Fumées d'incendie : comment protéger ses salariés et bien réagir en cas de sinistre ? 🔥

+ de 35 000 pros ont rempli leur planning avec Habitatpresto Pro ! Pourquoi pas vous ?

Je trouve des chantiers maintenant
✓ Chantiers qualifiés dans vos métiers & secteurs
🎁 OFFERT : La Méthode Habitatpresto pour booster vos signatures
Fumées d'incendie : comment protéger ses salariés et bien réagir en cas de sinistre ? 🔥

Les feux de forêt ne concernent plus seulement quelques zones à risque : de la Gironde au Var en passant par la Corse, les incendies se multiplient en France et leurs fumées peuvent rapidement perturber l'avancée de certains chantiers. Faut-il continuer à travailler, équiper les salariés ou arrêter temporairement l’activité ? Une règle prime : interrompez un chantier si la sécurité de vos équipes ne peut plus être garantie. Voici comment réagir, prévenir les risques, protéger vos salariés et limiter l’impact sur votre entreprise !

📈 En chiffres
9 sur 10
feux de forêt d’origine humaine
Ministère de la Transition écologique
× 4
de surfaces brûlées en France d’ici 2050
Adaptation-changement-climatique.gouv

Fumée incendie : comment savoir si une fumée est toxique ?

À l’œil nu, impossible de savoir si une fumée d’incendie est toxique. Sa couleur, son épaisseur ou son odeur ne permettent pas d’évaluer précisément le danger.

Toute fumée doit donc être considérée comme potentiellement nocive : elle peut contenir des particules fines et différents gaz issus de la combustion des matériaux présents sur le chantier ou dans le bâtiment. Le monoxyde de carbone est particulièrement trompeur puisqu'il est invisible, inodore et toxique.

⚠️
Important :
Pour un chef d’entreprise, l’absence de fumée noire ou d’odeur forte ne suffit donc jamais à autoriser ses salariés à rester ou à retourner dans une zone exposée.

Respirer fumée incendie : est-ce dangereux pour la santé ?

Oui. Même une exposition courte aux fumées peut provoquer une irritation des yeux, de la gorge et des voies respiratoires, de la toux ou des difficultés à respirer.

Une exposition plus importante peut entraîner une intoxication, notamment au monoxyde de carbone, avec un risque de malaise, de perte de connaissance, voire de décès. Le ministère de la Santé rappelle aussi que les fumées d’incendies peuvent aggraver l’asthme et d’autres maladies respiratoires et entraîner des passages aux urgences ou des hospitalisations.

Sur un chantier touché par un panache de fumée, il ne faut donc pas attendre qu'un salarié se sente mal pour interrompre ou adapter le travail.

Les dangers de la fumée après un incendie : quels risques pour les travailleurs ?

Le danger ne disparaît pas forcément avec les flammes. Après un incendie, les suies, poussières et matériaux dégradés peuvent encore exposer les salariés lorsqu'ils déplacent des gravats, nettoient ou démolissent.

Dans un bâtiment ancien contenant de l'amiante, l'incendie et l'intervention des secours peuvent notamment endommager les matériaux et libérer des fibres dans l'air.

S'ajoutent les risques liés aux installations électriques détériorées et aux structures fragilisées.

👉
À noter :
Concrètement, une équipe ne doit pas reprendre un chantier sinistré simplement parce que "ça ne fume plus" : les risques doivent d'abord être identifiés et les conditions d'intervention sécurisées.

Symptômes intoxication fumée incendie : les 7 signes qui doivent vous alerter

Dans le cas d'une suspicion d'intoxication aux fumées à la suite d'un incendie, les principaux signes à surveiller sont :

  1. les maux de tête ;
  2. les vertiges ou une faiblesse inhabituelle ;
  3. les nausées ou vomissements ;
  4. la toux ou l'essoufflement ;
  5. l'irritation des yeux ou de la gorge ;
  6. les douleurs thoraciques ;
  7. les troubles de la vigilance, comme des confusions, un malaise ou une perte de connaissance.

Aucun de ces symptômes ne prouve à lui seul une intoxication, mais leur apparition après une exposition aux fumées doit être prise au sérieux, surtout si plusieurs salariés sont touchés en même temps.

