Coup de vent & tempête : comment se protéger sur un chantier ? 🌪️

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Coup de vent & tempête : comment se protéger sur un chantier ? 🌪️

Un gros coup de vent ou plusieurs rafales successives sur un chantier, et tout peut basculer : une bâche s’arrache, un panneau s’envole, une charge devient incontrôlable, un salarié perd l’équilibre. Faut-il vraiment attendre que la tempête se lève pour réagir ? Sur les chantiers en extérieur, des vents violents ne sont jamais qu'un simple désagrément : ils représentent un risque à part entière. Travail en hauteur, échafaudages, nacelles, grues, matériaux stockés dehors..., voici tout ce qu'il faut savoir pour protéger ses équipes, sécuriser le matériel et éviter qu’une rafale ne cause un accident grave.

Quels sont les risques liés au vent sur un chantier ?

Des vents violents mal anticipés peuvent transformer un chantier classique en zone à haut risque en l'espace de quelques minutes.

Stress, fatigue et baisse de vigilance des équipes

Travailler sous de fortes rafales fatigue davantage les salariés. La difficulté à communiquer et la tension permanente liée aux mouvements imprévus des matériaux ou des équipements augmentent le stress et diminuent la concentration. Or, sur un chantier, quelques secondes d’inattention peuvent suffire à provoquer un accident.

Chutes de hauteur et pertes d’équilibre

Les vents violents augmentent fortement les risques de chute, notamment sur les toitures, échafaudages, nacelles ou plateformes de travail. Une simple rafale peut déséquilibrer un salarié transportant des matériaux, manipulant un panneau ou travaillant près d’une rive de toiture. Dans le secteur de la construction et du bâtiment, les chutes de hauteur restent l’une des principales causes d’accidents graves et mortels.

Effondrement d’échafaudages et de structures temporaires

Un échafaudage mal ancré, une bâche trop tendue ou une structure provisoire insuffisamment stabilisée peuvent céder sous l’effet du vent. Plus les équipements sont hauts, plus leur prise au vent augmente. Le risque concerne aussi les étaiements, racks de stockage, clôtures de chantier ou bases-vie temporaires.

Chute d’objets et envol de matériaux

Parpaings, plaques d’isolant, tôles, palettes, outils ou déchets de chantier peuvent être déplacés ou soulevés par des rafales puissantes, même lorsqu'ils sont posés au sol. Ces éléments deviennent alors des projectiles capables de blesser gravement un salarié, un riverain ou d’endommager des véhicules et des bâtiments voisins. Les zones de stockage extérieures sont particulièrement exposées lorsqu'elles ne sont pas sécurisées avant un épisode venteux.

Instabilité des engins et difficultés de manutention

Les vents forts compliquent fortement les opérations de levage et de manutention. Une charge suspendue peut se balancer brutalement, devenir incontrôlable ou heurter une structure. Les grues, nacelles et plateformes élévatrices sont particulièrement sensibles à ces conditions météo. Même au sol, déplacer une plaque de bardage ou un panneau de grande dimension devient beaucoup plus dangereux lorsque le vent souffle fort.

Dégradation du matériel et arrêts de chantier

Le vent peut provoquer des dégâts matériels importants : bâches arrachées, matériel renversé, infiltrations d’eau après une protection envolée, détérioration d’outillage ou de matériaux stockés dehors. Au-delà du risque humain, cela peut entraîner des retards, des reprises de travaux et des pertes financières importantes pour l’entreprise.

Risques électriques accrus

Les vents violents peuvent déplacer des câbles, faire tomber des éléments métalliques sur des installations électriques ou compliquer les interventions à proximité de lignes aériennes. Sur un chantier extérieur, le risque d’électrisation augmente lorsque les conditions météo dégradent la stabilité des équipements ou réduisent la précision des gestes.


Quand la météo met à mal l'avancée de vos chantiers, c’est toute l’organisation qui se tend : planning décalé, trésorerie sous pression, équipes à repositionner. Pouvoir compter sur un flux régulier de demandes qualifiées permet de mieux lisser l’activité et d’éviter les périodes creuses !

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Comment sécuriser un chantier avant un gros coup de vent ou une tempête ?

Une tempête est souvent annoncée plusieurs heures à l’avance. Sur un chantier, ce délai est précieux et peut faire toute la différence pour prévenir un accident grave.

