qui peut justifier la démarche du salarié, mais ses effets concrets sur la sécurité : sol glissant, accès dangereux, risque de chutes de hauteur, circulation de véhicules difficile, manutention instable, visibilité réduite.

👉 Par exemple, travailler sur une toiture enneigée, un échafaudage gelé, une tranchée boueuse et glissante ou des accès non sécurisés peut exposer directement à un risque de chute grave. Dans ce cas, le salarié peut alerter son employeur, puis interrompre son activité s'il pense que les conditions ne sont pas réunies pour travailler en toute sécurité.

En revanche, si l’employeur a sécurisé les accès, déneigé, salé, adapté l’organisation et fourni des équipements antidérapants, la simple présence de neige ne suffit pas à justifier un droit de retrait. Comme pour le froid, tout repose sur l’existence d’un danger grave et imminent, apprécié au cas par cas, selon les conditions réelles du chantier.

Travail par grand froid : quelles sont les obligations de l'employeur ?

Quand les températures chutent, l’employeur doit adapter l’organisation du chantier pour protéger la santé des équipes et éviter les situations dangereuses.

Évaluer le risque froid et l’intégrer au DUERP

Le froid est un risque professionnel à part entière. L’employeur doit l’identifier dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et prévoir des mesures adaptées selon le type de chantier, l’exposition au vent, l’humidité et la nature des tâches. Ce travail d’anticipation sert de base pour décider des équipements, de l’organisation et des procédures en cas de conditions extrêmes.

Fournir des équipements adaptés au froid

L’employeur doit mettre à disposition des équipements de protection individuelle (EPI) qui protègent réellement les collaborateurs : vêtements chauds et imperméables, gants isolants compatibles avec le travail, tour de cou, chaussures de sécurité adaptées au froid et aux sols glissants, protections contre le vent. Si les équipements ne permettent pas de travailler sans risque, l’obligation de sécurité n’est pas remplie.

Aménager l’organisation du travail

Le froid impose d’adapter les horaires, de prévoir des rotations sur les postes exposés, de limiter les tâches statiques ou les efforts trop intenses en extérieur, de regrouper les travaux les plus sensibles aux heures les moins froides de la journée et d'éviter au maximum que des collaborateurs travaillent de manière isolée. Le planning doit rester souple pour tenir compte de la météo réelle, pas seulement des délais prévus.

📌
Pour aller plus loin :
Journée continue dans le bâtiment : obligations et avantages

Prévoir des moyens pour se réchauffer

Des pauses régulières dans un espace chauffé doivent être possibles : base vie chauffée, abri mobile, local chauffé à proximité. L’accès à des boissons chaudes est fortement recommandé. Sans possibilité de se réchauffer, l’exposition prolongée au froid devient rapidement dangereuse.

Sécuriser les accès et les zones de travail

Le gel et la neige rendent les sols, échafaudages, échelles et toitures glissants. L’employeur doit sécuriser les accès, saler, déneiger, installer des protections antidérapantes et vérifier l’état du matériel. Si ces conditions ne peuvent pas être réunies, certaines tâches doivent être reportées.

Informer rapidement les équipes

Les salariés doivent savoir comment réagir si le froid devient dangereux : qui prévenir, quand faire une pause, quand arrêter une tâche trop exposée. L’employeur ou le chef de chantier doit organiser le dialogue sur chantier et prévoir une procédure claire pour éviter que la situation ne dégénère en conflit ou en accident.

Adapter ou suspendre le chantier si nécessaire

Si malgré toutes les mesures prises, le froid crée toujours un danger grave et immédiat, l’employeur doit accepter d’adapter l’activité ou de suspendre certaines opérations. Continuer coûte que coûte expose à des accidents, à des arrêts de chantier et à des conséquences juridiques lourdes.


Protéger ses équipes est indispensable. Protéger aussi son activité l’est tout autant. En recevant régulièrement des demandes qualifiées, vous évitez que les aléas météo mettent votre entreprise à l’arrêt. Avec Habitatpresto Pro, recevez des projets ciblés pour lisser vos périodes creuses !

Décrochez des chantiers rentables tout au long de l'année

Pendant combien de temps un salarié peut-il exercer son droit de retrait ?

Le droit de retrait dure tant que le danger persiste. Il n’y a pas de durée maximale fixée par la loi : le salarié peut rester en retrait aussi longtemps que la situation présente un danger grave et immédiat pour sa santé ou sa sécurité.