Dans ce cas, il faut les éloigner immédiatement de la zone exposée et contacter les secours en cas de symptômes importants ou persistants.


Quand un incendie met à mal l'avancée de vos chantiers, c’est toute l’organisation qui se tend : planning décalé, trésorerie sous pression, équipes à repositionner. Pouvoir compter sur un flux régulier de demandes qualifiées permet de mieux lisser l’activité et d’éviter les périodes creuses !

Accédez à de nouvelles opportunités de chantiers

Comment se protéger des fumées d'incendie sur un chantier ?

Quand les fumées gagnent les chantiers, les conditions de travail peuvent vite devenir difficiles. Faut-il continuer, déplacer les équipes, modifier les horaires ou renforcer les protections ? Tout dépend du niveau d’exposition et des consignes en vigueur.

Peut-on maintenir un chantier malgré les fumées ?

Oui, si les autorités n’imposent pas de restriction et si les conditions permettent de protéger correctement les salariés. L’employeur doit toutefois réévaluer le risque dès que la situation évolue et adapter l’organisation du travail en conséquence, conformément à son obligation de sécurité.

Avant de maintenir un chantier, vérifiez les consignes préfectorales et la qualité de l’air auprès de l’organisme Atmo de votre région. Les fumées d’incendie peuvent faire fortement augmenter les concentrations en particules, parfois bien au-delà de la zone du feu. Si les fumées rendent l’exposition trop importante ou les conditions de travail dangereuses, le chantier doit être interrompu pour protéger les salariés.

🔥 Où suivre la qualité de l’air et l’évolution des incendies ?

  • PREV’AIR : pour suivre la qualité de l’air et les prévisions de concentrations en particules fines PM10 et PM2,5. Cette plateforme nationale est placée sous l’égide du ministère chargé de l’Environnement.
  • Météo-FranceMétéo des forêts : pour connaître chaque jour le niveau de danger de feu dans votre département et son évolution pour les deux jours suivants.
  • La préfecture de votre département et la Sécurité civile : pour suivre les incendies ou les feux de forêt en cours, les évacuations, fermetures de routes, restrictions d’accès et consignes officielles.

Adapter les horaires et l'organisation du travail

Si le chantier peut être maintenu, la fumée reste une gêne pour les salariés. Adaptez alors le planning pour limiter le temps d’exposition et les efforts physiques importants. Le port répété de charges lourdes, le pelletage ou certaines démolitions manuelles augmentent le rythme respiratoire et donc la quantité de fumées inhalée.

Prévoyez aussi des pauses plus fréquentes, si possible dans un endroit où l’air est moins chargé en fumée : local fermé, base vie ou véhicule avec les fenêtres fermées, par exemple.

Encore mieux, décalez les tâches les plus physiques aux périodes où la fumée est moins présente et confiez temporairement aux équipes des travaux moins exposés, en intérieur ou sur un autre chantier. Le planning peut ainsi évoluer d’un jour à l’autre selon les conditions rencontrées sur le terrain.

Masques, EPI : quelles protections contre les fumées d'incendie ?

Un masque FFP2 ou FFP3 bien ajusté peut réduire l’inhalation des particules fines et des cendres en suspension. En revanche, ce type de masque filtre les particules, pas les gaz et vapeurs présents dans les fumées, comme le monoxyde de carbone. Des lunettes enveloppantes peuvent compléter la protection lorsque les fumées irritent les yeux.

📌
Pour aller plus loin :

Quels sont les équipements de protection collective dans le bâtiment ?
Équipements de protection individuelle (EPI) : pour quels dangers ?

Masque anti-fumée incendie : est-ce nécessaire ?

Non, pas pour travailler normalement sur un chantier exposé aux fumées. Les masques et cagoules anti-fumée spécifiques servent surtout à l’évacuation ou à des interventions particulières.

Une entreprise n’a donc pas à en constituer un stock pour maintenir son activité. Si les fumées sont telles qu’un équipement respiratoire spécialisé devient nécessaire, il faut plutôt interrompre le chantier et éloigner les salariés de la zone exposée.