Arrimer ou mettre à l’abri tout ce qui peut s’envoler

Avant les premières rafales, mettez à l’abri ou fixez tous les matériaux légers et les éléments mobiles : plaques isolantes, bâches, palettes, outils, sacs de ciment, panneaux ou déchets de chantier. Tout élément non fixé peut devenir un projectile dangereux sous l’effet du vent. Les zones de stockage extérieures doivent être réorganisées et lestées si nécessaire pour éviter tout envol accidentel.

Vérifier les échafaudages, ancrages et protections collectives

Les échafaudages sont particulièrement sensibles aux vents forts. Plus ils sont hauts, plus la prise au vent augmente et plus le risque d’effondrement devient important. Avant une tempête, contrôlez les ancrages, les stabilisateurs, les planchers, les filets et les bâches. Une bâche mal fixée agit comme une voile et peut déstabiliser toute la structure.

Suspendre les travaux en hauteur si les conditions deviennent dangereuses

Toitures, nacelles, échafaudages, plateformes élévatrices ou travaux sur charpente deviennent extrêmement risqués en cas de fortes rafales. Le Code du travail interdit les travaux temporaires en hauteur lorsque les conditions météorologiques compromettent la sécurité des salariés. Une perte d’équilibre ou un déplacement soudain de matériel peut provoquer une chute grave ou mortelle.

Sécuriser les engins et les grues de chantier

Les engins de chantier doivent être stationnés sur un sol stable, correctement immobilisés et tenus à distance de tout élément susceptible de tomber.

Pour les grues, il est essentiel d’appliquer les consignes de sécurité concernant la mise en girouette, le verrouillage ou l’arrêt des opérations de levage. Une charge suspendue peut devenir incontrôlable sous l’effet du vent et mettre en danger toute une zone de chantier.

Couper et protéger les installations électriques provisoires

Les vents violents augmentent les risques liés aux installations électriques temporaires : câbles arrachés, coffrets renversés, infiltrations d’eau après arrachement d’une protection. Avant une tempête, vérifiez les branchements provisoires, protégez les coffrets et débranchez les équipements non indispensables pour limiter les risques d’électrisation ou de court-circuit.

Délimiter et interdire les zones à risque

Certaines zones à risque doivent être interdites d’accès avant l’arrivée du mauvais temps : pied d’échafaudage, zones de levage, stockage en hauteur, toiture ou abords des arbres et structures temporaires. Installez un balisage visible et informez rapidement les équipes. Une zone mal sécurisée peut exposer aussi bien les salariés que les riverains ou les clients présents à proximité.

Anticiper l’organisation du chantier dès l’alerte météo

Le risque, c’est l’improvisation de dernière minute. Dès qu’un épisode venteux important est annoncé, désignez un responsable, mettez en place une checklist de sécurité et tranchez à l’avance les tâches à maintenir ou à reporter. Cette anticipation réduit fortement les oublis et les prises de risque inutiles sur un chantier.

Vents violents et tempête : comment protéger ses équipes sur un chantier ?

Quand le vent forcit, la priorité n’est plus d’avancer vite, mais de permettre à chacun de rentrer chez soi en sécurité.

Adapter immédiatement l’organisation du chantier

Dès l’annonce d’un épisode venteux important, il est essentiel de revoir le planning de la journée. Les travaux les plus exposés doivent être décalés ou suspendus : couverture, bardage, levage, pose de panneaux, interventions sur nacelle ou échafaudage.

Anticiper permet d’éviter que les équipes se mettent en danger et prennent des risques inconsidérés pour respecter les délais. À ce titre, les risques liés à des conditions météo difficiles sur chantier doivent figurer dans le document unique d'évaluation des risques (DUER).

Renforcer les consignes de sécurité avant la prise de poste

Avant de démarrer, prenez quelques minutes pour faire un point météo avec les équipes. Les salariés doivent savoir quelles zones sont interdites, quelles tâches sont suspendues et quels comportements adopter en cas de rafales soudaines. Sur le terrain, beaucoup d’accidents surviennent parce que les consignes n’ont pas été rappelées de façon explicite avant l’arrivée du mauvais temps.

Éviter le travail isolé pendant les épisodes venteux

Un salarié seul sur une toiture, une nacelle ou une zone éloignée du chantier est beaucoup plus vulnérable en cas de chute, de malaise ou d’incident matériel. Pendant un épisode de vent fort, privilégiez le travail en binôme ou avec surveillance visuelle régulière. Cela permet d’alerter rapidement en cas de problème et d’éviter qu’un accident passe inaperçu pendant plusieurs minutes.