Dès que l’employeur a pris des mesures efficaces pour supprimer le risque, le salarié doit reprendre le travail. Sur chantier, cela peut être après le dégel du sol, la sécurisation d’un accès, la mise à disposition d’EPI adaptés ou une réorganisation des tâches. Le droit de retrait n’est donc pas un arrêt "à durée libre", mais une protection temporaire liée à un risque précis.

🛑 Droit de retrait abusif : quelles sanctions pour les salariés ?

Si le droit de retrait est exercé sans danger réel, il peut être considéré comme abusif. Dans ce cas, l’employeur peut décider de ne pas payer les heures non travaillées et engager une sanction disciplinaire, pouvant aller de l’avertissement à une sanction plus lourde selon la gravité et la répétition.

Toutefois, l’employeur doit être capable de prouver que le danger invoqué n’était pas sérieux ni immédiat. Dans les faits, c’est souvent au juge qu’il revient de trancher en cas de litige.

🔍 Le vrai du faux

Est‑ce que le droit de retrait protège le salarié contre toute sanction ou retenue de salaire ?

Faux...
Le droit de retrait exercé "de manière légitime" par le salarié ne peut pas entraîner de sanction, de retenue de salaire ou de licenciement. En revanche, si le droit de retrait est jugé abusif ou non justifié, des conséquences disciplinaires peuvent être envisagées par l'employeur.

Faut‑il toujours arrêter un chantier dès que la température descend sous 0 °C ?

Faux...
Le Code du travail ne précise pas de température minimale en cas de grand froid qui impose l’arrêt automatique et la suspension provisoire d'un chantier. Le risque dépend de plusieurs facteurs : vent, humidité, durée d’exposition, intensité de l’effort, protections individuelles mises à disposition...

Suffit-il de s’habiller chaudement pour travailler normalement quand il fait très froid ?

Faux...
Superposer les couches de vêtements ne fait pas tout : il peut malgré tout être difficile, voire dangereux, de travailler sur un chantier par grand froid. Un froid extrême diminue la dextérité, augmente le risque de gelures et d’hypothermie, et fatigue plus vite. Même bien couvert, si les mains, les pieds, la tête ou le visage ne sont pas protégés, les risques peuvent être importants.

📌 Droit de retrait exemple : réfection d’une toiture par temps froid

Mi-décembre, une entreprise spécialisée est intervenue sur un chantier de réfection de toiture en tuiles sur une maison individuelle en zone périurbaine. Quand l'équipe est arrivée sur place à 8h, les températures étaient encore légèrement en dessous de 0 °C. Après une nuit de gel accompagnée de pluie verglaçante et de faibles chutes de neige au petit matin, le toit est recouvert d’une fine couche de glace brillante. Le sol encore enneigé est glissant, les tuiles sont froides et humides et le toit est partiellement glacé.

Les risques concrets observés sur place

En montant sur le toit, les couvreurs constatent que l'échelle de toit à crochet n'est pas très stable, que les tuiles glissent sous les pieds et que la prise en main des outils est moins sûre. Le moindre faux pas peut entraîner une chute de plusieurs mètres. Le chef d’équipe remarque aussi que la ligne de vie est difficile à utiliser correctement à cause du gel sur certains points d’ancrage.

L’alerte donnée par l’équipe

Les salariés préviennent immédiatement le chef de chantier que les conditions rendent le travail dangereux. Ils expliquent que le risque de chutes est trop élevé et que la toiture est impraticable tant que le gel n’a pas disparu. Le chef de chantier constate lui-même l’état glissant de la couverture et des accès, en demandant aux équipes de faire preuve d'une très grande vigilance.

L’exercice du droit de retrait

Face à ce danger immédiat, l’équipe exerce son droit de retrait. Les couvreurs ne quittent pas le chantier sans prévenir : ils restent dans la zone sécurisée, en bas, à l’abri, en attendant une décision. Le travail sur toiture est suspendu tant que la surface reste gelée et glissante.

Les mesures prises par l’entreprise

Le chef d’entreprise décide de décaler l’intervention en toiture à l’après-midi, lorsque le soleil aura fait fondre le gel. Il réorganise la journée : rangement du matériel, préparation des éléments à poser, travaux en intérieur sur un autre chantier à proximité. Il fait aussi saler et sécuriser les accès.

La reprise du travail

Aux alentours de 14h30, la toiture n’est plus glissante, les accès sont sécurisés et les EPI sont adaptés. Le chef de chantier valide la reprise. L’équipe remonte sur le toit en sécurité et le chantier peut continuer sans incident.

Cet exemple montre que le droit de retrait n’est pas un blocage définitif, mais un outil pour éviter un accident grave lorsque les conditions rendent le travail dangereux.