Un salarié peut-il exercer son droit de retrait à cause des fumées ?

Oui, une exposition aux fumées d’incendie peut justifier un droit de retrait si le salarié a des raisons concrètes de penser qu’elle représente un danger grave et imminent pour sa santé.

Cela peut notamment être le cas face à des fumées importantes et persistantes, à l’apparition d’une gêne respiratoire ou lorsque les mesures de protection mises en place ne permettent plus de limiter suffisamment l’exposition. Les fumées d’incendie peuvent en effet provoquer rapidement des irritations et des effets respiratoires.

Le droit de retrait n’est donc pas automatique à la moindre odeur de brûlé : la situation s’apprécie au cas par cas. Le salarié doit alerter immédiatement son employeur, qui ne peut pas lui demander de reprendre son poste tant que le danger grave et imminent persiste.

📌
Cet article peut aussi vous être utile :
Absence injustifiée d'un salarié : quelles démarches et quelles sanctions ?

Comment prévenir le risque incendie sur un chantier ? 9 règles de base

Sur un chantier, un départ de feu peut venir d’une installation électrique provisoire, d’une opération de soudage ou de meulage, d’un produit inflammable mal stocké, d’un engin ou simplement d’un mégot mal éteint. La prévention passe donc autant par le matériel que par l’organisation quotidienne sur un chantier.

1. Éviter les surcharges et branchements électriques improvisés

Les multiprises branchées en cascade, rallonges endommagées et branchements provisoires sous-dimensionnés augmentent les risques d’échauffement et d’incendie.

Utilisez une installation électrique de chantier adaptée à la puissance nécessaire et faites remplacer immédiatement les câbles, prises ou coffrets détériorés. Les installations doivent aussi être correctement protégées et vérifiées.

2. Encadrer les travaux qui produisent des étincelles

Soudage, meulage, découpage de métaux, tronçonnage..., ces opérations dites "par points chauds" demandent une vigilance particulière.

Avant d'attaquer des travaux, repérez les matériaux combustibles, protégez ou éloignez-les et prévoyez les moyens d’extinction nécessaires.

Attention aussi aux étincelles projetées à plusieurs mètres et à la chaleur transmise par une canalisation, une paroi ou une pièce métallique : un feu peut démarrer derrière une cloison ou dans un faux plafond alors que la zone travaillée semble maîtrisée.

3. Éloigner et stocker correctement les produits inflammables

Carburants, solvants, peintures, bouteilles de propane ou d’acétylène ne doivent pas rester au milieu de la zone de travail ou à proximité d’une source de chaleur. Prévoyez des emplacements dédiés, ventilés et éloignés des surfaces chaudes.

Par ailleurs, lorsque vous soudez ou chauffez des éléments en métaux, lorsque vous percez des cloisons, la chaleur née de ces opérations fait chauffer une zone bien plus large que celle travaillée. Assurez-vous que rien ne puisse prendre feu, à proximité, ou sous l’élément soudé ou percé.

4. Garder un chantier propre pour ne pas alimenter un départ de feu

Cartons, emballages, chutes de bois, poussières, copeaux et isolants combustibles peuvent transformer une simple étincelle en incendie.

Évacuez régulièrement les déchets et évitez de les accumuler autour des tableaux électriques, appareils de chauffage, zones de soudage ou voies de circulation.

⚠️
À garder en tête :
Le feu peut démarrer hors de votre champ de vision. Une étincelle qui passe derrière une cloison, sous un plancher ou au milieu de déchets combustibles peut couver avant que les premières fumées deviennent visibles.

5. Prévoir des extincteurs adaptés aux risques du chantier

Les extincteurs doivent être facilement accessibles, visibles, signalés et maintenus en état de fonctionnement. Dans les locaux de travail, le Code du travail prévoit au minimum un extincteur à eau pulvérisée de 6 litres pour 200 m² et au moins un appareil par niveau, avec des moyens supplémentaires adaptés aux risques particuliers, notamment électriques.