Fournir des équipements adaptés aux conditions météo

Les équipements de protection doivent rester compatibles avec les conditions réelles du chantier. Casque de chantier avec jugulaire, lunettes de protection contre les projections, vêtements ajustés limitant la prise au vent ou encore chaussures adaptées aux sols glissants deviennent essentiels lorsque le vent se lève. Des équipements de protection individuelle (EPI) mal fixés ou inadaptés peuvent devenir une source de danger.

Sécuriser les déplacements sur le chantier

Sous de fortes rafales, les déplacements deviennent plus risqués, notamment près des zones en hauteur, des trémies, des bords de dalle ou des accès encombrés. Les cheminements doivent rester dégagés et les zones dangereuses clairement balisées. Même au sol, une rafale peut déséquilibrer un salarié transportant du matériel volumineux ou circulant sur une surface humide.

Prévoir un arrêt immédiat en cas de danger

Il est important de définir en amont qui décide de l’arrêt des travaux et à partir de quel niveau de risque. Sur certains équipements, des seuils de vent existent déjà : par exemple, la stabilité des échafaudages peut devenir critique au-delà de certaines vitesses de vent. Continuer à travailler malgré des rafales importantes expose directement les équipes à des risques graves de chute ou de renversement.

Maintenir une communication simple et efficace sur le chantier

Le vent rend les échanges plus difficiles : bruit, distance, visibilité réduite, gestes mal compris... Sur un chantier, une mauvaise communication peut suffire à provoquer un accident pendant une manœuvre ou un déplacement de charge. Prévoyez des consignes courtes, des signes simples et des référents clairement identifiés pour éviter toute confusion lorsque les conditions se dégradent.


Quand le vent bloque l'avancée d'un chantier, ce n’est pas seulement une journée perdue : c’est tout le planning qui se décale derrière. Pouvoir compter sur un flux régulier de demandes pré-qualifiées, prêtes à être transformées en chantiers, aide à absorber plus facilement les périodes creuses et les imprévus liés à la météo !

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Vents violents sur chantier : l'employeur peut-il recourir au chômage intempéries ?

Oui, les vents violents font partie des intempéries pouvant justifier un arrêt de chantier dans le secteur du BTP lorsque les conditions rendent le travail dangereux ou impossible. L’arrêt peut être décidé par le chef d’entreprise ou son représentant sur le chantier, notamment en cas de risques pour la sécurité des salariés, des levages ou des travaux en hauteur.

Les salariés peuvent alors être indemnisés dans le cadre du régime chômage intempéries, sous certaines conditions liées notamment au chantier concerné et au nombre d’heures travaillées.

👉 Comme le souligne la Fédération française du bâtiment (FFB), l’employeur peut aussi opter pour une autre solution s'il est contraint de stopper temporairement ou complètement un chantier en raison de fortes rafales : organiser la récupération des heures perdues.

Cette alternative au régime intempéries "permet à l’employeur de planifier le rattrapage du temps perdu dans un cadre clairement défini" : respect de la durée maximale hebdomadaire de travail, consultation du CSE (si l'entreprise en a un, NDLR), déclaration à l’inspection du travail...

📈 En chiffres
289 770
Nombre d'arrêts de travail lié aux intempéries
CIBTP, 78e campagne
3,41 %
Des arrêts dus au risque de tempête (9 891 arrêts de travail)
CIBTP, 78e campagne
2,52 M
Montant des indemnités imputables à la tempête (2,66 %) versées au titre du chômage intempéries
CIBTP, 78e campagne

Coup de vent sur chantier : un salarié peut-il refuser de travailler ?

Oui, un salarié peut exercer son droit de retrait s’il estime que le vent violent crée un danger grave et imminent pour sa santé ou sa sécurité. Cela peut concerner par exemple un travail sur toiture, sur échafaudage, en nacelle ou à proximité d’éléments susceptibles de s’envoler.

Le Code du travail interdit d’ailleurs les travaux en hauteur lorsque les conditions météo compromettent la sécurité des travailleurs. Le salarié doit toutefois prévenir immédiatement son employeur ou son responsable de chantier.

Vitesse du vent : à quel moment le travail en hauteur doit-il être arrêté sur un échafaudage ?