❄️ Le témoignage du Pro : la météo, une contrainte à prendre en compte

Elie Reinhard est à la tête de l'entreprise R.E Rénovation, spécialisée dans les travaux de couverture et de façade. Basé à Lezoux, dans le Puy-de-Dôme (63), et membre du réseau d’artisans Habitatpresto depuis quelques mois, il est intervenu sur la toiture atypique de 230 m² d'une maison, pour nettoyer et appliquer un traitement hydrofuge sur le toit. Un chantier technique et exigeant, rendu plus compliqué par une météo instable qui a obligé le professionnel à s’adapter en permanence.

"Pour nous, les travailleurs en extérieur, on est malheureusement tributaire du temps. Surtout sur des chantiers de couverture et de façade, où typiquement, on peut être freiné par la météo, notamment au retour du froid et à l’approche de l’hiver, avec du gel le matin, de la neige ou plusieurs jours consécutifs de pluie. Du fait du mauvais temps, j'ai pris 4 à 5 jours de retard sur mon planning initial, tout en calant d'autres plus petits chantiers à la place. Donc, oui, c’est assez contraignant", reconnaît Elie Reinhard.

"C’est un facteur à prendre en compte, à évoquer au préalable avec le client, qui fait que certains chantiers peuvent durer parfois un peu plus longtemps que prévu", explique le chef d'entreprise.

"On est sur des métiers physiques, on travaille en extérieur par tous les temps et en hauteur. Il faut sortir l’échelle de toit, la nacelle..., l’important, c’est de toujours travailler en sécurité, avec un harnais bien attaché, pour ne pas risquer de se mettre en danger", insiste le couvreur.


Couvreur, maçon, électricien, plombier, chauffagiste, peintre en bâtiment..., ne courez plus après les chantiers ! Avec Habitatpresto Pro, c’est plus de 4 000 projets de particuliers qui viennent à vous tous les mois ! N'attendez pas pour transformer ces demandes qualifiées en chantiers tout au long de l'année !

Des particuliers n'attendez que vous !

⏳ PME du bâtiment : anticipez le retour du froid pour sécuriser votre planning et vos devis !

Quand le retour du froid est annoncé, le problème n’est pas seulement de protéger vos équipes : il faut aussi protéger votre activité. Un chantier stoppé à cause de la météo se traduit par des délais qui s'allongent, des clients qui s’impatientent et des devis qui tombent à l'eau. Le bon réflexe, pour un dirigeant d'une entreprise du bâtiment, est de croiser la météo, le planning des chantiers et les devis en cours.

Chaque semaine pendant la saison froide, identifiez les chantiers sensibles au froid et prévoyez un "plan B" : dans la mesure du possible, basculez certaines équipes sur des travaux en intérieur, sur des dépannages ou des chantiers moins exposés.

Côté devis, évitez de promettre des délais intenables en plein hiver. La secrétaire ou le responsable commercial doit intégrer le facteur météo dès la prise de contact avec un potentiel client : type de travaux, exposition au froid, marge de sécurité dans le planning. Mieux vaut annoncer un délai un peu plus long que subir un arrêt pour droit de retrait.

Enfin, utilisez les périodes de gel pour optimiser les ressources : former, préparer les prochains chantiers et relancer les devis en attente. En anticipant les périodes de froid, vous protégez vos salariés, mais aussi votre chiffre d’affaires et votre crédibilité commerciale.

C'est aussi l'occasion de fixer et/ou rappeler les règles simples, lorsque des chantiers se tiennent en extérieur : pauses au chaud régulières, temps de récupération supplémentaires, rotation des postes exposés, priorité aux tâches les moins physiques et aux efforts les moins intenses le matin, possibilité de reporter certaines opérations trop sensibles au gel. Plus ces règles sont claires, moins il y a de tensions sur les chantiers.

👷 Le Conseil du Pro : abordez le sujet du froid avec vos équipes avant l'hiver !

Avant le retour du froid, des premières gelées et des températures négatives, prenez le temps de réunir vos équipes, au dépôt ou directement sur un chantier. L’objectif est simple : que chacun sache exactement quoi faire quand les conditions deviennent trop difficiles ou dangereuses pour continuer à travailler.

Expliquez clairement ce qu’est le droit de retrait, dans quelles situations il peut s’appliquer et ce que vous attendez de vos salariés avant d’en arriver là. Dites-leur concrètement comment réagir : qui prévenir en priorité (chef de chantier, conducteur de travaux, dirigeant), par quel moyen et ce qui se passe ensuite. Par exemple, vous pouvez décider ensemble que si le sol est gelé et glissant ou que le travail devient dangereux, l’équipe s’arrête quelques minutes pour faire le point plutôt que chacun décide seul dans son coin.