Il existe 5 classes de feu :

  • classe A : bois, papier, carton, textiles et autres matériaux solides produisant généralement des braises ;
  • classe B : liquides et matériaux gras (carburants, solvants, peinture...) ou matériaux liquéfiables, comme le bitume ;
  • classe C : gaz comme le propane, le butane ou l’acétylène ;
  • classe D : métaux combustibles, comme l'acier ou l'aluminium ;
  • classe F : huiles et graisses de cuisson.

Il n’existe donc pas de classe E pour les feux électriques dans la classification NF EN 2. Pour un équipement restant sous tension, utilisez uniquement un extincteur prévu pour cet usage et respectez les indications figurant sur l’appareil.

6. Limiter ou interdire la cigarette sur les chantiers

Dans les lieux de travail fermés et couverts, fumer est interdit. Sur les chantiers en extérieur, prévoyez au minimum des zones clairement définies et éloignées des matériaux combustibles, solvants et stockages de déchets. Dans les emplacements présentant un risque particulier d’incendie ou d’explosion, aucune cigarette, flamme ou source d’étincelles ne doit être tolérée.

Lors des périodes sèches et de fortes chaleurs ou sur un chantier entouré de végétation, la vigilance doit être renforcée : un seul mégot mal éteint peut suffire à provoquer un départ de feu et causer des dégâts considérables sur un chantier en cours.

7. Surveiller la recharge des batteries lithium-ion

Perceuses, perforateurs, meuleuses, cloueurs ou équipements de manutention fonctionnent de plus en plus sur batterie lithium-ion. Or, une batterie endommagée, ayant subi un choc, une surcharge ou utilisée avec un chargeur inadapté peut connaître un emballement thermique et provoquer un incendie.

Utilisez les chargeurs prévus par le fabricant, écartez toute batterie gonflée, fissurée ou anormalement chaude et évitez les recharges au milieu de matériaux combustibles.

8. Couper les moteurs avant de faire le plein

Pour une pelle, une chargeuse, un groupe électrogène ou tout autre équipement thermique, le ravitaillement en carburant constitue un moment à risque. Arrêtez le moteur avant de remplir le réservoir, éloignez toute flamme ou cigarette et évitez les débordements. Un engin présentant une fuite de carburant ou de fluide doit être immobilisé jusqu'à sa remise en état.

9. Ne jamais faire tourner un moteur thermique dans un espace mal ventilé

Groupes électrogènes, tronçonneuses ou disqueuses thermiques produisent des gaz d’échappement pouvant contenir du monoxyde de carbone. Dans une cave, un sous-sol, un bâtiment fermé ou un espace confiné, leur accumulation peut devenir dangereuse sans que les salariés ne s’en rendent compte.

Lorsque c’est possible, placez-les à l’extérieur ou privilégiez un équipement électrique. À défaut, une ventilation et des mesures de prévention adaptées sont indispensables.

🔍 Le vrai du faux

Le risque d'incendie disparaît dès que les travaux par points chauds sont terminés ?

Faux...
Un départ de feu peut encore survenir après la fin de l’intervention, notamment à cause de projections incandescentes ou de matériaux qui continuent à se consumer sans flamme visible. Des particules chaudes peuvent notamment atteindre un isolant ou un matériau combustible et provoquer un incendie quelques instants après la fin des travaux. De fait, la surveillance de la zone reste essentielle après l’intervention.

💡 Contrôlez la zone après les travaux et respectez la période de surveillance prévue par les consignes de prévention incendie.

Comment bien réagir en cas de départ de feu sur un chantier ?

En cas de départ de feu sur un chantier, il est impératif de rester calme et d'agir au plus vite, sans risquer de se mettre en danger. 3 actions doivent être engagées rapidement : donner l’alarme, mettre les salariés en sécurité et prévenir les secours.

Appelez les secours en composant le 18 ou le 112 en précisant l’adresse exacte du chantier, son accès, la nature du feu et l'ampleur du sinistre, les éventuels risques particuliers (bouteilles de gaz, produits inflammables, risque d’explosion...) et la présence éventuelle de personnes en danger. L’INRS recommande d'évacuer rapidement le personnel vers un point de rassemblement afin de pouvoir recenser les salariés.