Il n’existe pas un seuil unique inscrit dans le Code du travail, car tout dépend du type d’échafaudage, de sa hauteur, des bâches ou filets installés et des consignes issues de la notice d'instruction de l'équipement utilisé.

Les professionnels du bâtiment considèrent généralement qu’au-delà de 50 à 60 km/h, les travaux sur échafaudage deviennent dangereux et doivent être stoppés. Pour le montage d’un échafaudage, certains organismes de prévention déconseillent déjà toute intervention au-delà de 50 à 55 km/h.

⚠️
Attention :
Même avant ces seuils, une forte prise au vent, des rafales soudaines ou un échafaudage bâché peuvent suffire à rendre la structure instable. Dès que les travailleurs ont du mal à garder leur équilibre ou à manipuler des matériaux en sécurité, l’arrêt du travail doit être envisagé immédiatement.

Jusqu'à quelle limite de vent maximum peut-on utiliser une nacelle ?

La plupart des nacelles élévatrices utilisées dans le bâtiment sont limitées à une vitesse de vent maximale de 45 km/h, soit 12,5 m/s. Cette valeur correspond à la norme la plus courante pour les PEMP (plates-formes élévatrices mobiles de personnes). Au-delà, le risque de basculement, de balancement ou de perte de contrôle devient important.

Néanmoins, cette limite peut être abaissée selon le type de nacelle, la hauteur de travail, la charge transportée ou les matériaux manipulés. Par exemple, tenir une grande tôle ou un panneau en hauteur augmente fortement la prise au vent et peut rendre le travail dangereux bien avant 45 km/h. Sur chantier, le plus sûr reste de suivre les consignes du constructeur et de contrôler régulièrement la vitesse du vent avec un anémomètre portable.


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Réglementation grue de chantier & vent : qu'en est-il ? 🏗️

En France, une grue ne peut pas être utilisée lorsque les conditions météo compromettent la sécurité des travailleurs ou la stabilité du matériel. Le Code du travail impose à l’employeur de surveiller les conditions météorologiques et d’arrêter les opérations si le vent devient dangereux. Les grues doivent aussi être équipées d’un anémomètre permettant au grutier de suivre la vitesse du vent en temps réel.

⚠️
Important :
Les consignes et instructions du constructeur restent la référence absolue. Elles précisent les vitesses maximales admissibles selon le type de grue, la hauteur, la portée et surtout la prise au vent des charges manipulées.

Grue vent maximum : à partir de quelle vitesse l'utilisation d'une grue devient interdite ?

Sur les grues à tour, l’arrêt des opérations est généralement imposé lorsque le vent atteint 72 km/h. À partir de cette vitesse, la grue doit être mise hors service et placée en mode girouette pour s’orienter dans le sens du vent et limiter les efforts sur la structure.

Avant l’arrêt complet, les grutiers adaptent déjà leur travail dès 50 à 60 km/h, notamment en évitant les charges avec une forte prise au vent. Une fois la grue arrêtée, il est indispensable de remonter le crochet, retirer les chaînes si nécessaire et activer correctement la mise en girouette pour éviter tout risque de renversement lors des rafales.

Quelle est la limite de vent admissible pour les levages avec une grue mobile ?

Pour les grues mobiles, il n’existe pas une seule vitesse valable dans tous les cas. La limite dépend du modèle de grue, de la longueur de la flèche télescopique et du type de charge levée. Une charge avec une forte prise au vent, comme une banche, un panneau ou une charpente, devient dangereuse beaucoup plus rapidement qu’une charge compacte.

En règle générale, les opérations de levage commencent à devenir critiques dès 40 à 50 km/h de vent. À ce stade, il faut limiter les charges sensibles au vent et renforcer la vigilance sur le chantier.

⚠️
Important :
Pour les levages complexes avec une grue télescopique, il est vivement recommandé d'intervenir par vent faible (moins de 10 km/h) et de respecter strictement les préconisations et limites fixées par le fabricant.

🔍 Le vrai du faux

Faut-il continuer un chantier tant qu'une alerte météo vent violent n'est pas annoncée ?

Faux...
Les premières rafales peuvent déjà rendre un chantier dangereux avant une alerte météo officielle ou un passage en vigilance renforcée. Les objets légers, outils, matériaux ou équipements en hauteur peuvent être projetés soudainement et provoquer des accidents graves.

💡 Anticipez les risques dès les premières prévisions de vent fort et sécurisez le chantier en avance.