Ce temps d’échange sert aussi à écouter vos équipes. Leurs retours permettent d’ajuster l’organisation et d’éviter les malentendus, les arrêts brutaux et les tensions sur site. 15 ou 20 minutes de discussions en amont valent mieux qu’un chantier bloqué en plein hiver et sous la neige, avec du retard, des clients mécontents et des équipes à bout.


❓ Foire aux questions (FAQ)

Quels sont les EPI obligatoires pour travailler par grand froid sur un chantier ?

Il n’existe pas de liste unique selon la loi, mais l’employeur doit fournir des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés aux risques liés au grand froid. Concrètement, cela inclut des vêtements chauds et imperméables, des gants isolants permettant de travailler, des chaussures de sécurité adaptées au froid et au sol glissant, ainsi que des protections contre le vent et l’humidité. Le choix dépend des tâches réalisées et des conditions météo. Si les EPI ne protègent pas efficacement les salariés contre le froid, l’employeur ne respecte pas son obligation de sécurité.

Puis-je refuser de travailler s’il fait trop froid ?

Oui, un salarié peut refuser de travailler s’il a un motif raisonnable de penser que le froid crée un danger grave et imminent pour sa santé ou sa sécurité. Ce n’est pas tant la température qui compte, mais ses effets concrets : engourdissement, perte de dextérité, sol gelé, exposition prolongée sans possibilité de se réchauffer... Le salarié doit d’abord alerter son employeur ou le chef de chantier. Si la situation est réellement dangereuse, il peut exercer son droit de retrait sans attendre.

Comment exercer son droit de retrait en cas de froid extrême sur un chantier ?

Le salarié doit prévenir immédiatement son employeur ou son chef de chantier, en expliquant pourquoi il estime la situation dangereuse. Il se met ensuite en retrait sans se mettre lui-même en danger et sans quitter définitivement le site si une zone sûre est disponible. Il ne doit pas reprendre son poste tant que le danger persiste. L’exercice du droit de retrait doit rester proportionné et lié à un risque réel.

Droit de retrait salarié : payé ou pas par l’employeur ?

Si le droit de retrait est exercé de manière légitime, le salarié est payé normalement. L’employeur ne peut pas procéder à une retenue de salaire, ni sanctionner le salarié tant que le danger est réel et sérieux. En revanche, si le droit de retrait est exercé de façon abusive, sans danger ou risque avéré, l’employeur peut contester et engager des retenues ou des sanctions.

Droit de retrait salaire : quel impact pour la paie de vos salariés ?

Quand le droit de retrait est justifié, le salaire est maintenu comme si le salarié avait travaillé. Il n’y a pas de baisse de paie, ni de jour non payé. Si l’employeur estime que le retrait n’était pas fondé, il peut décider de ne pas payer les heures non travaillées, mais il prend alors le risque d’un contentieux.

Droit de retrait par manque de personnel : qu’en est-il ?

Le manque de personnel ou la surcharge de travail ne justifie pas à lui seul un droit de retrait. En revanche, si ce manque de forces vives crée une situation dangereuse, par exemple du travail seul dans des conditions risquées, une absence de surveillance ou une impossibilité d’assurer la sécurité, le droit de retrait peut s’appliquer. Là encore, ce n’est pas l’organisation en elle-même qui compte, mais le danger concret qu’elle entraîne.

Références :

  • "Grand froid et BTP : quelles sont mes obligations vis-à-vis de mes collaborateurs ?", Prévention BTP
  • "Comment affronter les rigueurs de l'hiver ?", Prévention BTP
  • "Le droit de retrait et ses conséquences", CAPEB
  • "Froid sur les chantiers : 7 mesures essentielles pour protéger vos équipes", FFB
  • "Un salarié peut-il refuser de travailler s'il pense être exposé à une situation dangereuse ?", Service Public
  • "Travail au froid - Réglementation", INRS
  • "Grand froid : savoir bien se protéger sur les chantiers", CNATP
  • Image principale de l'article chusnul - Adobe Stock

Pour prolonger votre lecture

Intempéries et froid

Sécurité au quotidien sur les chantiers

Équipements de protection individuelle et collective

Organisation et management sécurité

Dans la même rubrique

Commentaires

Cet article vous a plu ? Recevez les dernières actualités !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez toutes les actualités du bâtiment.
Trouvez rapidement des chantiers qualifiés pour votre entreprise
Trouver des chantiers