Face au feu :

  • utilisez un extincteur adapté uniquement sur un départ de feu encore maîtrisable et sans vous exposer aux fumées ou aux flammes ;
  • coupez le gaz, l’électricité ou les équipements concernés seulement si les organes de coupure sont accessibles sans danger et si vous êtes habilité ou autorisé à le faire ;
  • en intérieur, évacuez par les cheminements prévus et fermez les portes et fenêtres derrière vous lorsque cela est possible ;
  • si des fumées encombrent le passage, restez au plus près du sol et ne vous engagez pas dans une zone fortement enfumée ;
  • n’utilisez jamais un ascenseur et ne retournez pas dans le bâtiment pour récupérer du matériel.

Les fumées d’incendie pouvant être toxiques ou corrosives, l’extinction du matériel ne doit jamais passer avant la sécurité des personnes. L’INRS rappelle d’ailleurs qu’une intervention en atmosphère enfumée peut nécessiter une protection respiratoire spécifiquement adaptée.

Inhalation fumées incendie : que faire ?

Si un salarié a respiré des fumées, éloignez-le immédiatement de la zone contaminée sans vous exposer vous-même et installez-le au repos dans un endroit sûr et à l’air libre.

Maux de tête, vertiges, nausées, toux, essoufflement, douleur thoracique, confusion ou malaise doivent conduire à contacter rapidement les secours au 15, au 18 ou au 112. Une intoxication au monoxyde de carbone peut notamment évoluer rapidement et nécessiter une hospitalisation.

  • Si la victime perd connaissance mais respire, placez-la en position latérale de sécurité et surveillez sa respiration.
  • Si elle ne respire plus normalement, alertez les secours et commencez une réanimation cardio-pulmonaire avec un défibrillateur si vous savez réaliser ces gestes de premiers secours.

Les entreprises du bâtiment doivent déjà composer avec les aléas de la météo, les délais à tenir et les imprévus de chantier. La recherche de clients ne devrait pas devenir une charge supplémentaire. En rejoignant notre réseau d'artisans, vous recevez chaque semaine des projets travaux pré-qualifiés et prêts à être transformés en chantiers !

Confiez votre prospection à Habitatpresto Pro

Locaux, dépôt ou matériel détruits par un incendie : que faire ?

Assurance, indemnisation, aides..., plusieurs démarches s’enchaînent après un sinistre. Voici les points à vérifier pour bien préparer la reprise.

Les premiers réflexes après le sinistre

Avant toute chose, n’entrez pas dans les locaux sans l’autorisation des secours ou des autorités, même pour récupérer du matériel ou constater les dégâts.

  • Prévenez rapidement votre assureur ou votre courtier pour déclarer le sinistre et connaître les premières démarches à suivre.
  • Photographiez et filmez les dégâts avant de déplacer quoi que ce soit : vues d’ensemble, machines, stocks, mobilier, zones brûlées ou détériorées.
  • Ne jetez pas trop vite le matériel endommagé : l’expert peut avoir besoin de le voir pour évaluer les pertes.
  • Dressez un inventaire précis des machines, outils, matériaux, stocks et équipements touchés. Ajoutez si possible factures, numéros de série ou photos antérieures, et précisez ce qui est loué, en leasing ou confié par un tiers.

👉
À noter :
Si une intervention urgente est nécessaire pour sécuriser les lieux, conservez les factures et justificatifs des dépenses engagées.

Que peut indemniser l'assurance professionnelle ?

C’est la garantie incendie de votre multirisque professionnelle qui entre en jeu pour indemniser les biens endommagés ou détruits par le feu. Généralement prévue parmi les garanties de base, elle peut notamment couvrir :

  • Les bâtiments et leurs aménagements : atelier, dépôt, bureaux, mais aussi les installations et aménagements fixés aux locaux. Selon le contrat, le bâtiment peut être indemnisé sur la base de sa reconstruction, avec ou sans déduction de vétusté.
  • Les machines et le matériel professionnel : machines d’atelier, outillage, électroportatif et équipements nécessaires à l’activité. L’indemnisation peut être calculée en valeur de remplacement à neuf ou en tenant compte de la vétusté, selon la formule souscrite.
  • Les matériaux, fournitures et stocks : bois, isolants, peinture, quincaillerie, consommables ou marchandises entreposées. Leur valorisation tient notamment compte de leur prix d’achat et, selon leur nature, des frais engagés pour les produire ou les acheminer.
  • Le mobilier et le matériel informatique : bureaux, rangements, ordinateurs, imprimantes et autres équipements utilisés pour faire fonctionner l’entreprise.