Une grue peut-elle tomber avec le vent ?

Vrai... dans certaines conditions
Une grue peut devenir instable ou se renverser si les rafales dépassent les limites prévues, si elle est mal arrimée ou si les consignes de sécurité ne sont pas respectées. Le risque augmente fortement lorsque des charges restent suspendues, que le sol est fragilisé ou que le matériel n’a pas été correctement mis en sécurité avant une tempête.

💡 Respectez toujours les seuils de vent fixés par le constructeur et stoppez les opérations de levage avant que les rafales ne deviennent dangereuses.

Les grues sont-elles censées bouger sous l'effet du vent ?

Vrai... dans une certaine mesure
Lorsqu'elles sont à l'arrêt, en mode girouette, les grues à tour peuvent pivoter dans le sens du vent ou légèrement osciller afin d’absorber l'effort exercé par le vent sur leur structure. Ce mouvement contrôlé fait partie de leur fonctionnement normal, même en cas de grosses rafales. En revanche, des mouvements brusques, inhabituels ou incontrôlés doivent immédiatement alerter et conduire à une vérification de sécurité.

💡 Une grue immobilisée de force face au vent peut être plus en danger qu’une grue laissée en girouette selon les consignes du constructeur.

🗣️ Le retour du Pro : adaptez votre organisation aux conditions météo difficiles !

Philippe Gentil est à la tête de l'entreprise CFP Techni-façades, basée à Brugheas (Allier) et spécialisée dans l’isolation par l’extérieur et le ravalement de façade. Sur un chantier en extérieur, le gel, les fortes chaleurs ou les vents violents rendent l'avancement des travaux dangereux ou impossible et peuvent imposer des arrêts brutaux. Le dirigeant explique comment il réorganise le travail pour limiter l’impact sur les délais tout en préservant la sécurité des équipes.

"Lorsqu'on travaille en extérieur, la météo peut avoir un gros impact et ralentir l'avancée d'un chantier. Dans certains cas, il est même impossible de travailler, notamment en cas de gel ou de grosses chaleurs. S’il grêle, c’est sûr qu’on ne va pas rester dessous (rires), mais c’est surtout le gel qui met à l’arrêt un chantier. Pas forcément pour plaquer le polystyrène, mais surtout pour la pose des enduits. Et puis, en cas de vents violents et, forcément, par temps orageux, on descend de l’échafaudage, puisque c’est conducteur", insiste Philippe Gentil, qui a créé l'entreprise en 2017, avec deux associés.

"Au retour des très grosses chaleurs, on adapte les journées en prenant plus tôt le matin et en s'arrêtant avant que les conditions de travail ne deviennent trop compliquées. En temps normal, on attaque à 7h-7h30 et on finit à 15h. L’été, on s’organise en fonction de la chaleur et des températures annoncées, on peut prendre à 6h ou même à 5h30 et on termine à 13h, mais ça fait deux ans qu’on ne bouge pas : on reste globalement sur du 7h-15h", détaille le chef d'entreprise.

⏳ PME du bâtiment : anticipez le risque météo... et les arrêts de chantier !

Dans une PME du bâtiment, le risque ne se limite pas à la tempête elle-même : il concerne aussi tout ce qu’elle peut désorganiser derrière : équipes bloquées, matériel exposé, planning qui dérape, client à prévenir dans l’urgence.

Dès qu’un épisode venteux est annoncé, prenez 10 minutes avec le chef de chantier pour adapter l'organisation aux intempéries et revoir le planning du lendemain : tâches à risque à reporter, zones à sécuriser en priorité, matériel à rentrer, engins à immobiliser, échafaudages à contrôler et équipes à réaffecter si besoin.

Cette anticipation bienvenue évite les décisions prises dans la précipitation à 7 h du matin, quand le chantier est déjà devenu dangereux. Elle vous permet aussi et surtout de protéger vos équipes tout en évitant des arrêts de chantier subis, non préparés et coûteux.


Les entreprises qui subissent le moins les intempéries sont souvent celles qui anticipent le plus. Avoir des demandes de travaux déjà qualifiées sous la main permet de réorganiser plus sereinement son activité lorsqu'un chantier prend du retard ou doit être stoppé à cause de la météo !

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👷 Le Conseil du Pro : tenez-vous informé de la météo au quotidien !