💡
Bon à savoir :
Votre RC Pro ne couvre pas ces pertes. Elle protège contre les dommages causés à des tiers dans le cadre de votre activité. Pour vos propres locaux, outils ou stocks détruits, c’est la garantie incendie de l’assurance de vos biens qui intervient.

📌
Pour en savoir plus :
Assurances entreprise bâtiment : quelles sont les assurances obligatoires ?
Assurances de chantier du bâtiment : les indispensables à connaître

Le Conseil de la rédaction :
Vérifiez les franchises et plafonds de votre contrat, mais surtout les valeurs que vous aviez déclarées à l’assureur avant le sinistre. Si votre parc de machines, votre électroportatif ou vos stocks avaient fortement augmenté sans mise à jour du contrat, une partie des pertes peut rester à votre charge.

Véhicules et engins : une couverture souvent distincte

Les utilitaires, camions et certains engins de chantier ne relèvent pas forcément de la multirisque professionnelle. Leur indemnisation peut dépendre d’un contrat automobile ou d’une assurance spécifique.

Vérifiez donc séparément les garanties prévues pour chaque véhicule ou engin, notamment s’ils sont loués ou financés en crédit-bail. Dans ce cas, pensez aussi à prévenir rapidement le loueur ou l’organisme de financement.

Aides et accompagnement : vers qui se tourner après un incendie ?

Au-delà de l’indemnisation de l’assurance, un sinistre peut rapidement créer des tensions de trésorerie ou compliquer les démarches administratives. Plusieurs interlocuteurs peuvent alors être sollicités :

  • L’Urssaf : si vous avez des difficultés à régler vos cotisations sociales, vous pouvez demander un délai de paiement et un échéancier. Il s’agit bien d’un report du paiement des cotisations, et non de leur annulation.
  • Le CPSTI, pour les travailleurs indépendants : son action sociale peut prévoir une prise en charge de certaines cotisations, une aide financière exceptionnelle en cas de problème important de trésorerie ou encore une aide d’urgence lorsque les locaux ou l’outil de travail sont touchés par une catastrophe ou des intempéries.
  • Le Service des impôts des entreprises (SIE) : en cas de difficulté passagère, vous pouvez solliciter un délai ou un échelonnement du paiement de certaines dettes fiscales. L’administration examine la demande selon la situation financière de l’entreprise.
  • La CMA et les organisations professionnelles comme la CAPEB ou la FFB : elles peuvent vous orienter vers les dispositifs disponibles, vous accompagner dans vos démarches et, lors de sinistres importants, mettre en place des cellules d’aide spécifiques.
  • PRO BTP : lors de catastrophes majeures, l’organisme peut aussi activer des mesures exceptionnelles pour les entreprises, artisans ou salariés du secteur. Les dispositifs variant selon les événements, mieux vaut vérifier les mesures ouvertes au moment du sinistre.

L'entreprise n’a pas brûlé mais ne peut plus travailler : quelles solutions ?

Un incendie peut paralyser l'activité d'une entreprise sans toucher directement ses locaux : chantier interdit d’accès, client qui reporte les travaux, fournisseur sinistré, route fermée ou zone évacuée. Dans ce cas, plusieurs dispositifs peuvent être envisagés, mais ils ne s’appliquent pas automatiquement.

Annulations en cascade : la garantie pertes d’exploitation fonctionne-t-elle ?

Pas systématiquement. La garantie pertes d’exploitation classique intervient généralement lorsque l’entreprise assurée subit elle-même un dommage matériel couvert, par exemple un incendie dans ses locaux entraînant une baisse ou un arrêt de l’activité. Elle peut alors compenser notamment une perte de marge brute et certains frais supplémentaires engagés pour maintenir l’activité.

Si votre entreprise n’a subi aucun dégât

Regardez précisément les extensions prévues dans votre contrat. Certaines peuvent couvrir la carence d’un fournisseur, d’un sous-traitant ou d’un client lui-même sinistré, ou encore l’impossibilité d’accéder aux locaux assurés après un sinistre survenu à proximité. En revanche, l’annulation de plusieurs chantiers n’est pas nécessairement couverte : tout dépend des événements et lieux expressément garantis par le contrat.

Prévenez rapidement votre assureur et conservez les justificatifs permettant de chiffrer la perte : commandes annulées, reports de chantiers, frais supplémentaires, planning initial et chiffre d’affaires perdu.

📈 En chiffres
- de 5 %
des contrats prévoient la perte d’activité lorsque l’entreprise n’est pas directement impactée
CPME
≈ 10 €/mois
pour une garantie pertes d’exploitation
Tarif indicatif moyen

Que faire si certains chantiers deviennent inaccessibles ?

Ne demandez pas à vos équipes de franchir un périmètre interdit ou de retourner sur un chantier exposé aux fumées simplement pour respecter le planning.

Informer et conserver des preuves

Prévenez immédiatement le client par écrit et gardez toutes les pièces établissant l’impossibilité d’intervenir chez lui : arrêté municipal ou préfectoral, interdiction des secours, fermeture de routes, consigne du maître d’ouvrage ou du coordonnateur SPS, photos et échanges écrits.

Ces éléments pourront servir à justifier le retard auprès du client ou de l’assureur.


Un incendie ou un périmètre de sécurité vous oblige à interrompre plusieurs de vos chantiers ? Avec Habitatpresto Pro, accédez à un modèle de lettre type pour informer rapidement votre client, formaliser la cause du retard et conserver une trace écrite utile en cas de contestations ou de pénalités de retard !

Inscrivez-vous en quelques clics pour profiter de tous nos services

Réorganiser les équipes si c’est possible

Si d’autres chantiers restent accessibles et sûrs, réaffectez temporairement les salariés concernés. Si l’entreprise est réellement empêchée d’exécuter ses prestations, vérifiez aussi les clauses du marché relatives aux délais, aux interruptions de chantier et à la force majeure.

Lorsque les conditions prévues à l’article 1218 du Code civil sont réunies, un empêchement temporaire relevant de la force majeure peut suspendre l’exécution de l’obligation. Cette qualification n’est toutefois pas automatique et s’apprécie selon les circonstances et le contrat.

Peut-on placer ses salariés en activité partielle ?

Oui, dans certaines situations. Le Code du travail permet de recourir à l’activité partielle lorsqu'une entreprise est contrainte de réduire ou de suspendre temporairement son activité à la suite notamment d’un sinistre, d’intempéries de caractère exceptionnel ou d’une autre circonstance exceptionnelle.

Il faut pouvoir justifier l’arrêt de l'activité

Un incendie voisin, l’interdiction d’accéder à plusieurs chantiers ou une fermeture administrative peuvent donc justifier une demande si leurs conséquences empêchent réellement l’entreprise de faire travailler tout ou partie de ses salariés.

L’employeur doit pouvoir démontrer le motif, la période prévisible de sous-activité et le nombre de salariés concernés. En cas de sinistre ou de circonstance exceptionnelle, la demande peut être déposée dans les 30 jours suivant le placement des salariés en activité partielle.

Une simple fermeture "par précaution" ne suffit pas forcément

La situation est différente si l’entreprise décide seule d’arrêter tous ses chantiers alors que ceux-ci restent accessibles et que le travail pourrait être réalisé sans danger. L’activité partielle suppose une réduction ou une suspension d’activité réellement contrainte et justifiable. Il est donc essentiel de conserver les éléments objectifs ayant conduit à l’arrêt.

Fumée d'incendie : est-il possible de recourir au chômage intempéries ?

Pas simplement parce qu’un incendie ou des fumées empêchent d’accéder au chantier. Géré par les caisses CIBTP, le régime du chômage intempéries dans le BTP répond à une définition précise : il concerne les intempéries, les conditions atmosphériques (gel, neige, verglas, pluie, vent violent, canicule) et les inondations qui rendent le travail impossible ou dangereux pour la santé ou la sécurité des salariés, ou incompatibles avec la nature ou la technique des travaux.