N'attendez pas d'arriver sur un chantier le matin pour découvrir une alerte météo pour vent violent. Les vigilances météo jaune, orange et rouge sont généralement annoncées 24 à 72 heures à l’avance par Météo-France et les préfectures. Prenez l’habitude de consulter les bulletins météo tous les jours en fin de journée et avant chaque prise de poste. Quelques minutes suffisent souvent pour anticiper un arrêt de chantier, sécuriser un échafaudage ou éviter qu’un matériel mal fixé ne provoque un accident grave.


❓ Foire aux questions (FAQ)

À partir de quelle vitesse le vent devient dangereux ?

Sur un chantier, le vent commence à devenir dangereux bien avant la tempête. Dès 50 km/h, les déplacements en hauteur, les levages et la manipulation de matériaux volumineux deviennent beaucoup plus risqués. Les rafales peuvent déséquilibrer un salarié, déplacer une charge ou rendre un échafaudage instable. Plus la prise au vent est importante, plus le danger augmente rapidement.

Comment annoncer un retard de chantier à un client à cause du vent ?

Si un chantier prend du retard en raison du vent, le plus important est d’expliquer clairement que l’arrêt du chantier vise à garantir la sécurité des équipes et la qualité des travaux. Un chantier maintenu malgré des rafales importantes peut entraîner des accidents ou des dégâts matériels. Prévenez le client le plus tôt possible, donnez une estimation réaliste du retard et indiquez les mesures prises pour reprendre rapidement dans de bonnes conditions.

Peut-on travailler sur une toiture en cas de vent fort ?

Travailler sur une toiture devient très dangereux dès que les rafales compliquent les déplacements ou la manipulation des matériaux. Une plaque, une tuile ou un outil emporté par le vent peut provoquer une chute grave. Concrètement, dès que l’équilibre n’est plus assuré ou que les conditions deviennent instables, les travaux doivent être reportés, même si le chantier prend du retard.

Qui est responsable en cas d’accident lié au vent sur un chantier ?

L’employeur est responsable de la sécurité de ses salariés et doit adapter le chantier aux conditions météo. Cela implique d’évaluer les risques, de suspendre certaines tâches si nécessaire et de mettre en place des protections adaptées. Si un accident survient alors que les conditions de vent rendaient le travail dangereux, sa responsabilité peut être engagée, notamment en cas de manquement aux règles de prévention et de sécurité.

Échafaudage et coup de vent : que faut-il faire avant de quitter un chantier ?

Avant de quitter un chantier, il est impératif de sécuriser l’échafaudage pour limiter tout risque d’effondrement ou d’arrachement à cause des fortes rafales. Cela passe notamment par un renforcement des ancrages et des attaches à la façade, surtout lorsque du travail en hauteur est prévu les jours suivants. Les bâches doivent être retirées ou solidement fixées, et aucun matériau ou outil ne doit rester sur les planchers. Une vérification complète des stabilisateurs et des points d’ancrage reste indispensable, d'autant plus si une tempête est annoncée.

Est-ce qu'une grue tourne avec le vent ?

Oui, une grue à tour est conçue pour tourner dans la direction du vent lorsque le mode girouette est activé. Ce système permet à la flèche de tourner librement afin de réduire les efforts exercés sur la structure par les fortes rafales. Avant l’arrêt d'un chantier, le grutier doit remonter le crochet, retirer les charges et mettre correctement la grue en sécurité pour éviter tout risque de basculement.

Que se passe-t-il si une grue est frappée par la foudre ?

Une grue frappée par la foudre peut subir des dégâts importants sur ses équipements électriques, électroniques ou ses dispositifs de sécurité. Le risque principal concerne aussi les personnes présentes à proximité ou en cabine au moment de l’impact. Après un orage, la grue doit être inspectée avant toute remise en service afin de vérifier l’état de la structure, de l’alimentation électrique et des systèmes de commande.

Références :

  • "Risque de tempête sur les chantiers : 5 consignes", PréventionBTP
  • "Quelle est la vitesse du vent à partir de laquelle il faut arrêter de travailler sur un échafaudage ?", PréventionBTP
  • "La gestion des intempéries", FFB
  • "Comment sécuriser un chantier avant un gros coup de vent ou une tempête ?", Facebook - Correspondants TF1 en Bretagne
  • "Consignes de sécurité au travail à respecter lors des intempéries", CCI Aude
  • "Rapport statistique intempéries - 78e campagne", CIBTP France
  • Image principale de l'article Ingo Bartussek - Adobe Stock

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