Incendie et fumées ne sont pas considérés comme des "intempéries"

Si un chantier est stoppé uniquement à cause d’un incendie, d’un périmètre de sécurité mis en place par les autorités ou de fumées toxiques, le chômage intempéries ne s’applique généralement pas. Dans ce cas, il faut plutôt se tourner vers le dispositif d’activité partielle.

Même l’impossibilité d’accéder à un chantier en raison d’un phénomène météo n’est pas systématiquement indemnisable au titre de ce régime. Des mesures exceptionnelles peuvent toutefois être décidées lors d’événements majeurs.

👷 Le Conseil du Pro : faites des exercices de sécurité incendie !

Un départ de feu ne laisse pas le temps d’improviser. Organisez des exercices d’évacuation pour que chaque salarié sache comment bien réagir dans la précipitation : reconnaître l’alarme et les signaux d'alerte, rejoindre le point de rassemblement et connaître son rôle. Insistez sur l'importance de vérifier que les accès restent dégagés et que les consignes sont adaptées à la configuration de la majorité de vos chantiers, qui peut évoluer rapidement.


❓ Foire aux questions (FAQ)

Fumée incendie forêt : comment se protéger des fumées toxiques ?

La priorité est de réduire au maximum l’exposition des salariés aux fumées de l'incendie : interrompre ou déplacer les travaux extérieurs exposés au panache, limiter les efforts physiques et suivre les consignes des autorités locales. Un masque FFP2 ou FFP3 peut réduire l’inhalation des particules fines, mais il ne filtre pas tous les gaz présents dans les fumées.

Un masque de protection fumée incendie est-il suffisant pour continuer à travailler sur un chantier ?

Non, un masque FFP2 ou FFP3 protège principalement contre les particules, mais pas contre l’ensemble des gaz et vapeurs toxiques produits par un incendie, et il n’apporte pas d’oxygène. Si les fumées atteignent le chantier, l’employeur doit d’abord chercher à supprimer ou réduire l’exposition, par exemple en déplaçant les équipes ou en interrompant temporairement les travaux. Le port d’un masque ne doit donc jamais servir à maintenir coûte que coûte un chantier dans une zone exposée aux fumées.

Fumée blanche ou fumée noire incendie : quelle différence ?

Une fumée blanche peut notamment correspondre à de la vapeur d’eau, à un début d’échauffement ou au refroidissement provoqué par l’extinction. Une fumée noire est généralement chargée en carbone et en résidus issus d’une combustion importante ou incomplète. Mais attention : la couleur ne permet ni d’identifier avec certitude ce qui brûle, ni de déterminer la toxicité des fumées. Blanche, grise ou noire, toute fumée d’incendie doit être considérée comme potentiellement dangereuse.

Que signifie la fumée jaune dans un incendie ?

Une fumée jaune n’a pas une signification unique et ne permet pas d’identifier à elle seule le produit qui brûle. Dans la lecture professionnelle des fumées, une coloration jaune peut notamment apparaître lors d’un incendie très chaud et fortement privé d’oxygène, situation pouvant annoncer un phénomène dangereux comme une violente déflagration de gaz chauds. Pour les salariés d’un chantier, la règle est simple : ne jamais s’approcher pour essayer d’en déterminer l’origine et laisser les secours évaluer le risque.

Comment enlever l’odeur de fumée après un incendie ?

Faire disparaître l’odeur suppose d’abord d’éliminer les suies, cendres et résidus qui en sont la source, puis de nettoyer les surfaces et d’aérer lorsque la qualité de l’air extérieur le permet. Les matériaux poreux, isolants ou réseaux de ventilation fortement contaminés peuvent nécessiter une décontamination professionnelle. Évitez de simplement masquer l’odeur et n’utilisez pas de générateur d’ozone sans spécialiste.

Références :


Pour prolonger votre lecture

Chaleur, canicule et orages

Dans la même rubrique

Commentaires

Cet article vous a plu ? Recevez les dernières actualités !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez toutes les actualités du bâtiment.
Trouvez rapidement des chantiers qualifiés pour votre entreprise
Trouver des chantiers